‹ Histoire générale de la littérature du moyen age en occident; (volume 5)Chapitre 40 sur 353 · L. V, c, ;> et 1 î · texte numérisé non relu

L. V, c, ;> et 1 î

2. Justitia — . qua- nihil aliud est quam Dei unici pia et religiosa cullura. L. V. c. 7.

:>. Dans ['sequitas'H y a mis et ralio »de la justitia', 1. V, c. I i :

excluait inœqualitas ipsa justiliam, cujus vis onuiis iu eo est, ut pares facial eos, qui ad luijus vite conditionem pari sorte vBnerunt ; ibid.

désavantages do la terre. C'est ainsi que les chrétiens, pris par les païens pour des fous, ne le sont d'aucune sorte Ut ici Lactance revient encore une fois aux persécutions aussi criminelles qu'insensées, comme il le dit, en montrant les motils pour lesquels Dieu les tolère.

Le sixième livre : De verocullu, traite du vrai culte de Dieu, lequel, nous l'avons vu, consiste dans la justice : c'est dans ce culte que l'âme pieuse s'offre à Dieu elle-même comme un sacrifice sans tache. Il faut apprendre ici comment on peut atteindre ce but. Un doit enseigner la justice aux hommes. Néanmoins l'auteur ne veut donner que les préceptes de haute morale, de la morale chrétienne, celle que n'ont pas connue les philosophes et qui est nécessaire pour une parfaite justice. Il commence par la comparaison du double chemin, tel qu'on la trouve dans les poètes et les philosophes, avec cette différence que ces derniers ne l'ont pas comprise. L'un des chemins, celui des vertus et des privations, mène à Dieu ; l'autre, celui des vices et des liens terrestres, mène au démon. Là, est la récompense, l'immortalité ; ici, lechâtimentsansfin. Lesphilosophes qui n'ont connu ni Dieu, ni son ennemi, n'ont jamais eu en vue que la vie terrestre. La loi divine seule aboutit au vrai chemin. Or, le premier point capital de la loi est de connaître Dieu, de lui obéir et de n'adorer que lui seul (c. 9). C'est là le premier devoir de la justice, la religion. À Dieu? nous devons la religion; à l'homme, au contraire, nous devons une seconde vertu, que néanmoins nous consacrons aussi à Dieu, parce que l'homme est son image : c'est la compassion ou l'humanité, humanitas. Dieu qui a créé l'homme nu et faible, lui a donné le sentiment de la compassion. L'humanité est le plus grand lien des hommes entre eux, car, descendant d'un seul père, ils sont tous frères. En conséquence, nous ne devons jamais faire du mal à autrui, mais toujours du bien; nous devons aussi venir au secours des pauvres. Mais, sous ce rapport, les philosophes n'ont établi aucun précepte; et, tandis qu'ils affirment pour la plupart qu'il faut conserver l'union réciproque de la société humaine, ils s'en séparent eux-mêmes précisément parla sévérité de leur vertu qui n'a rien d'humain. Comme devoirs principaux de l'humanité,

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Lac tan co considère ensuite particulièrement l'hospitalité, par rapport aux indigents, le rachat des prisonniers, les secours a donner à la veuve et a l'orphelin, le soin des malades, et enfin l'ensevelissement des voyageurs et des pauvres : c'est l;i le plus grand d'entre les devoirs (c. \'2 . Les philosophes n'ont pas pensé à un tel devoir; bien plus, ils ne pouvaient pas j songer, vu qu'ils mesurent tous les devoirs d'après les avantages, [ci se montre, dans tout son jour, le contraste entre la mura le chrétienne * • t ! . i morale païenne, contraste que Lactance expose bien aussi pour les autres vertus qui sont recommandées en partie par les païens, mais dans la proportion seulement où l'égoïsme y trouvait son intérêt. Lactance prend ici surtout comme point de départ le Traité des Devoirs de Cicéron. Sa morale n'est pas néanmoins pure de tout égoïsme. D'après son avis, la générosité efface les fautes, Bans cesse renouvelées, delà chaire 115), car il pense qu'il n'est pas possible à L'homme de s'en abstenir complètement; o'est donc que la triple progression de la vertu consiste à ne pas pécher par les actions, les paroles et les pensées. L'auteur se prononce ensuitecontre l'exigence stoïcienne de la répression des affections, ainsi que contre l'exigence péripatéticienne de la modération de ces mêmes affections: ce n'est pas là qu'est la vertu; elle est dans l'usage droit qu'on en t'ait. Après avoir passé encore en revue une série de devoirs [dus faciles, il considère, avec plus de détails, la volupté des cinq sens et il donne, entre autres avertissements, celui de prendre -aide à la fréquentation des spectacles, surtout des combats des gladiateurs, et aux discours et poèmes si dangereux pourles chrétiens lettrés (c. 21). Quant à ceux qui sont tombés, il les exhorte à ne pas désespérer, mais à devenir meilleurs. - Il termine en disant que l'offrande des chrétiens consiste dans L'intégrité du cœur, et que son sacrifice est l'hymne et la louange.

Dans le septième et dernier livre. De vita beata, l'édifice élevé par l'auteur doit arrivera son couronnement. Il traite de la félicité éternelle, envisagée comme récompense divine de la plus grande de toutes les vertus, c'est-à-dire du vrai culte divin. Car à quoi bon tout ce qui précède, si celte félicité restait incertaine? Lactance veut donc exposer ici la raison du monde,

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ratio uiiimli, qui devait rester cachée aux philosophes, simples mortels, quoique chacune «le leurs écoles ait connu quelque parcelle de la vérité. Le monde a été créé à cause de l'homme, ainsi que le disent les stoïciens eux-mêmes; l'homme au contraire, pour connaître son créateur et celui de l'univers : il le connaît pour l'adorer; il l'adore pour acquérir L'immortalité; en compensation des peines que comporte l'adotation de Dieu ; il obtient cette récompense, alin que, devenu semblable aux anges, il serve Dieu pendant toute l'éternité (1). L'immortalité esl donc déjà molivée; mais Lac tan ce entreprend encore de la prouver par des arguments tirés de la vraisemblance. En voulant enseigner comment et quand l'homme l'obtient, il traite en détail des fins dernières (c. 44 et s.). De même que le monde a été créé en six jours, il doit rester dans le même état six sœcula, c'est-à-dire six mille ans. Le sixième touche à sa fin : il ne s'en faut tout, au plus que deux cents ans ; alors toute méchanceté sera détruite en ce monde ; la terre se rajeunira, et aussitôt commencera le règne du Christ pendant mille ans, correspondant au jour du repos de Dieu après la création. C'est ainsi que s'achève la grande semaine. Mais ce règne du Christ pendant mille ans est précédé du règne de l'Antéchrist, annoncé par des signes dont les plus éloignés sont l'extrême décadence de la moralité et la guerre générale. Cette dernière est occasionnée par la chute de la puissance des Romains et le retour de l'empire en Asie, en sorte que l'Orient régnera et l'Occident sera asservi (c. 15) (2). Lactance parle

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