‹ Histoire générale de la littérature du moyen age en occident; (volume 5)Chapitre 41 sur 353 · V. VII, c. 6init · texte numérisé non relu

V. VII, c. 6init

2. Cf. VII, c. 25 : Les chronologistes qui à la vérité diffèrent d'opinion, enseignent quand les 6,000 ans seront accomplis : « Omnis tarnen expectatio non amplius, quam dueentorum videlur annorum. Etiam res ipsa déclarât, Iapsum ruinamque reri'm brevi fore, nisi quod incolumi urbe Roma nihil istius modi videtur esse metuendum. At vero cum caput illud orbis occident et p'jjxr, esse cieperit, quod Sybillae fore aiunt : quis dubitet. venisse jam finem rebus humanis orbique terrarum ? II la, illa est civitas, quœ adhuc sustentât omnia, precandusque nobis et adorandus est Deus... ne citius, quam putemus, tyrannus ille abominandus veniat, qui tantum facinus moliatur, ac lumen illud effodiat, cujus interitu mundus ipse lapsurus est. » Cette opinion de la signification de Rome (v. plus haut, p. 50), longtemps en faveur parmi les chrétiens et qui persiste dans les temps postérieurs, est trop importante pour que je n'aie pas cru devoir la reproduire, en citant le passage qui précède.

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ensuite en détail, eo s'appuyant sur les livres Bybillins, de l'époque de l'Antéchrist el des prodiges qui l'accompagneront, de son emprisonnement el de >"ii enchaînement par le Christ, de la première résurrection el du premier jugement universel qui ne 8e r apport on I qu'à ceux qui connaissaient I >i »■ u (c. 20 .

Il truite ici "'u détail la question de savoir c enl l'ame

immortelle souffre par le feu de l'enfer el peut ainsi être châtiée. Il parle ensuite de la fondation de la cité sainte au milieu de la terre, où Dieu réside avec les bienheureux qui ne meurent plus c. 24 . Mais, après 1rs derniers mille ans, le démon est de nouveau déchaîné pour assiéger la ville Bainte avec la masse innombrable du peuple païen. Ce n'est qu'alors que Dieu anéantira toute la rare des impies ; après quoi, la deuxième résurrection générale et la condamnation de ions les impies au feu éternel de l'enfer, tandis que les justes deviendront semblables aux anges c. 26). Lacumce, à la fin de son grand ouvrage, avèrtil tout le monde d'adopter la sagesse en même temps que la vraie religion, cette sagesse diiiii l'essence consiste à mépriser les choses terrestres pour n'aspirer qu'à la récompense du ciel.

Cet ouvrage, quelque visible qu'en soit le côté faible au point de vue théologique et philosophique, nous semble pourtant une production remarquable pour l'époque. Lactance, qui a pris Minucius Félix pour modèle et dont il suit fidèlement VOetavius dans la marche du récit des deux premiers livres (1), se place de nouveau, comme l'avait fait le plus ancien apologiste romain, sur le terrain de la spéculation, en face »les adversaires païens, et, le premier en < Iccident, il essaie lui-même, en passant de la négation à L'affirmation, d'asseoir le christianisme sur la philosophie el de ramener les idées chrétiennes à un système généra] basé sur la morale chrétienne. Ce sont, en effet, le cinquième et le sixième livre qui forment vraiment le corps de l'ouvrage : ils surpassent les autres livres par l'originalité de la pensée el par la beauté de la narration, qui est souvent ici l'expression vivante du sentiment et de la passion de l'auteur. Lactance fut certainement captivé d'abord

1. A ma connaissance, on a fort peu jusqu'ici remarqué ce rappuii.

9ß LACTANCE [82, 83.]

par le côté moral du christianisme; car il avait, selon toutes les apparences, sacrifié auparavant au stoïcisme. C'est avec un véritable enthousiasme qu'il caractérise la morale chrétienne en opposition avec la morale- païenne, et ce dernier point a une grande valeur pour l'histoire de la civilisation. Mais l'ouvrage tout entier montre, dans le but que se propose l'auteur non moins que dans ses développements, combien le christianisme se trouve déjà à la veille de sa victoire et combien la littérature chrétienne elle-même, en possession de toutes les qualités de la forme du paganisme de l'époque, aspire avec succès, dans 'l'Occident latin, à la domination. C'est ainsi que cet ouvrage, qui fait époque, paraît dédié avec raison, quoique fort tard, à l'empereur Constantin le Grand (1). 11 est enfin d'une importance universelle de voir pour la première fois, en Occident, introduire et soutenir l'opinion de l'unité de la théologie et de la philosophie, à laquelle tout le moyen âge devait rester attaché (2).

Comme supplément aux Institutions, Laclance composa le livre De ira Dei déjà annoncé dans le précédent ouvrage (3), et auquel il se rattache, en effet, entièrement. Dans cet écrit, adressé à Donat, Laclance veut réfuter l'opinion très répandue, comme il dit, et partagée même par quelques philosophes, que Dieu ne se met point en colère; celte opinion est, d'après lui, la plus grande erreur. Sa polémique s'adresse en partie aux stoïciens qui n'accordaient à Dieu que la grâce, gratta, en partie et surtout aux épicuriens qui représentaient Dieu comme privé de passions. Contre les premiers il soutient que la qualité de la colère n'est qu'une conséquence de la grâce. Dieu sait tout aussi bien se mettre en colère contre les impies, qu'il manifeste son amour aux âmes pieuses. Toute la religion

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