‹ Histoire générale de la littérature du moyen age en occident; (volume 5)Chapitre 310 sur 353 · SA1M' GRÉGOIRE DE TOURS · texte numérisé non relu

SA1M' GRÉGOIRE DE TOURS

Martin (1). On trouve indiquée, à la fin du livre, son utilité pratique qui en montre la tendance édifiante : « Ces miracles doivent faire voir au lecteur qu'il ne peut se sauver que par la protection des martyrs et des autres amis de Dieu. »

Dans la composition de cet ouvrage, comme dans celle des livres qui sont consacrés à la glorification de saint Martin, saint Grégoire avait encore un intérêt personnel; saint Julien en eiFet n'avait-il pas été son patron? Ce n'était plus le cas pour l'ouvrage qu'il composa ensuite, en 586-87, et qui a pour titre, De gloriamartyrum. Ecrire des hagiographies était passé chez lui, on le voit, à lvétat de besoin : c'est ce qu'explique le prologue qui précède cet ouvrage; il se rapporte seulement à ce livre (2), et non pas au recueil hagiographique (3). Saint Grégoire y oppose la composition des légendes à la poésie mythologique des païens; la première convient au chrétien. Il n'a pas tort assurément, mais, dans un sens auquel saint Grégoire n'a pas pensé : chez lui, ce parallèle signifie que la littérature édifiante des légendes est une littérature chrétienne, destinée à faire le charme de l'imagination et de la conversation. Ici, il veut raconter également les miracles des saints, lesquels sont restés cachés jusqu'à ce jour. Il ne se borne pas néanmoins à ces nouvelles ecclésiastiques ; il ne pouvait même pas avoir l'intention de le faire, il trouve en effet quelquefois le récit d'événements depuis longtemps connus de tout le monde : il a puisé, par exemple, dans le Péristéphanon de Prudence (ch. 41, 43, 91, 93), dans les Natalitia de saint Paulin (c. 104); il indique ces sources et il cite des passages de ces auteurs. Il débute par des miracles qui se rapportent à Jésus-Christ et parle même de ceux que le Sauveur a opérés lui-même ; il raconte, par exemple, qu'on peut voir encore, à Bethléem, dans un puits, l'étoile qui guida les Mages ; c'est son diacre qui le lui a rapporté et il l'avait vue de ses yeux; il fait le récit des miracles opérés par les reliques de la

1. On y trouve, il est vrai, çà et là des particularités remarquables, par exemple, le récit du magicien qui voulait guérir un jeune homme, c. 45.

2. C'est ce que montre clairement la fin de ce prologue ; l'auteur y fait allusion aux miracles de l'Évangile, qu'il raconLe dès le début du livre.

3. Quoique le livre soit à la tête de ce recueil hagiographique.

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vraie < • i ■ < > i x . dans le couvent de sainte Radegonde (c. B ; de ceux qui se rattachent aux saints clous, à la couronne d'épines, etc.; * I < - ceux qui eurent lieu plus tard concernant «lis tableaux du Christ, il rapporte notamment (c. 22) que, dans une église, un Juif pratiqua, pendant la nuit, un trou dans un de ces tableaux; le san^ en découla aussitôt, en sorte que ce fut la trace Au sani; qui tialiii le Juif; il avait . en effet . remporté le tableau chez lui pour le brûler. Ce récit est plein d'intérêt par rapport à l'histoire si souvent traitée, au moyen âge, de la sainte Hostie percée par un juif. A ces miracles relatifs à Notre-Seigneur viennent se rattacher ceux qui ont été opérés par la sainte Vierge et les \ poires, surtout par leurs reliques, dont l'auteur raconte ici plusieurs traits peu connus. Après avoir parlé encore d'un certain nombre d'autres martyrs et de leurs miracles, l'auteur passe à saint Saturnin (c. 48) et, par lui, aux martyrs de la Gaule, auxquels il consacre la majeure partie de la deuxième moitié du livre, (le sont leurs miracles tjui forment ici le sujet principal du récit ( 1). A la fin, l'auteur propose dans les martyrs, un exemple moral à imiter; chaque homme en particulier, dit-il, armé de la croix et combattant contre les vices, peut prétendre à la couronne du martyre.

Ce livre est sans contredit plus intéressant que les précédents, car il contient des données dignes d'attention. Celui qu'il composa immédiatement après (586-88) et qui a pour titre, Dr gloria confessorum, en est comme une sorte de continuation. Dans celui-ci, ce ne sont plus des martyrs, mais d'autres Saints qui sont les héros des miracles moins éclatants qu'il raconte. Ces confesseurs appartiennent, eux aussi, à la Gaule, à la région de Tours en particulier, à celle d'Averna et aux pays environnants ; les sources consistent ici davantage dans la tradition orale ; saint Grégoire le dit expressément

1. C'esl ainsi quo saint Grégoire dit, à la lin du c. lOi, après avoir parlé de saint Felis de Note : « Sed ad GaJJJarum martyres recurramus. » Parmi les légendes de martyrs n'appartenant pas à la Gaule, faisons remarquer celle de sainte Eulalie de Mérida (c. '.M), et celle des sept dormants (c. 95), qui se trouverait ici pour la première fois dans la littérature de L'Occident. A la fin, l'auteur renvoie à une traduction latine de leur « Passion, » qu'il a faite lui-même avec l'aide d'un Syrien.

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