‹ Histoire générale de la littérature du moyen age en occident; (volume 5)Chapitre 79 sur 353 · Philo, De Abrahamo, c · texte numérisé non relu

Philo, De Abrahamo, c

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cel «-^| ni i t|iii, dans Adam, était encore complètement attaché à la matière, passe, dans Abraham (1), & l'étal de vertu. Si Abraham Gen.c. 13, v. I), reçoit l'ordre de quitter sa patrie, ses parents et sa maison, cela Bignifie i<i que celui « 1 1 1 i veul se purifier complètement doit se détacher du corps, des sens et delà voix vox) 1 .La voix, dit saint Ambroise, «est la maison de l'esprit qui habite dans les discours. » C'est dans ce style que continue le récit. Saint Ambroise s'appuie but Philon, dont il emprunte souvent les détails, en sorte que cet ouvra-'' peut, mieux que tout autre, rendre sensible el l'aire connaître la douille explication de la Bible, telle qu'elle exista au moyen âge.

L'écrit De Isaac et anima ressemble au livre De Xliralmn). lsaac, cni]ui on vit déjà de bonne heure, à cause du sacrifice, le type du Christ, représente ici le Ar/:;. Prenant pour base une explication mystique du Cantique des cantiques et s'appuyant très vraisemblablement sur l'explication d'Origène, l'auteur décrit le mariage du Logos avec l'âme humaine, c'està-dire, ici, avec Rebecca. — L'opuscule moral De bono nun ils se rattache étroitement à celui qui précède. L'écrit De Isaai . terminé par une exhortation à ne pas craindre la mort, a pour but de montrer que la mort, ne pouvant nuire à l'âme, ne saurai! être un mal, mais plutôt un bien. L'auteur y montre surtout comment le juste el le sage imitent la mort elle-même par la mortification de la chair. En exhortant à un pareil ascétisme, il peint, dans un style poétique et imagé, le bonheur de L'âme qui se détache de la chair comme si elle sortait d'un tombeau (c. S) (3).

1. Ergo ut mens qu;r in Adam lotam se deleclationi cl illecebris corporalibus dederat, in formara virtutis speciemque transiret, vir sapiens [c.-à-d. Abraham) nobis ad imitamlum propositus est. » Abraham doit signifier aussi entre autres choses « transitas. »

2. C'est à ce point de vue qu'il faut se mettre pour s'expliquer le vœu du silence de la part de plusieurs ordres monastiques; il est possible (pie ce passage ait joué un certain rôle dans ce sens.

3. Saint Ambroise paile ici (c. 10) du séjour de l'âme, depuis la mort du corps jusqu'au jugement dernier. V., sur ce sujet, les recherches détaillées de Zarncke [Dissertation sur Muspilli), dans les rapports de la Société royale de Saxe, vol. XVIII. p. 193.

SAINT AMIlROISi:

Dans ses sermons, qu'il retoucha ensuite pour leur donner la l'orme de livres, sainl Ambroise choisit aussi le récit biblique

de la vie de Jacob et de Joseph pour en faire le sujet de méditations et d'explications morales et allégoriques. Dans l'un de ces ouvrages, composé de deux livres, et intitulé De Jacob et vita beata, ce patriarche sert de type à l'auteur pour exposer la doctrine qui montre que les âmes vraiment pieuses ne sauraient perdre la félicité de la vie dans l'affliction et dans le danger; il renvoie en même temps à Eléazar (11, c. 10) et aux sept Machabées; il raconte leur mort en détail etil trouve, surtout pour dépeindre le courage de la mère, des termes éloquents et souvent pleins d'un élan tout poétique (11, c. 12): l'on peut donc considérer la fin de cet ouvrage comme un spécimen de l'art oratoire personnel de saint Ambroise. Joseph, « dans les mœurs et les actions de qui l'on voit briller partout, avec la pureté, une certaine splendeur de grâce, qui est comme la compagne de cette pureté, » Joseph, dis-je, est donné comme modèle de la chasteté dans le livre que saint Ambroise lui con sacre De Joseph patriarcha : il est également pour l'auteur, lorsqu'il explique son histoire d'une manière allégorique, un type du Christ. — Dans l'écrit composé de quatre livres De Interpeltatione Job et David, il fait, des plaintes de Job et de David, le sujet de considérations édifiantes sur les misères de la vie terrestre et sur le phénomène d'après lequel les méchants prospèrent souvent ici-bas, tandis que les justes n'éprouvent que déceptions.

Trois autres livres qui ont eu aussi pour point de départ des sermons sur l'Ancien-Testameent et auxquels des homélies de saint Basile servent de base, nous offrent un intérêt général bien plus grand encore, surtout au point de vue historique. Tous trois ont une tendance purement morale et en partie ascétique. Ce sont : De Elia etjeja?iio, dans lequel saint Ambroise recommande la tempérance dans le manger et le boire, en montrant les exemples et les préceptes donnés dans l' Ancien-Testament. Le début nous montre brièvement dans Elie un de ces exemples les plus remarquables. Vient ensuite le livre De Nabuthe Iesraelita, où l'histoire de la persécution injuste deNaboth par le roi Achab, qui voulait lui prendre sa

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vigne (v. Livre des I î « »i s. . o, 21), esl prise pour texte d'un Bermon contre les riches. Vient enfin Le livre De Tobia, dans lequel saint Ambroise, B'appnyanl but on passage de ce livre biblique, s'élève contre I»' prêt d'argenl a intérêt et surtout contre l'usure. La simplicité du style, souvenl fort belle, les détails sur la moralité et les mœurs de sou époque, la vie qui anime certaines peintures, comme celle, par exemple, qui se trouve dans le premier livre (c. !•'{) et où il nous montre d'une manière très énergique el détaillée un banque! d'officiers qu'il compare à une bataille, en rendent aujourd'hui encore la lecture agréable et font voir quelle action devait exercer, de son temps, celte éloquence de la chaire dans le domaine purement moral.

.Mais L'ouvrage Le (dus intéressant et le plus important, au point de vue Littéraire et historique, parmi les écrits de saint Ambroise qui appartiennent à cette classe, est, sans contredit, celui qu"il composa, en six livres, dans les dernières années de sa vie. VHexaméron. Saint Ambroise, expliquant le texte de la Genèse, traite des six jours de la création, chacun dans un livre spécial, et il mêle à son récit des considérations détaillées soit au point de vue spéculatif, mural et scientifique, soit seulement au point de vue poétique lorsqu'il célèbre la beauté et les dispositions harmonieuses du Cosmos. Neuf sermons, prêches en six jours du carême, forment la base de cet ouvrage : le premier, le troisième et le cinquième livres comprennent chacun deux sermons qu'il prêcha le matin et le soir de trois jours différents; les trois autres livres se composent chacun d'un sermon. Cet ouvrage n'est aussi qu'un travail, plus ou moins indépendant, mais plus développé, d'après neuf homélies du grand saint Basile et pour la composition duquel saint Ambroise a, au rapport de saint Jérôme I . misa profit des livres, perdus encore aujourd'hui, d'Origène et d'Hippolyte (2). Quel que soit le peu d'originalité qu'on trouve dans L'ensemble de ce traité, il est pourtant vrai de dire que saint Ambroise y reproduit les pensées d'autrui

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