‹ Histoire générale de la littérature du moyen age en occident;Chapitre 169 sur 263 · POÈMES · texte numérisé non relu

POÈMES

bre de vers pleins d'élan, il témoigne aussi, chose rare à cette époque, de sentiments patriotiques.

Après ce poème, celui qui allache le, plus est un de ceux qui sont adressés à Modoin; il contraste d'une manièn; singulière avec deux autres, dans lesquels Florus fait l'éloge d«. l'évéque d'Autun, comme savant et comme poi'te chrétien, et où il le remercie des épîtres poétiques qu'il lui a iail i)ai venir. Dans Tun (1) de ces deux derniers poèmes, Florus met en parallèle la muse chrétienne et la muse païenne; l'eau du Jourdain et la fontaine de Gastalie; les palmes victorieuses du Christ, comme la branche d'olivier qui porte la paix, cl l.« laurier d'Apollon; le Parnasse et Sion, le Carmel, le Siuaï; il y parle aussi de Job, de David, de Salomon elles présente comme prototypes. Le poème nommé en premier lieu (2) contient, par contre, l'accusation la plus violente contre l'évêque que le poète estimait tant autrefois. Mais Florus ne parle pas ici seulement dans son intérêt particulier; il s'exprime encore comme l'avocat courroucé de l'Église de Lyon. Modoin, qui jouissait d'une grande considération auprès de Louis le Débonnaire, avait, probablement en qualité de missiis, obligé le bas clergé du diocèse de Lyon à comparaître devant le tribunal civil. Et pourtant Modoin avait été élevé dans l'Eglise de Lyon, qui était sa « mère nourricière » [nutricida!) (3). Le poète fait intervenir cette Église elle-même sous l'image d'une poule qui protège de ses ailes sa pieuse couvée; il lui fait défendre ses (( anciens droits » à une juridiction particulière contre Modoin qui, semblable à un oiseau de proie, les menace, elle et ses petits. Malgré l'attaque violente, exprimée souvent en termes énergiques, Florus veut bien espérer toutefois, en ter-

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