Opp.,1. c, p. ableaux de la sainte Vierge, desdouze api
i;s de l'Apocalyi se; il y parle même de la manière de les suspendre.
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Dans ee cas, ainsi que l'apprend Bède lui-même, on apportait la plus grande attention à la concordance {concordià) entre l'Ancien et le Nouveau Testament (1). Benoit rapporta en outre de précieuses étoffes de soie «d'un travail incomparable », qu'il échangea avec le roi et ses conseillers pour des parcelles de champs. Il fit venir de la Gaule des verriers pour faire les vitraux des églises, vu que la Bretagne ne connaissait pas encore d'artisans en ce genre. C'est lui également qui amena en Angleterre le directeur de chant de la chapelle papale, qui, d'abord maître dans son monastère, fut en particulier le maître de Bède ; de tous les monastères de l'Angleterre, les moines accouraient pour apprendre le chant sous la direction d'un tel professeur. C'est ainsi que Benoît a fait progresser en Angleterre toutes les branches de la civilisation ; Céolfrid ne fit qu'imiter son exemple. Le portrait de ces hommes de mérite est d'autant plus vrai dans l'opuscule de leur élève que l'auteur ne raconte pas d'actions touchant au merveilleux.
Signalons un autre supplément à l'histoire ecclésiastique de Bède, supplément même auquel il renvoie dans cette dernière, vu qu'il l'avait composé antérieurement; c'est le livre qui a pour titre, De vita et miracidis S. Cuthberti, episcopi Lindisfmmensis. Cet écrit en prose, qu'il entreprit à la prière d'Eadfrid, successeur de Cuthbert et à celle des moines du monastère de Lindisfarn, avait été, depuis quelque temps, précédé d'unpoème sur les miracles du saint, Demiraculis S. Cuthberti; çà et là même, il en met à profit certaines expressions dans son écrit en prose. Ce dernier n'est cependant pas une simple version de son poème ; c'est un travail vraiment indépendant, ainsi que le montre la préface elle-même. Bède s'est donné toutes les peines possibles, il nous l'assure, pour atteindre, même dans ce livre, à la fidélité d'un récit véridique ; il le communiqua, après l'avoir écrit, à quelques moines qui, pendant longtemps, avaient approché de près Cuthbert ; il le corrigea
1. Par exemple. « Isaac ligna, quibus immolaretur, porlantem, et Dominum, crucem, in qua pateretur, aeque portantem, proxima super inviceiu regione, pictura conjunxit. Item serpenti in eremo a Moyse exaltato filium hominis in cruce exaltatum comparavit. » L. c, p. 376.
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d'après leurs indications el il le Boumil encore à la critique d'une assemblée de vieillards el de maîtres du monastère de Lindisfarn, qui n \ trouvèrent rien à changer. L'écrit en prose se distingue »le l'écril en vers, au point de vue du fond, en ce que I«' dernier ne rapporte que les miracles l), tandis que le premier comprend de plus la biographie complète du saint; cette différence esl du reste parfaitement indiquée dans le titre des deux OUVTagOS. Dans la préface du poème. Ilède a\ait
déjà promis ce supplément. Il snflit donc, au point de vue du fond, d'étudier la prose seule; QOUS examinerons plus lard la Forme de la poésie. La principale source où Bède ait puisé s;i matière était une vie du saint, conservée encore, et écrite par un moine de Lindisfarn.
Malgré toutes les précautions de l'auteur pour atteindre a la vérité historique ; malgré la citation de ses autorités, il Faut dire que la Vie de Cuthbert se distingue de la Vie des <ihl><:<,y comme un roman historique se distingue de l'histoire. Les miracles du saint qui, ici comme dans le poème de Bède, jouent le rôle principal, forment, pour ainsi parler, l'élément romantique du travail; non seulement les faits naturels sont convertis en miracles, mais toutes les extases du saint, qui comme saint Martin, se croyait tenté par le démon et par les anges, sont acceptées comme de pures vérités, sans parler desguérisons qu'il. opérait par sympathie (2). Mais, d'autre part, ce livre renferme aussi des faits historiques réels, qui lui donnent une grande valeur: nous y apprenons, par exemple, les efforts que lit Cuthbert, en qualité de supérieur du monastère de Melrose, pour empêcher le peuple, pendant une épidémie, de retomber dans la superstition païenne; il parcourut le pays, durant des mois entiers et tout seul (c. 9 sq.), en prêchant la parole de Dieu. Ce livre nous raconte encore que Cuthbert, envoyé à Lindisfarn, introduisit une règle plus sévère dans ce monastère si célèbre dans la suite, ou bien encore il nous
1. C'est à peine -'il y fait allusion à l'admission de Cuthbert dans le monastère.
2. Cuthbert causait volontiers des miracles qu'il opérait, tout comme saint Martin, dans sa vieillesse, et souvent même il en exagérait la réalité (v. e. 7) en ne disant les choses qu'à demi.
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fait un portrait détaillé de la vie érémitique qu'il mène, comme un autre Robinson, dans la petite ile escarpée de Farne ; il nous apprend qu'il ne la quitta que pour être appelé dans les conseils politiques les plus décisifs (c. 24) et pour occuper un siège épiscopal (680) : toutefois, après deux ans d'épiscopat, il rentra dans sa cellule d'ermite.
De même que Bède a rattaché cette vie de saint, en prose, à un de ses poèmes, de même il a écrit, antérieurement, à ce qu'il parait (1), une courte vie de saint Félix, en prose aussi, en se basant sur le poème de saint Paulin, Natalitia (principalement c. IV, Y et VI) (2); il dit, dans la préface, que s'il a mis la main à ce travail, c'est parce que les hexamètres étaient plus accessibles à des lecteurs « métriques » qu'à de simples lecteurs (3). C'est dans l'intérêt de ces derniers, qui forment leur grande majorité, qu'il a exécuté ce travail ; ils imitent, ditil, à cet égard, celui qui a traduit en prose l'hymne de Prudence en l'honneur de Gassien (4).
Bède a composé encore un ouvrage historique très important pour l'histoire de la littérature; l'influence de cet ouvrage a même été plus considérable encore au moyen âg'e que ne le fut celle de son histoire ecclésiastique. Basé sur des études strictement scientifiques, il nous prouve que l'érudition de Bède, dans le domaine de la science, était vraiment étonnante pour cette époque. Cet ouvrage, c'est sa Chronique universelle qu'il composa en 72o et 726 (0), et qu'il rattacha comme partie intégrante (6), à son grand ouvrage chronologique, De
1. Dans la liste de ses ouvrages, il est cité aussi avant la Vie de Cuthbert.