‹ Histoire générale de la littérature du moyen age en occident;Chapitre 168 sur 263 · Montes et colles, silvaeque et flumina, fontes · texte numérisé non relu

Montes et colles, silvaeque et flumina, fontes

Praeruptaeque rupes, pariler vallesque profondae, Francorum lugete genus: quod munerc Christi. Imperio celsuQi jacet ecce in pulvere mersum.

298 FLORus [270.]

ment du royaume est noirci par la fureur des passions ! Le poète montre ensuite comment l'Eglise et l'Etat tombent en ruine ; comment l'impiété et l'anarchie font des progrès, grâce aux guerres civiles en permanence ; comment le peuple souffre de ses pillages perpétuels, et comment la noblesse en désaccord se déchire elle-même. Déjà les mortels ne craignent plus ni rois, ni lois; ils se précipitent, les yeux fermés, vers lo chemin qui conduit à l'enfer.

Et maintenant, le revers de la médaille. Combien l'Empire était florissant autrefois, alors qu'il y avait encore un seul prince, et un seul peuple soumis à ce prince (1); lorsque la loi et la paix régnaient à l'intérieur, que l'Église, au moyen de conciles, de sermons et d'écoles, faisait sentir sa puissance moralisatrice, et que la force de l'Empire se manifestait à l'extérieur par la conquête et la conversion des païens ! Le peuple des Francs était alors célèbre dans le monde entier; la renommée de ses vertus pénétrait, à cette époque, jusqu'aux dernières extrémités de la terre. Les Barbares, les Grecs, le Latium lui-même lui députaient leurs ambassadeurs. Devant lui, reculaient le peuple de Romulus et la mère des Empires la célèbre Rome. La couronne de l'Empire du monde appartenait au prince des Francs. Mais maintenant, dans l'Empire divisé en trois, personne ne passe plus pour un Empereur complet (2) : Pro rege est reguhis, pro recjno fragmina regni! Yient ensuite une deuxième partie, de moindre valeur mais dans laquelle le poète révèle davantage le théologien : il rappelle ici d'abord de terribles phénomèmes dans le ciel, une éclipse de soleil et des comètes qui annoncèrent la guerre civile, et il pense que les prédictions des prophètes Ezéchiel et Amos s'accompliront de son temps^ maintenant que le Christ ne trouve plus une place où reposer sa tête. Le poème se termine par une prière à Dieu; il lui demande de faire que tout le mal du monde serve à purifier les hommes. Dans nom-

1. Floruit egregium claro diademate regnum: Princepsunus erat, populus quoque subdilus anus.

2. Et regnum unitum concidit sorte triformi; Induperator ibi prorsus jam nemo putatur.

Page 1