‹ Histoire générale de la littérature du moyen age en occident; (volume 5)Chapitre 311 sur 353 · SAINT GRÉGOIRE DE TOUIIS · texte numérisé non relu

SAINT GRÉGOIRE DE TOUIIS

pour quelques unes d'entre elles. Parmi ces pieuses anecdotes elles-mêmes, nous trouvons maints détails pleins d'attrait au point de vue de L'histoire de la civilisation, par exemple, ce qu'il dit, dès le début (c. 2), touchant une tradition païenne remarquable et à laquelle le peuple de la campagne tenait encore; cette tradition fut christianisée au profit d'une église de saint Hilairc. Le prologue de ce livre, qui ne fut écrit que plus tard (v. Monod, p. 44, rem. 3), est également remarquable en ce qu'il nous montre les plaintes que fait entendre saint Grégoire au sujet de son ignorance de la grammaire (1).

Dans le même temps que saint Grégoire composait ces livres de miracles, comme aussi plus tard, il écrivit encore différentes Vies de Saints qu'il édita d'abord à part : il en cite quelques-unes dans son Histoire des Francs. Il les réunit ultérieurement en un tout et les publia sous le titre de Vitae patrnm. Plus tard, il enclava ce livre dans son recueil hagiographique, à la septième place, et, à cette occasion, il changea le titre de VitAE patrum en celui de VitA patrum (2). C'est alors seulement qu'il écrivit la préface qui précède le livre. Il y compare ce dernier avec le livre qui a pour titre : De r/loria confessornm. De même que, dans celui-ci, il n'a pas fait que raconter des miracles opérés par les saints après leur mort, mais que, pour quelques-uns, il a dit, d'une manière rapide il est vrai, ceux qu'ils ont faits pendant leur vie ; de même, dans celui-là, il n'a fait que décrire, mais avec plus de détails, les actions accomplies par les saints pendant leur vie. Ce livre concorde également avec celui-là parce fait (l'auteur lui-même

1. ... « Saepius pro masculinis feminea, pro femineis neutra et pro neutris masculina commutas : qui ipsas quoque praepositiones, quas nobilium dictatorum observari sanxit auctoritas, loco debito plerumque non locas, nam pro ablativis accusativa et rursum pro accusativis ablativa ponis. » C'est ainsi qu'il s'adresse à lui-même la parole. Le genre neutre y paraît remplacé par le genre masculin; la préposition m est jointe à l'ablatif, là où elle appellerait l'accusatif.

2. C'est ainsi que je comprends ce qu'il dit, quand il se demande, dans la préface du livre, s'il faut employer le mot vita au pluriel ou au singulier; je m'appuie, d'un côté, sur le passage de YHistoire des Francs cité plus baut (p. 610, rem. 1), et, de l'autre, sur celui qui est contenu dans la préface du livre De gloria confessorum (v. p. 610, rem. 2).

[549-50.] DE GLORIA C0NFB8S0RÜM. V1TAI PATRON 615

n'en fait pas la remarque . qu'il \ traite seulement de saints Evêques, abbés et ermites il \ a même une abbesse), appartenant à la Gaule et, pour la plupart môme, à ta région d'Ar-

srrnu et df Tours, ('.cite vir i//>s Pères comprend vingt chapitres ou redis spéciaux, «1<> m t huis sont consacrés à deux sainis particuliers. Chaque chapitre a un prologue à lui, tantôt plus long, tantôt plus court; c'est souvent un petit sermon sur un texte biblique, ayant trait à la vie du saint en général. Nous avons, là encore, une preuve qui montre que les Vies furent d'abord éditées à part. Cet ouvrage de saint Grégoire est sans contredit le plus intéressant et le plus remarquable de son recueil hagiographique tout entier; c'est • gaiement celui qui se rapproche le plus de son ouvrage historique, lequel renferme également de telles biographies de saints, [ci, l'auteur n'a pas puisé seulement dans la tradition orale l . mais encore, pour plusieurs particularités, dansée qu'il a vu en personne. .Ya-l-il pas connu personnellement la plupart de ces saints? Quelques-uns même lui sont alliés [»aile sang. C'est ainsi que nous y trouvons la vie de son arrièregrand-père, Grégoire, évêque de Langres; celle deNicétius, évèque de Lyon, lequel était son grand-oncle: de même que celle de Gallus, son oncle et son premier précepteur. La valeur de ces différentes pièces n'est pas la même, il est vrai, pour chacune d'elles : plusieurs offrent des matériaux importants pour l'histoire de cette époque, notamment pour l'histoire ecclésiastique, par rapport .à l'élection des êvêques 2 . par exemple, à la fondation de cloîtres, à la valeur qu'on attachait à la voix et au chant des ecclésiastiques, etc. Il est à peine nécessaire de dire que ce livre renferme souvent le récit de miracles. Dans cette hagiographie, le récit est simple et sans prétention : pn ne saurait nier, du reste, que l'auteur n'ail mis le plus grand soin à la composition de cette Vie des Pi- res.

11 nous reste encore à étudier, de saint Grégoire de Tours,

1. Il eile même les témoins nur lesquels il s'appuie, par exemple : c 9, Prol., c lt. s 3; - c. 17, Prol., c. 20, § 2.

2. V. surtout c. 6, la Vie deGallus, el cf. aussi c. 8, «S 3.

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