‹ Histoire générale de la littérature du moyen age en occident;Chapitre 2 sur 263 · LIVRE QUATRIÈME · texte numérisé non relu

LIVRE QUATRIÈME

LA LITTÉRATURE LATINE AU SIÈCLE DE CllARLEMAGNE.

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Avec Charlemagne, la littérature universelle prend un nouvel essor; avec lui, commence la renaissance des lettres. A la fin de la période précédente, nous ne trouvions plus de culture littéraire en Occident, si ce n'est au nord et au sud-est, en Bretagne et en Italie; encore cette culture n'était-elle vraiment productive que chez les Anglo-Saxons, qui s'étaient appropriés les procédés intellectuels des Italiens et des Irlandais pour en faire sortir des créations nouvelles. Le cœur de l'Occident, le royaume des Francs, le plus grand et le plus puissant des nouveaux royaumes et celui qui avait protégé avec le glaive la culture chrétienne contre les assauts de l'Islam, était resté, depuis saint Fortunat, complètement étranger à toute culture littéraire. Charlemagne l'y ramena de nouveau; bien plus, il en fit le siège principal des lettres, pendant tout le moyen âge, en fondant le nouvel empire germanoroman. Avec la renaissance de cet Empire, marche de pair la renaissance de la littérature universelle. Aux progrès de Tune comme aux progrès de l'autre concourent les mêmes faits historiques : les rapports intimes de la maison royale de Pépin avec les Anglo-S axons et la conquête du royaume longobard. Lachristianisation de l'Allemagne par saint ßoniface et ses disciples, tant hommes que femmes, fut la première condition du nouvel empire universel, dont le centre de gravité reposait sur le Germanisme; elle fut en même temps la première base de la culture littéraire en Allemagne, culture

dont ces missionnaires Anglo-Saxons avaient déjà jeté la semonce sur le sol de la Germanie. Une autre condition importante pour cet empire de l'avenir fut la fusion, opérée par saint Boniface, de FÉglise allemande dans l'Église catholique; ce résultat affermit puissamment les rapports entre la papauté et les descendants d'Arnolphe. C'est encore un Anglo- Saxon, Alcuin, qui, appelé à la cour de Gharlemagne, en fait le contre de l'érudition et le berceau d'un nouveau mouvement littéraire en Occident : Alcuin était élève d'Egbert, lequel était lui-même l'élève de Bède. Cette période de la littérature se ratlache, par lui, à la période précédente (2).

Ce fut seulement cinq ans après la soumission complète des Longobards, que Charlemagne appela Alcuin en Italie (781). De même que la conquête du royaume longobard, en ayant pour suite la domination de Rome, jeta incontestablement les premiers fondements du nouvel empire, ainsi ce fut elle qui réveilla, dans l'âme de Charlemagne, ce besoin de culture dont sa nature si éminemment germaine et si universellement douée était remplie, et qui l'anima pendant sa vie tout entière. La civilisation distinguée de la noblesse langobarde (fruit incontestable des écoles de grammaire conservées dans ce pays) ; les rapports intimes avec la curie, les entrevues avec des savants illustres, soit étrangers, soit italiens; l'impression puissante que produisaient en lui les monuments de l'architecture et de la sculpture antiques, tout devait nécessairement contribuer, en Italie^ à faire du même coup remarquer à Charlemagne les grandes lacunes de son éducation intellectuelle, et le niveau peu élevé de celle de son peuple. Or^ tandis que les circonstances devaient réveiller, d'elles-mêmes, dans l'âme de Charlemagne (3), cette aspiration, vague encore dès le début, du rétablissement de l'empire d'Occident, il devait en même temps sentir croître en lui le désir de s'assimiler la

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