PREFACE
Le présent volume, que l'état de ma santé ma empêché de terminer plus tôt, et qui comprend deux livres^ le quatrième et le cinquième, ne traite que de l'histoire de la littérature latine du moyen âge ; il en continue le développement depuis Charlemagne jusqu'à la mort de Charles le Chauve. Le volume qui doit suivre contiendra, dans le sixième livre, le récit de l'histoire des littératures nationales de l'Occident ; dans ce livre toutefois je me bornerai aux littératures germaniques ; j'en étudierai les progrès, depuis leur origine jusqu'à la même époque. Alors, dans le livre septième, je ferai l'histoire de la littérature carolingienne jusqu'à la fin, dans le domaine soit des lettres latines, soit des littératures nationales : au nombre de celles-ci, nous ver^ rons se produire les littératures romanes. La suite de cet ouvrage nous apprendra que, dans les dernières décades du ix° siècle, une nouvelle phase commence pour les lettres latines ; que l'on peut, par conséquent, faire commencer une nouvelle période avec la mort de Charles le Chauve et qu'on a, en tous cas,
Il PHKFACR
à faire, à cette époque, une ligne de démarcation. Ce sera aussi et seulement au livre septième que, dans un coup d'œil général sur la poésie liturgique à laquelle l'apparition des Séquences donne nne impulsion nouvelle, j'étudierai, dans son enchaînement, l'hymnologie du ix" siècle et celle des débuts du x« : la composition de la plupart de ces poèmes ne saurait en effet être déterminée d'une manière plus approximative qu'en comptant par siècle.
J'ai eu à surmonter des difficultés de toute sorte dans le développement de mon plan; cependant, diverses monographies de valeur, surtout au point de vue de l'histoire (je les cite en temps et heu), et quelques ouvrages plus généraux, qui méritent, à cause de leur importance, d'être cités ici, ont réellement facilité ma tache. Je signale d'abord deux ouvrages historiques de valeur : les Annales de rEnipire franc sons Louis le Pieux, par Simson, et Y Histoire de l Empire franc de rEsf, par Diimmler. Ce dernier s'est acquis encore des mérites tout particuhers, sous le rapport de la littérature carolingienne et de son histoire, en éditant bon nombre de poèmes et en préparant ainsi, pour les monuments de riiistoire aUemande, le recueil qui ne tardera pas à paraître (^t qui a pour titre Poetae latini aevi Carolini [l) ; il s'en est acquis de non moins grands par le traité
1. 0' recueil, dont le premier volume doit paraître Phiver prochain, donnera, avec tous les procéd/^s de la critique, les poèmes que nous étudions nous-mrme.
PUÉ F A ci: m
qui a paru, en 1879, dans le quatrième volume des Nouvellefi archives de la Société pour r étude de iliistoire ancienne allemande : « La tradition manuscrite des poésies latines de l'époque des Carolingiens (1). » Je dois aussi et d'une manière toute spéciale de la reconnaissance à Wattenbach, pour son livre si connu : Sources de F histoire allemande au moyen dge jusqu'au milieu du xnf siècle. Au point de vue bibliographique, j'ai enfin tiré quelque parti de V Histoire de la littérature romaine au siècle des Carolingiens , par Baehr, Carlsruhe, 1840 (3° vol.^ suppl. de la Litt, romaine). Je dois faire remarquer, à cause de la pagination, que 1 édition dont je me sers pour les Acta SS. ord. S. Benedicti, de Mabillon^ est celle qui parut, en 1733, à Venise.
1. Devant citer si fréquemment ce travail, j'ai adopté l'abréviation suivante : Dümmber, iV. A.
Leipzig, juin 1880.
A. Ebert.
Voir VAveiiisrement des Traduclpur.^ placé en lèto du V"^ volume.