‹ Histoire générale de la littérature du moyen age en occident;Chapitre 140 sur 263 · Comme l'a démontré Waltenbach, vol. I, p · texte numérisé non relu

Comme l'a démontré Waltenbach, vol. I, p

3. Ces extraits sont si considérables qu'ils offrent une grande importance pour la critique du texte de ces poésies ; ils ne sont pas non plus sans

f22e^)-6.] CONTRA PERVERSAS C.T.Arnn SENTr.Nri\S 2l\\

S'il décèle on cela le grammairien, il ne le fait pas iiK.iiis dans les éloges pompeux qu'il décerne à Virgile et notamment à Priscien, lequel mérite, par l'éclat de son noble génie, d'rlre appelé le flambeau de l'éloquence romaine. Du reste, par rapport aux images, comme aux reliques, Dungalus no fait que représenter l'opinion conciliante de l'Église franque, qui, au lieu de l'adoration, n'admettait que la vénération (i).

L'autre adversaire de Claudius, Jonas (2), était le successeur de Théodulphe sur le siège archiépiscopal d'Orléans, (y était un Aquitain et un homme aussi distingué par son éducation littéraire que par son érudition théologique, et de plus entièrement dévoué à l'empereur Louis. Aussi joua-t-il un rôle important dans de grands synodes, dans celui de Paris, par exemple, en 825, où la question de l'adoration des images fut encore traitée par suite de la médiation de l'empereur Louis entre Byzance et le pape, médiation dont on l'avait prié, à Byzance, de vouloir bien se charger. Le synode resta fidèle aux précédents décrets de l'Église franque. Mais l'empereur députa Jonas auprès du pape (3), en même temps que .Jérémias, archevêque de Sens. C'est lui également qui fut l'ame du synode de Paris, tenu en 829 et dans lequel on s'occupa en détail de la réforme de l'Église et de l'État, comme c'est lui vraisemblablement qui en rédigea les actes, dont je parlerai encore plus loin. N'est-ce pas lui qui joua, en 835, au synode de Diedenhofen, un rôle si important qu'on lui confia la rédaction du protocole de la déposition d'Ebbon, archevêque de Reims? — Jonas mourut en 843.

valeur au point de vue de l'iiistoire de la littérature ; c'est ainsi que Dungalus attribue à Fortunat l'hymne Fange lingua, etc. Par rapport à saint Paulin, voy. vol. I, p. 324, rem 1.

1. Pour les deux poèmes peu importants, qui portent son nom, v. Dümmler. N. A., p. 255. C'est sans fondement qu'on lui en attribue d'autres, comme le fait encore Migne, p. 529, et, parmi eux, même une épitaphepanégyrique en son honneur, dans laquelle on le loue d'être le précepteur des enfants comme celui des vieillards.

2. Migne, Patrologia latina, tome 106 ; Bibliotheca maxima vet. j)ntvum, etc.|Leyde, 1677, t. XIV, p. 167 sq. {De ciiHu imng.) ; — D'Achery, Spicilegium, Nov. ed., tom. I, p. 258 sq. {histit. laie, et Instit. reg.)

3. Voy., pour de plus amples renseignements à ce sujet, Simson, I, p. 249 sq.

2o2 JONAS [226.]

C'est Louis le Débonnaire lui-même qui l'avait engagé à écrire ses trois livres^ De cultu imagiiiiim, contre Claudius, et cette démarche de la part du monarque s'explique facilement, si Ton considère le rôle que Jonas avait joué au synode de Paris, en 82o, et le choix qu'on avait fait de lui pour le députer à Rome. Il y avait pris avec lui un recueil de ces témoignages que le synode avait ordonné d'extraire de la Bible et des Pères en faveur de l'opinion conciliatrice deTEglise franque relativement au culte des images. Plus que tout autre, il était donc au courant de cette polémique religieuse. 11 n'avait pas encore terminé son ouvrage quand mourut Claudius ; aussi ne le poussa-t-il pas plus avant, dans l'espoir que les erreurs de Claudius disparaîtraient avec sa personne. Mais il s'était trompé, et Ton voit encore par là que Claudius ne manquait ni de disciples ni de partisans. Aussi termina-t-il l'ouvrage, mais seulement après la mort de Louis, et le dédia-t-il à son fils, Charles le Chauve. 11 ne le composa toutefois^ ainsi qu'il le dit dans la préface (1), qu'en se basant sur un extrait de l'Apologétique de Claudius que lui avait procurée l'empereur. Conformément au triple but visé par Claudius dans ses attaques, Jonas consacra le premier livre à la vénération des images, le deuxième à celle de la croix, et le troisième aux pèlerinages de Rome, et, comme corollaire, à la foi en l'intercession des Saints. Le début du livre premier donne, en même temps, une histoire succincte de Claudius et de son hérésie; mais il le fait d'une manière partiale et qui sent la polémique. L'ouvrage de Jonas, en effet, est rempli de ce zèle ecclésiastique qu'aiguillonnait encore le sentiment d'une offense personnelle. R voyait attaqué, en Théodomir, le clergé de la Gaule et de la Germanie en général, et, en cela même, pesait sur sa personne l'accusation d'idolâtrie. Et pourtant, l'Église

1. Jouas écrit à Charles le Chauve : << Sed quam pestiferum dogma et ab Ecclesiae auctoritate abhorrens in plebem sibi transfuderit commissara, itbellus quem ad Theodemirum, venerabilem abbatem, se charitate imperante corrigentem et a superstitiosa doctrina avertere volentem, scripsit, eundem legere et nosse volentibus patenter demonstret... Quem licet ego non legerim, nec viderim, quoddam tarnen ex eo excerptum, eodem genitore vestro (Ludovico) mittente, suscepi . »

[227.] DE CULÏU DIAGIXUM. DK INSTITUTIONE REGIA 2;)3

franque, comme lui-même, ne voulait avoir des images dans la maison de Dieu que comme ornement et comme souvenir • et ce n'est qu'en priant qu'on devait saluer la croix. Le langage violent de Claudius avec son sarcasme grotesquemeut exagéré avait provoqué une réponse tout aussi violente, et la satire mordante de Jonas ne le céda en rien à celle de son adversaire. Ici se montre la culture littéraire de Jouas qui déverse l'ironie même contre la latinité, contre le stylc% mordant^ il est vrai, mais incorrect de Claudius (1), dont iln'épargnt' pas même le nom (2). Il agrémente même sa satire de vers d'Ovide et de Virgile, en appliquant à son adversaire le portrait détaillé qu'il fait, d'après eux, d'un Silène ivre qui titube sur son âne et qui finit par être jeté par terre (3).

Nous avons de Jonas deux ouvrages didactiques qui sont tout un résultat de l'activité qu'il déploya dans les synodes : l'un^ comprenant trois livres, a pour titre : De mstitutione laicali\ il fut composé pour un certain Matfrid, lequel est très vraisemblablement le comte d'Orléans. L'autre, intitulé par l'éditeur : De institutione regia , fut écrit pour le roi d'Aquitaine, Pépin. Ce dernier est d'un bout à l'autre un emprunt fait aux actes du synode de Paris, de l'année 829; Jouas fait ici un extrait pour Pépin de ce qui était d'abord destiné là pour son père Louis (4). On y trouve, en dehors de la doctrine qui concerne spécialement le souverain, quelques préceptes généraux sur le christianisme. La composition de ce livre doit être

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