V. sur lui, Simson, Jahrb., II, p. 259 sq
bres, notamment d'Eginhard qui habitait alors à Séligenstad, situé dans le voisinage. Loup avait pour lui, depuis longtemps déjà, une grande vénération à cause de sa culture classique ; l'impression qu'avait faite sur lui le style de la Vie de Charlemagne avait d'abord excité en lui le désir de faire la connaissance personnelle d'Eginhard. Il chercha donc et trouva auprès de lui un appui pour ses aspirations de savant; c'est lui qu'il interrogea, par écrit et de vive voix, sur les difficultés de linguistique et de métrique qu'il rencontrait, et c'est à lui qu'il emprunta les livres qui lui manquaient : aussi Tappelle-t-il avec raison son maître. Jls devinrent si intimes que c'est à ce savant, bien plus jeune que lui, qu'Eginhard dédia son écrit aujourd'hui perdu : De adoranda cnice [i).
Après son retour de Fulda (2), Loup fut présenté, en 837, à la cour impériale, et il plut tant à l'impératrice, femme d'un esprit si cultivé, qu'elle le fit inviter à y revenir l'année suivante. C'est ainsi qu'il n'eut pas de peine à obtenir, en 842, de Charles le Chauve, l'abbaye de Ferrière, devenue vacante parla déposition d'Odon. Les "guerres civiles et leur suite (3) jetèrent et sa personne et son couvent dans une misère immense : les moines manquaient d'habits et de vivres, et Loup au désespoir pensait à renoncer déjà à sa dignité d'abbé; il fut même obligé de suivre l'armée en personne, quelque peu habile qu'il se trouvât à manier l'épée [Ep. 78), et il fut même un instant fait prisonnier, en 844, dans l'expédition de Charles en Aquitaine. Ce n'est pas seulement sa qualité de savant, mais encore sa qualité d'ecclésiastique, qui donna à Loup une si grande renommée; il ne devait pas manquer à un synode [Ep. 60), et ce fut même lui qui rédigea les importants décrets du synode de Verneuil (844). Le roi Charles le chargea, avec Prudence de Troyes,