‹ Histoire générale de la littérature du moyen age en occident;Chapitre 141 sur 263 · Migne, /. c, p. 362 sq · texte numérisé non relu

Migne, /. c, p. 362 sq

4. Ainsi que Simson l'a démontré avec certitude; je suis en mesure de corroborer son argumentation : le c. 10 de 17/2s/<7. rcj/., identique avec le c. 19 du 1. III, débute par un Wim, qui est moLivé dans le deuxième passage, mais non dans le premier. De là il résulte clairement qu'un rapport contraire n'a pu avoir lieu entre les deux écrits, comme on l'admettait précédemment. Mais si Ton admet que Jonas ait rédigé les canons, l'on peut expliquer d'autant plus facilement son procédé d'en faire un extrait pour composer un livre destiné au souverain de son pays.

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ramenée à laniiée 834, date qui est passablement certaine (1). Mais ce qu'on ne saurait déterminer d'une manière aussi claire et aussi certaine^ c'est le rapport qui existe entre le miroir du laïque et ces actes synodaux. On trouve aussi dans celui-là des chapitres entiers qui reparaissent textuellement dans les actes et ensuite dans V Institution royale ; de plus, le synode renvoie à un certain nombre de chapitres (2) collectionnés par lui et qui ont trait aux devoirs des époux, chapitres dont il n'esL fait que mention, afin d'abréger; or, ces chapitres concordent, et même presque textuellement, avec les titres de la plupart des chapitres du livre deuxième de \ Instüiition laïque. Ce sont précisément ces chapitres qui forment la quintessence de cette dernière. La dédicace qui précède l'ouvrage dit, en elfet,, que celui-ci a été entrepris à la prière de Matfrid, qui demandait « une réponse très prompte et très succincte le renseignant sur la manière dont lui et les autres, qui sont engagés dans les liens du mariage, doivent s'y prendre pour mener une vie agréable à Dieu. » Ce n'est qu'après une mûre réflexion que Jonas, ainsi qu'il le dit encore dans la dédicace, s'est résolu à entreprendre cette tâche^ dont il ne se sentait pas capable, en compilant les sentences des Pères et de la Bible et en les commentant. Il fait remarquer en terminant cette dédicace qu'il divisa son ouvrage, vu son étendue, en trois livres, dont le premier et le dernier sont destinés à tous les fidèles en général, tandis que le deuxième ne concerne, en majeure partie, que les époux. Pour expliquer le rapport énigmatique qui existe entre cet ouvrage et les actes synodaux, on pourrait admettre peut-être que Jonas, pour satisfaire à la demande de Matfrid, ne composa d'abord que le deuxième

l.Ce qui est dil dans la dédicace toucliant 1'« année précédente »s'applique parfaitement à l'année 833, comme le remarque également Simson, mais non à l'année 827, année qu'on prenait pour la date |de la composition du livre, alors qu'on la croyait antérieure au synode.

2. « Congessimus eliam in opère conventus nostri nonnulla alla capitula ad vestram (de l'empereur) fideliumque vestrorum observantiam et salutem pertinentia, quorum hic omissa prolixitate mentionem tantum falimus. Scilicet quod eosoporteat, conjugium. » etc. Synod. Paris, 1. III, c. 2. — Mansi, Sacros. Com ilior. nova et ampUis. colkctio, tom. XIV, Venise, 1769, p. 596.

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livre, le seul qu'ait approuvé et recommandé ensuite le synode, eu se conteutant d'en indiquer le contenu dans les actes : plus tard, après le synode, Jonas aussi agrandit son ouvrage en y ajoutant le premier et troisième livres et fait, au movcn des actes synodaux, du miroir des époux un miroir des laKjucs im général. Ainsi s'expliquerait également la composition défectueuse de Tensemble. L'auteur, en effet, après avoir, dans le livre premier, traité en détail du baptême, de la prière, de la fréquentation du service divin et de la pénitence, traite, dans le livre deuxième, non seulement des devoirs conjugaux, mais encore^ outre diverses recommandations générales, de vices et défauts particuliers, comme la vénalité, le mensonge, la curiosité ; or, dans le livre troisième, il en revient encore aux vices et aux vertus qu'il traite séparément et dans des chapitres spéciaux qui n'ont pour la plupart nul lien qui les relie ensemble. Le tout se termine par la peinture du jugement dernier et de l'éternité heureuse ou malheureuse qui le suit.

Cet ouvrage n'est en grande partie qu'un recueil de passages de la Bible ou des Pères de rÉgiise, tels que Origène, saint Ambroise^ saint Jérôme, Lactance, S. Prosper, saint Grégoire, saint Isidore, Bède et surtout saint Augustin. Or, que cet ouvrage contienne néanmoins plusieurs remarques importantes pour l'histoire des mœurs du siècle de l'auteur, c'est là un fait déjà reconnu; mais il manque, sous tous les rapports, d'unité intrinsèque, en sorte que, abstraction faite du style simple, clair et correct qu'il a pour cette époque, il ne mérite pas le moindre éloge.

Enfin, à la prière de Walcaud, évèque de Liège, Jonas retoucha sous le rapport du style l'ancienne Vie de saint llugbert; composée, en etfet, vers le milieu du vui'' siècle : elle était écrite dans un latin des plus mauvais. Il y ajouta, en même temps, le récit de la translation du saint, de Liège au monastère d'Andoin rétabli par Walcaud. Ce saint, que des légendes postérieures donnèrent comme parent de Pépin et patron des chasseurs, fut le premier évèque de Liège; c'est dans cette ville, en effet, qu'il avait transféré le siège épiscopal de Maastricht, après l'assassinat de son prédécesseur. Il se distingua comme missionnaire dans les Ardennes et le Brabant. Après

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sa mort, arrivée en 727, il fut enterré dans la basilique de saint Pierre, à Liège; mais en 744, il fut transféré dans un auTre endroit de Téglise, cérémonie à laquelle prit part le roi Carloman lui-même. L'auteur de l'ancienne Yie (1), fait aussi le récit de cette translation, qui avait eu lieu de son temps.

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