‹ Histoire générale de la littérature du moyen age en occident;Chapitre 124 sur 263 · Le poème débute ainsi dans Grosse, c · texte numérisé non relu

Le poème débute ainsi dans Grosse, c

Bonus vir est Bobertiis, laudes gliscunt Roherti : Christe fave Roberto, longaevum fac Rob"rlum, Amen. Salve Roberte, Christus sit cum Roberto. Nous étudions plus loin le rythme. Sédulius adressa aussi à ce même Robert une su-pplique poétique, en hexamètres, dans laquelle, sous une forme badine, il lui demande un mouton ; ici non plus ne manquent pas les jeux de mots (« uLmultis multetur multo »). Voy. Carm. quadr., c. 18.

•4. Carm. quadr. c. 19. — On trouve dans Grosse (c. 19) des allusions aux fables du Renard; ces allusions sont belles quanta la forme.

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on le lui vole. Le voleur poursuivi par des chiens, abandonne l'animal qui a maintenant à lutter contre les chiens; il succombe enfin dans ce combat. Le poète chante, d'une manière comique et sous forme de parodie, ce pauvre animal et son courage héroïque; en terminant, il lui consacre encore une épitaphe. Ce poème, écrit dans un style leste et coulant, ne manque pas d'attraits et montre le talent parliculier de Sédulius pour ce genre de poésie. La liberté qu'y prend le poète (v. 117 sq.) est vraiment remarquable : il compare avec l'agneau de Dieu le bouc qui a été mis à mort à la place du voleur, liberté que la poésie postérieure du moyen âge se permettra fréquemment dans son humeur joviale. Nous devons aussi faire remarquer un autre poème en distiques (Carin. quadr., o) : c'est une allégorie spirituelle en l'honneur de la fête de Noël. Le ohoiwv ànVê^W^Q (chorus ecclesiae), c'est-àdire ici r « Eglise » elle-même, est le type de Marie ; l'évêque, ce pasteur qui conduit les « frères » des ténèbres d'Egypte dans la patrie de la lumière, est le type de Joseph ; la cathédrale, c'est Bethléem ; le Christ enfant est là, lui aussi, dans le pain, ce qui prouve que Sédulius reconnaît la transsubstantiation; et, de même que les anges chantent ses louanges, ainsi le chœur les chante ici; l'évêque-pasteur représente, en deuxième lieu, les bergers qui rendent témoignage au Christpasteur ; les mages sont représentés par les philosophes irlandais (1) qui apportent les présents de la sagesse [sophica dona). De même donc que Marie et Joseph acceptèrent les offrandes des Mages, puissent aussi rÉgiisc et l'évêque ne pas mépriser les offrandes bien minimes de la muse irlandaise !

Au point de vue de l'histoire littéraire, c'est le dernier de ces poèmes qui offre le plus d'intérêt; il n'est pas du reste sans charmes au point de vue esthétique. C'est, à ma connaissance, le deuxième en date d'ancienneté, parmi ces poèmes que plus tard, en France, on appela « Débats (2); » le cadre de

1 . Peut-être cette idée repose-t-el!e sur une réminiscence irlandaise : les Druides se donnaient le nom de Mage, ainsi que me le fait observer mon collègue Windisch .

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