‹ Histoire générale de la littérature du moyen age en occident; (volume 5)Chapitre 321 sur 353 · Il est ainsi désigné 'laus le catalogue de Braulio · texte numérisé non relu

Il est ainsi désigné 'laus le catalogue de Braulio

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et de ses auteurs, des laudes (c. 13), de la messe, des heures canoniques (c. 19 sq.), du dimanche, du sahhat, des fêtes et des jeûnes: c'est là le sujet du premier livre. Dans Le deuxième, au contraire, l'auteur fait connaître les « exordia » de ceux dont la vocation est le culte. Nous voyons ici défiler sous nos yeux le clergé, dans la hiérarchie variée de ses classes, et l'auteur nous explique chaque fois l'origine, là fonction* et la vocation de chacun de ses membres, depuis l'évèque jusqu'au portier. Viennent ensuite, dans des chapitres à part, les moines, les vierges, les pénitents, les veuves, les époux, les catéchumènes et les compétents (degré supérieur aux catéchumènes).

Si, des écrits théologiques de saint Isidore nous passons à ses écrits historiques, celui qui a pour titre, De ortu et habitu patrum, pourra nous servir de transition. L'auteur y parle, d'une manière très succincte, de l'origine, du caractère, de l'âge et du lieu où reposent soixante-quatre personnes pieuses de l'Ancien Testament, depuis Adam jusqu'aux Machabées, et de vingt et une autres personnes du Nouveau Testament, spécialement des apôtres et des évangélistes : çà et là toutefois l'une ou l'autre de ces différentes indications fait défaut.

Saint Isidore a édité sa Chronique (Chronicon) (1) sous une double forme : une première fois, d'une manière complète, et, une deuxième, d'une manière abrégée, dans ses Éty?nologies; ici, dans chaque indication de temps, en effet, il ne fait qu'ajouter un seul événement emprunté à la chronique complète, comme s'il n'y avait pas de place pour plusieurs (2). Cet évé nement lui-même est presque constamment pris de l'histoire biblique ou ecclésiastique, à supposer qu'il se trouvât d'abord dans l'édition complète. C'est là un signe caractéristique. La chronique des Etymologies n'est donc qu'un extrait puisé dans l'édition complète, sauf que, ayant été composée plus tard, elle a reçu un complément au point de vue chronologique. Tandis

1 . V. aussi Hertzberg, Ueber die Chroniken des Isidors von Sevilla in : Forschungen zur deutschen Geschichte, vol. XV (1875).

2. A l'article Justinien, par exemple, il n'est parlé que de la défaite des Vandales; celle des Ostrogoths n'est pas mentionnée, ce qui a pourtant lieu dans la chronique complète.

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que la première va jusqu'à la« quinzième année de L'empereur Héraclius el à la quatrième «lu roi Sisebul (615), •■ l'autre embrasse, en supplément, dix-sep! années de règne de Séraclius; quant aux faits eux-mêmes, on n'y trouve rien de nouveau. Il résulte de là que cel abrégé a été rédigé douze ans après la composition de la chronique complète, el que, par conséquent, cette première partie des étymologies a été écrite en Ü2T. \piv> ces indications sur les deus éditions (1), nous n'avons plus à nous occuper ici aé l'ouvrage principal, de la chronique complète. Or, il y a, dans la disposition elle-même j une particularité qui la distingue des autres chroniques anciennes. Elle esl divisée, d'après les six Ages du monde, tels que les donne saint Augustin dans la Cité de Dieu (v. plus haut p. 2.M , et c'est bien, à n'en pas douter, à cet ouvrage qu'est empruntée la division de saint Isidore, ainsi que plusieurs faits (2). L'ère, c'est celle de la création du monde. Dans les quatre premiers âges du monde, jusqu'à la captivité de Babylone, L'auteur suit l'histoire juive ; dans le cinquième, qui va jusqu'à la naissance de Jésus-Christ, il se rattache aux rois des Perses à partir de Darius, qui permit aux Juifs de quitter Baby- !» »ne, jusqu'à Alexandre le Grand. 11 suit, après cela, ce dernier et les Ptolémées qui lui succédèrent en Egypte, jusqu'à Cléopàtre. Avec César, le fondateur de L'impérialisme romain, il commence par faire passer sous nos regards la série des empereurs : c'est d'après leur règne que, dans le sixième âge du monde, il enregistre les laits à partir d'Octavien jusqu'à la lin du livre. Au reste, le règne des derniers empereurs mis à part, le principal intérêt de L'auteur est dans la donnée des dates, même dans la chronique complète ; il suit, en effet, L'exemple d'Eusèbe lui-même et se distingue par là des continuateurs postérieurs de la chronique universelle de ce dernier.

1. C'est d'après ces données qu'il faut rectifier ce qu'en dit Wattenbach, Deutsche Geschichtsqucllea, 3e éd., p. 69. La chronique complète n'est pas seulement « un peu, » mais, proportionnellement, bien« plus détaillée » qui' la chronique abrégée, si, par détaillée, nous entendons ici le nombre des faite cil -.

2. V. par exemple, § 20, et cf. Civil. Bei, 1. 18, c. 13, endroit auquel le passage relatif à Triptolème est en grande partie emprunté littéralement.

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Saint Isidore a écrit encore un autre ouvrage qui a les plus grands rapports avec sa chronique et auquel il adonné pour titre : Bistoria de regibus Goxhorum, Vawbilorwnet Suevoriim, c'est-à-dire, Chronique des Visigoths, mise en ordre d'après le règne de leurs rois; dans quelques manuscrits, elle va jusqu'à la mort de Sisebut; dans d'autres, jusqu'à la cinquième année de Suintila : cette chronique est suivie de deux courts appendices qui traitent, sous une forme semblable et d'une manière chronologique, de l'histoire des Vandales et de celle des Suèves. Les événements y sont classés d'après l'ère espagnole et les années de règne des empereurs romains. Quoique cet ouvrage de saint Isidore ne soit également, dans sa majeure partie, qu'une compilation d'autres ouvrages et surtout de chroniques, comme celle de Prosper, d'Idace, de Victor et d'Orose (1), il n'en constitua pas moins un recueil estimable pour cette époque. Mais ce qui distingue surtout cet ouvrage et ce qui lui donne plus d'intérêt pour nous, c'est que l'auteur, tout comme Cassiodore, quoique d'origine romane, y fait parade d'un enthousiasme tel pour les Goths, qu'on peut déjà distinguer ici ce sentiment comme celui de la nationalité espagnole. Il se fait jour, d'une manière tranchée et manifeste, dans un panégyrique plein d'élan poétique, écrit en l'honneur de l'Espagne ; il sert de préface à l'histoire et annonce l'esprit qui l'a inspirée. L'auteur y célèbre ce pays, comme le « plus beau de tous les pays, depuis le Couchant jusqu'à l'Inde; » « la mère sainte et toujours heureuse des princes et des peupies, » la « perle et l'ornement de l'univers; »et c'est en Espagne que florissait, au sein de l'abondance, la glorieuse fertilité du peuple des Goths. Il expose ensuite en particulier la richesse de ses produits. Quand à l'éloge des Goths, clans cette histoire, saint Isidore explique, déjà au début, leur nom par fortitudo; aucun peuple du monde, en effet, n'a donné tant

1. V. l'édit. de Roesler, Tubingue, 1803, in-4 ; quant à ce qui regarde l'histoire des Vandales, y. sa dissertation : Ad Isidori Hispal. historiam Yandalorum observationes, Tubingue, 1805, in-4 • V. aussi Papencordt, page 393 sq. ; Hertzberg, Die Historien und Chroniken des Isidors von Sevilla. Ir Theil, die Historien, Goettingue, 1874 (Dissert.). Cf. là-dessus Revue critique, 1874, 2e semestre, n° du 15 août, p. 106 sq.

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de mal aux Romains que ne l'a fait le peuple goth. A la lin de la chronique des Gotha se trouve, dans 1rs meilleurs manuscrits du moins, un panégyrique particulier à la gloire de ce peuple, devant qui Rome B'esl inclinée et qui a fail trembler tons 1rs peuples de l'Europe (i). liest juste aussi d'observer COinnienl ce sentiment national espagnol se montre en tout son jour, quand l'auteur parle ici des conquêtes des dernières possessions romaines dans la péninsule ibérique. Ce n'est que maintenant, en eilet, que l'Espagne est devenue une puissance complète et indépendante, et ce résultat ne devait pas peu contribuera amener une fusion enfin décisive de la population romane et de la population des (iolhs.

Saint Isidore composa encore un livre historique : il continua, lui aussi, l'ouvrage de Gennade, lequel était une continuation du livre de saint Jérôme : De viris illustrions] il donna à son supplément et; même titre (2). Dans cet Ouvrage il passe en revue vingt-trois auteurs, en commençant par Osius, évèque de Cordoue (3). Saint Isidore suit en général, l'ordre chronologique, et, tout comme Gennade, il donne d'abord un supplément à l'ouvrage de son prédécesseur, en citant des écrivains que celui-ci a passés sous silence et qui ont vécu, depuis le milieu du iv" siècle jusqu'à la fin du V* (4;. Yien-

1. On ne saurait le nier, l'authenticité de cet épilogue et de la préface également n'est pas à l'abri de toute attaque. L'épilogue devrait, en toute hypothèse, avoir été ajouté par un contemporain, car la fin est écrite avec un sentiment qui respire la fierté de la victoire de Suintila, peut-être même de Sisebut, sur les Romains, en Espagne. Veut-il parler de la victoire de l'un ou de l'autre roi ? Cela dépend de la question suivante : Sisebut venait de fonder une puissance maritime ; tout consiste donc à rechercher dans quelle victoire la marine donna le coup décisif. Hertzberg (op. cit.. p. 18 el 32) doute de l'authenticité de l'épilogue, tout comme de celle de la préface.

2. C'était dans la nature des choses ; Braulio l'affirme expressément ; le titre usité jusqu'à ce jour : De scviptoribus ecclesiasticis, n'est pas juste.

3. Les auteurs qu'on a ajoutés, en s'appuyant sur un vieux manuscrit, dans l'édition de Madrid et qui sont passés ensuite dans l'édition d'Arévalo, sont évidemment le fait d'une plume postérieure : à la tête de ces auteurs esl le pape saint Sixte.

A. Il y mentionne également deux auteurs, déjà nommés dans Gennade, Kuchérius et Hilaiiv d'Arles; au premier, il attribue un livre, omis par Gennade et adressé à Hilaire, qui est peut-être pour cela nommé immédiatement

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nent ensuite un certain nombre d'auteurs du vie siècle jusqu'au début du vuc ; saint Isidore y cite même, vers la fin, son frère Léandre et saint Grégoire le Grand, et il les cite comme déjà morts. L'auteur donne au dernier les plus grands éloges, et il ne pourrait guère en être autrement, vu les rapports de l'évêque de Séville et de saint Grégoire. En général, cet opuscule est d'un genre de composition semblable aux travaux de saint Jérôme et de Grenade; l'auteur, cela va sans dire, traite de préférence les auteurs qui sont ses compatriotes, par cette raison qu'il pouvait les connaître plus facilement que les autres.

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