‹ Histoire générale de la littérature du moyen age en occident;Chapitre 171 sur 263 · FLORUS · texte numérisé non relu

FLORUS

minant, que Mocloin ne lui gardera pas rancune, vu que les blessures d'un saint amour valent toujours mieux qu'un baiser perfide. Ce poème, composé d'environ cent soixante vers, est écrit en distiques, de même que les deux autres qui sont adressés à Modoin.

En dehors de quelques poèmes épistolaires dans le même mètre, parmi lesquels celui qui est adressé à Wulfîn, grammairien d'Orléans et poète lui aussi, offre une forme attrayante (1), nous possédons encore de Florus bon nombre de poèmes religieux et de genres divers. D'abord deux poèmes sur les Évangiles, l'un, sur celui de saint Matthieu, l'autre, sur celui de saint Jean; l'auteur y expose brièvement le contenu de ces Evangiles, dans des hexamètres réunis en strophes de trois lignes ; c'est une forme particulière à Florus. A ces poèmes s'en rattache un autre plus long aussi en hexamètres, qui est composé comme « Epigramma, » c'est-à-dire, ici, comme préface poétique pour un livre d'homélies de l'année entière : Florus y passe en revue tous les jours de fêtes de l'Église et il en montre la raison d'être. On trouve de plus, parmi ces poèmes, des dithyrambes : l'un, inachevé, est consacré aux actions [gesta] du Christ^ et il se rattache par le mètre comme par le style, aux poèmes sur les Évangiles; un autre a également pour sujet Jésus-Christ, mais en tant que créateur et souverain maître de monde; écrit aussi en hexamètres (2), il renferme de bien jolis vers. Florus a encore composé des hymnes pour certaines fêtes déterminées de l'Église : citons une hymne en distiques, pour celle de l'ar-

1. Dans Fabricius, /. c, p. 733. La belle écriture de Wulfin y est aussi spirituellement vantée :

Annuus excurrit revolutis mensibus orbis,

Quod tua vox nostris auribus insonuit, Tarn nitidis chartis, tam claris culta Oguris. Ut spécimen cordis pagina pulchra daret. Dans le neuvième distique il faut manifestement lire veslrae au lieu de nostrae,

2. Non réunis en strophes, mais bien en coupures d'un plus ou moins grand nombre de vers, comme les tirades françaises, chaque coupure débute par les deux vers :

0 virtus aeterna Dei, quam machina mundi Suscipit auctorem, ciii servit terra polusque.

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