Saint Columban l'appelle elle-même frivola nostra
I 583 i . | in rni. s nui IQ1 i s 653
l'intérêt esthétique ; c'est un petit cadeau que l'auteur lui ru voir afin d'en recevoir de lui un pareil; car il ne désire pas des cadeaux de la richesse périssable. Cette idée lui Berl de Iran sition pour s'élever encore contre l'avarice; il en montre les suites funestes par une série de mythes de l'antiquité : il parle de la Toison d'or el de la ruine de Troie, de Polydore, de Danaë el d' V.mphiaraus. Il termine en expliquant, dans toutes ses particularités, ce mètre, nouveau peul être pour son ami; il le fail remontera la célèbre Sapho. Les six vers hexamètres de la lin nous disenl que sainl Golumban composa ce poème à l'âge de soixante-douze ans I).
Cette ôpitre respirela connaissance et I»- sentimenl esthétique delà poésie antique, qualités qui ne se montrent, à cette époque, que dans les ouvrages des Anglo-Saxons. Ces connaissances de la littérature el de la poésie, données par saint Columban comme un vrai trésor de la vie, dans l'épître précédente, portèrent leurs fruits dans le envie de ses moines, ainsi qu'en font foi les nombreux manuscrits que nous a conservés le
monastère de Bobbio. L'un d'entre eux nous 1 tre bien
comment on cultivait du moins la poésie religieuse en Irlande et spécialement dans le monastère de Bangor, d'où était sorti saint Columban. C'est un antiphonaire de ce monastère (2), et, d'après toutes les probabilités, il fut écrit encore au vu" siècle •'>'. Ceux d'entre les chants religieux qui s'y trouvent el qu'on peut mettre avec, certitude sur le compte des moines de Bangor, montrent, à la place du mètre, un caractère purement rythmique. Cependant, leur forme, semblable à celle des hymnes étudiées précédemment à la page 592) se rattache à divers mètres; elle paraît avoir grandi sur leur fond et les vers sont, en effet, en quelques cas particuliers, tout à fait métriques; par contre, la rime est arrivée à son entier développement. On y trouve donc une hymne alphabétique en l'honneur de saint Comgill, premier abbé du monastère et précepteur de saint Columban : sou rythme correspond au