‹ Histoire générale de la littérature du moyen age en occident; (volume 5)Chapitre 88 sur 353 · V. au reste sous ce rapport !e S 33 et s. du discours · texte numérisé non relu

V. au reste sous ce rapport !e S 33 et s. du discours

2. Ce mot est assez difficile à traduire dans ce passage, à cause de son double sens : « foi » et « fidélité. » Le passage, qui témoigne de L'habileté oratoire et du talent d'avocat de saint Ambroise est ainsi conçu. $ 8 : m Theodosii ergo fides fuit vestra Victoria :vestra fides Quorum ejus l'orti- Imlo sit. Fides ergo auget œtatem... nec mirum, si auget œtatem fides, cum representet futura. Quid enim est fides, nisi rerum earum, qua? speranlur, substantia? Sic nos scripturs docent. » Voir sainl Paul, Epist. ad Hebrsos, a. Il, v. I .

3. « Illa generatum docuit, ego ressuscilatuiu » lui t'ait dire saint Ambroise. § 14, cf. aussi =: 17.

des clous de la croix elle lil faire an « frein » (il veul bien dire la « branche du mors,») et, avec l'autre, un diadème(l); elle envoya le toul à son lils « qui s'en servil ci qui laissa la foi à ses successeurs, » si bien que. de son temps, s'accomplil la parole du prophète (Zachar., c. 14, \. 20; • lu die Ma erit quod super frenum equi, sanctum domino omnipotenti. « La couronne est faite avec un clou de la croix afin que la foi éclaire; le frein l'est alin que la force gouverne. »

Parmi les ouvrages en prose de saint Ambroise il ne me reste plus qu'à en considérer une dernière classe, car je n'ai pas à parler ici de ceux qui sont purement dogmatiques (2) : ce sont ses lettres, Epistolœ, dont plus de quatre-vingt-dix sont authentiques. Le contenu et la forme de ces lettres sont des plus divers : sous le premier rapport, elles se rattachent, en partie, aux autres classes de ses ouvrages. Il y ^n a ^ve* Peu' en effet, qui soient des lettres au sens strict du mot; la plupart sont des mandements d'une nature plus ou moins publique, officielle même, et plusieurs, si l'on fait abstraction de la forme extérieure qui prête à les faire assimiler à des lettres, sont de véritables ouvrages.

On y trouve soit pour l'histoire universelle, soit pour l'histoire ecclésiastique, les sources les plus précieuses. C'est là, en outre, qu'on apprend à connaître saint Ambroise sous tous ses aspects : comme évêque, dans la position importante qu'il . occupa vis-à-vis de l'Etat et de l'Église d'Occident; comme conseiller et comme pasteur, vis-à-vis de son clergé et de son

\. « De uno clavo frenos fieri praccepit, de allero diadema intexuit. » § 47.

2. Ce sont : De fide, libri V ad Gratianum Âugustum, travail composé à l'instigation de cet empereur et où l'auteur expose surtout la divinité du Fils de Dieu contre les Ariens ; cet ouvrage dogmatique, le plus important de saint Ambroise, fut très estimé du moyen âge. Ce sont ensuite : De spiritu sancto libri III ad Gratianum, écrit aussi en faveur de la doctrine catholique sur la Trinité et contre l'arianisme; De incarnationis dominiez; sacramento, supplément au premier ouvrage, et dirigé contre les ariens et plus encore contre les apollinaristes ; De pœnitentia, libri II, contre les novatiens ; De mysteriis (des sacrements), adressé aux nouveaux baptisés. — Deux de ces écrits, ce dernier et De incarnatione , ont eu aussi des discours pour point de départ. Il faut remarquer, du reste, la tendance polémique de presque tous ces écrits ; elle montre déjà que des considérations pratiques avaient influé sur la composition.

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diocèse Là encore se trouvent des lettres adressées, bous le m un i !•' Synodes, au Pape, aux Evoques ou à l'Empereur; il \

on a mêi i sonl rapportées en entier des délibérations

s\ laies. <»ii j rencontre de plus de* instructions el ordonnances par rapporl aux fonctions ecclésiastiques et au culte l : enfin, des réponses .1 différentes questions posées par des ecclésiastiques sur la religion ou la Bible. Ainsi. les lettres à [renée, Horontien ou Simplicien, donl plusieurs Be relient ensemble, sonl vraimenl de petits traités sur diverses matières, par exemple : pourquoi l'homme a-t-il été créé en dernier lieu 1 ... v:!i 2)?t ni bien : l'amour de Dieu pour ceux qui ont cru en lui, «1rs leur plus tendre enlan.e. est-il différent de celui qu'il a pour ceux qui ne l'ont connu que dans un âge pins .avancé .' (Ép. 31.) A celle dernière question se rattache, dans la lettre

suivante, l'explicati l'un passage de Jérémie 3 . On y voit

encore des considérations sur la beauté de Dieu, mises en rapport avec la vocation ecclésiastique et le détachement des liens terrestres (Ep. "J!>, à [renée). Bien pins, quelques-unes de ces lettres Ép. .'57 cl ïi) renferment des sermons tout entiers. Le dernier fut prêché à l'occasion du conflit avec Théodose a cause de la destruction de la synagogue de Callinique, el saint Ambroise l'envoie à sa sœur, avec quelques mois d'introduction. Dans quelques autres, il donne à des laïques des consolations, des avis et des conseils pour quelques cas particulièrement difficiles : ainsi, dans la lettre 25 par exemple, il donne son avis à un juge qui ressent quelques scrupules relativement à l'application de la peine de mort. Trèspen de lettres sont consacrées à ses affaires personnelles;

1. Par exemple, la lettre 23, adressée aux évoques de l'Emilie, sur la fixation du temps pascal.

J. Dans la lettre suivante, qii se rattache aussi à fllexameron, il explique surtout la signification du nombre sept.

:t. Jérém., c. 17, v. il ; voici le passage de la Vulgate : « Perdis lovit quœ non peperit. » Dans saint Ambroise : « Clamavil perdix, congregavit quœ non peperit. » Notre Père de l'Église montre d'une manière détail (luis celte lettre, (pie la perdrix est un type du démon (comme aussi dans la Claris de Meli ton, v. Pitra, Spicileg. Solesnt. II. p. 510 : il accepte les récits fabuleux qui ont cours stir cet oiseau et il ne dédaigne même pas de recourir à l'étymologie. Celte lettre a un intérêt particulier relativement aux lires du moyen âge.

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encore ces Lettres concernent-elles, en partie, sa vie publique. Telle est, par exemple, celle qu'il écrit à sa sœur, pour lui faire part des événements les plus importants de sa vie, entre autres, delà découverte des reliques des saints Gervais et Protais, des discours qu'il prononça à celle occasion (Ép. 22), et du siège qu'il eut à soutenir dans la cathédrale de Milan (Ep. 20). Ces détails ont une grande valeur historique. Deux lettres conlidentielles, adressées àl'évèque Sabinus, offrent encore un réel intérêt, en ce sens qu'elles nous prouvent son activité d'écrivain. Saint Àmbroise communique à cet ami quelques-uns de ses écrits, avant de les publier; il le prie de les critiquer, et d'examiner le choix des expressions, surtout au point de vue de la pureté de la foi (Ép. 48) (1). La lettre précédente nous fait connaître qu'il écrivait lui-même en partie ses ouvrages. Saint Ambroise prisait très haut le charme de la correspondance confidentielle (Ép. 49) : mais combien de lettres de ce genre, qui n'étaient pas destinées à la publicité, doivent avoir été perdues pour nous !

Parmi les lettres qui ont droit à un intérêt historique tout à fait général, il faut mettre en première ligne celles qu'il adressa aux empereurs Gratien, Valentinien II et Théodnse, ainsi qu'à l'usurpateur Eugène. Dans ce nombre même il y en a deux, qu'il écrivit à Théodose, et deux autres adressées à Valentinien, qui occupent une place toute spéciale au double point de vue de la forme et du fond. L'une des deux premières (Ép. 40) concerne le dilférend de saint Ambroise avec Théodose dans l'affaire de la synagogue de Callinique : nous l'avons déjà mentionné plus haut. L'autre (Ép. 51) est relative au massacre de Thessalonique. Dans ces deux occasions, la puissance épiscopale, personnifiée dans saint Ambroise, se mesura très heureusement avec la plus grande puissance civile, celle d'un empereur des plus énergiques. Nulle part n'éclatent d'une manière plus brillante la portée politique, la fermeté de caractère, le courage de saint Ambroise, et le triomphe de son éloquence, quoique, dans le premier cas, sa cause fut loin d'être juste. La synagogue avait été détruite à l'instigation de

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