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des patriarches, jusqu'à Moïse, à la Tempérance : le troisième, celui de Moïse el des prophètes, jusqu'à Jésus-Christ, à la Force : et le dernier, celui du christianisme, à la Justice. — An livre «lu Paradis Be rattachent immédiatement les deux autres Dr Caïnet Abel dans lesquels il renvoie au précédent [c. I . Le genre el l'esprit en sonl [es mêmes, mais dans les deux derniers l'élément parénélique s'accuse davantage, et, partant, le style devient plus oratoire. Le sacrifice des frères en forme le principal sujet. Plusieurs allégories sont ici également prises des écrits de Philon, de celui surtout qui a le même titre et d'un antre qui s'y rattache immédiatement De eo quod détenus potiori insidiari salent. — L'écrit De Noe et arca qui, pour le contenu, se relie aux précédents, niais qui fut composé plus tard, traite, en détail, de la construction de l'arche. Saint Ambroise retrouve là une image du corps humain et la développe longuement dans toutes ses parties (c. 7 et s.).
Les deux livres De Abraham nous offrent; sous maints rapports, un plus grand intérêt. Ils sont aussi plus originaux que les précédents, quoique saint Ambroise en ait emprunté l'idée à Philon. Tous deux ont un caractère essentiellement différent. Le premier est adressé aux catéchumènes, jeunes gens et jeunes Biles, et il repose si évidemment sur des sermons que leur avait adressés saint Ambroise, que la forme de l'allocution s'en est encore conservée (1). L'auteur y considère et y explique, au point de vue moral, ce que la Genèse nous a transmis (c. 12 à 25) de la vie d'Abraham en prenant le texte au sens littéral. La vie du patriarche est représentée comme un miroir des vertus : Abraham, chéri spécialement de Dieu, doit être l'idéal de L'homme vertueux, qui est aussi le vrai sage. Saint Ambroise compare son entreprise avec la Cyropédie, de Kénophon, qui avait rempli une tâche semblable, mais dans un sens bien plus restreint. Philon appelle les patriarches « des lois vivantes et raisonnables » \ï>:\y/y. v.x\
t. V. notamment <■■ 9, § 89. ■< Portasse audienles hœc lili.c, qua' ad graliam Domioi tenditis, et vos provocamini ut habeatis inaures et vhïas, et dicatis : Quomodo prohibes lioe, Kpiscope, » etc.
"a:Y'./.:'i v;;j.:l), en un mot, la loi incarnée, de sorte qu'on pourrait dire que la loi écrite n'est qu'un commentaire de leur vie (1). C'est là, en toute évidence, que saint Ambroise a puisé l'idée de son livre. La devotio, c'est-à-dire l'abandon filial à la volonté de Dieu, que Abraham possède à haut degré est, dit saint Ambroise d'accord avec Philon (2), le fondement de toutes les vertus : nous la voyons apparaître dès les premières lignes durécil biblique. Dans les réflexions morales et générales que l'auteur rattache à la vie d'Abraham il fait entrer en ligne de compte, soit divers points de vue de son époque, soit l'état de la culture chrétienne de ceux qui n'ont pas encore reçu le baptême et qu'on était sur le point d'introduire dans la pratique morale du christianisme. C'est ce qui donne à son livre un intérêt historique tout particulier. Par exemple, il considère, directement et indirectement, les rapports du christianisme avec le paganisme. Ainsi, dans le chapitre 9, s'appuyant sur la Genèse (c. 24, v. 3), l'auteur met les fidèles en garde contre le mariage avec des païennes, des juives et même des hérétiques ; de telles alliances, dit-il, ne peuvent pas être ratifiées dans le ciel. — C'est par exception seulement que, dans ce premier livre, on voit reproduit le sens mystique du texte biblique, comme dans le passage de la fin où l'Eglise est figurée par Rébecca. C'est là, au contraire, l'unique but du deuxième livre, qui avait évidemment une autre origine et qui n'était pas destiné aux catéchumènes. Il doit faire connaître le sens « plus profond » de la vie d'Abraham, renfermé dans le récit de la Genèse, et souvent il examine de nouveau, à ce seul point de vue, les mêmes passages de la Bible. Or, de même que le premier livre nous donne l'explication morale de cette partie de la Bible, ainsi le deuxième nous en donne l'explication allégorique jusqu'à la promesse d'Isaac. Saint Ambroise compare, sous ce rapport, la parole de Dieu à un glaive à deux tranchants (II, c. 1). Dans le deuxième livre, Abraham est l'esprit [mens, vîjç) ; on va montrer ici comment