V. 21 sq. (Cellot, p
5. Vers la même époque à peu près fut écrite, aussi en vers hexamètres léonins, la dédicace d'un magnifique livre des Évangiles, lequel était l'œuvre d'un moine de Hautviller et était adressé à Ebbon, archevêque de Reims. Voici le début de cetie dédicace :
Ebo, Remense decus, praesul pastorquecoruscus, Celsa et clara farus, sanctis per saecula carus, Ordinis omnis honos pariterque piissimus héros. On voit ici déjà les différents genres de rime des vers hexamètres se montrer
[168.] Él'lTRKS POÉTK^UES A UATl;\MN 189
Cette épître est une réponse. Gottschalk y remercie d'ahonl son ami de lui avoir envoyé ses vers [mctra), honhr'iir inattendu pour lui, vers dont il fait un éloge poétique excessif. Ils ont apporté une consolation à son Ame blessée. Pliil à Dieu que l'ami lui eût aussi écrit en prose, probablement plus en détail, sur la doctrine de Goltschalk. Il ne le peut pas lui-mémo ; le temps lui manque, vu que Tabbé lui impose lanlùt ceci «'t tantôt cela, et il manque aussi de la culture scienlilique. C'est à peine s'il a été, pendant une année, dans une école supérieure(l), et, après en être sorti, il n'a plus eu de guide. Pour avoir une exposition claire de l'opinion [sententia) de saint Augustin, il a écrit aux nombreux savants de son pays et même à des savants de l'étranger; il a^, de plus, communiqué à trois d'entre eux, Marcward, Jonas et Lupus « le sens propie » (de cette opinion); mais, parmi eux, un seul lui a répondu; c'est un rusé qui ne veut se brouiller avec aucun parti. Il appert de ce passage notamment que le poème fut composé à Orbais(2). La fin de l'épilre manque (3).
Le style, il est vrai, en est souvent lourd jusqu'à l'obscurité; toutefois, malgré cela, ce poème montre non seulement que l'auteur avait aussi appris l'art poétique, mais que même
çà et là à côté de la rime léonine proprement dite. Ce poème, qui a été écrit avant la déposition d'Ebbon, en 839, mais peu de temps auparavant, a été édité par Paulin Paris dans les Comptes rendus de l'Académie des inscrii)t. et belles-lettres, série IV, t. VI, Paris 1879, p. 98 sq., et dans les Poet. Int., I, p. 623. — Voy. Dümmler, iV. A., p. 269.