Voy. là-dessus, Dümmler. X A., p
3. Edité par Hagen, dans ses Anecdota Helvetica quae ad Onlmmalicam tatinam spectant. Leipzig, 1870. (Supplément aux Gi^ammatici latini, de Keil) p. 1 sq. — Le manuscrit donne pour auteur Sédu'ius, mais sans autre dénomination. Les objections de Hagen contre la paternité de notre Sédulius sont faciles à réfuter. Comme nous l'avons montré, en effet, il avait quelques connaissances du grec et il témoigne aussi dans ses poèmes d'une éducation grammaticale. Hagen Ta jugé très partialement en ne s'appuyant que sur son livre, Be rectoribus christianis. En outre, il ne faut pas oublier que le commentaire a été composé à la prière de moines (rogatii fmtrum), ce qui cadre très bien avec la position de Sédulius et ce qui est resté inaperçu d' Hagen,
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profane qui en est comme le couronnement, nous voyons par contre la littérature de la France de l'ouest prendre plutôt une direction tliéologique et polémique; les discussions dogmatiques elles-mêmes, qui avaient pris naissance en Allemagne, donnèrent lieu, là seulement et à cette date, à un véritable combat. C'est également dans cette contrée qu'on trouve un mouvement intellectuel plus indépendant, une culture religieuse plus libérale, laquelle s'affirme soit dans la polémique engagée contre la superstition répandue et parmi le peuple et dans l'Église, soit dans Fessai d'un nouveau système philosophique. C'est donc ainsi que, déjà, laFrancese révèle à présent comme un asile sacré pour la philosophie du moyen âge. Néanmoins, la France de l'ouest a, même à cette époque, des représentants spéciaux de la direction grammaticale et littéraire : le plus remarquable, parmi eux, avait reçu, lui aussi, sa dernière éducation auprès de Raban, tout comme Walahfrid; comme lui, il trouva un accueil des plus bienveillants auprès de Judith et de Charles le Chauve. J'ai nommé Servatus Lupus ( 1 ) .
Né d'une famille distinguée, dans le diocèse de Sens, à ce qu'il semble, Loup reçut sa première instruction au monastère de Ferrières, situé dans ce diocèse même. Ce monastère avait appartenu autrefois à Alcuin^ lequel lui avait fait de fréquentes visites ; depuis, il était devenu un asile de la science. A cette époque, le savant abbé Aldric, élevé lui-même dans ce monastère, en était le supérieur; l'an 829, il devint archevêque de Sens, et il joua un rôle important à la cour de Louis le Débonnaire (2). C'est lui qui encouragea Loup, dont le sentiment scientifique s'était éveillé de bonne heure, et qui lui donna un maître de grammaire. Plus tard, il l'envoya aussi à Fulda, auprès de Raban, pour y continuer ses études et y apprendre principalement la théologie. Pendanl sou séjour dans ce monastère, Loup fit la connaissance d'hommes célè-
1. JB. Sermti Lupi, presbyterl et uhhatis Fcrrariensls opéra Stephanus Balinhis colleglt, epistolas ad fid. vetiistissimi cod. emend. notisque illustr. Ed. 2. Anvers, 1710. — Nicolas, Étude sur les lettres de Servat-Loup. Tlièso présentée à la Faculté de Paris, en 1862. Clermont-Ferrand, 1861.