‹ Histoire générale de la littérature du moyen age en occident;Chapitre 175 sur 263 · Incipe nunc mecum, coelcstis gratia, carmen · texte numérisé non relu

Incipe nunc mecum, coelcstis gratia, carmen

Aeterni fontis, ciphri paschalis et horae. v. 53 sq.

Rapprochement du vers de Virgile [Ed. VIII, 21) :

Incipe Maenalios mecum, mea tibia, versus. De même que, dans Virgile, ce vers reparaît comme refrain à chaque alinéa, de même aussi les deux vers d'Audrade, à chaque alinéa du cantique :

304 Al.DRADE j27o-6.]

chante d'abord la création, la première défense, sa transgression, Téloignement d'Adam et d'Eve du paradis et de la som-ce de vie. Dieu rappelle l'homme à cette source, qui est entourée de sept palmiers au fruit impérissable. Il doit, à son retour, demander son pardon, la contrition dans l'àme, et s'etTorcer d'obtenir, par des vœux, des coupes pieuses de la source et par les fruits des palmiers, la délivrance des liens du péché. Mais l'homme suit à la source « mortelle »;!) le maître de la mort, et celui-ci fait faire des statues représentant sa propre personne, en même temps qu'il se fait adorer comme Dieu. Là- dessus. Dieu envoie ses prophètes à l'homme engagé dans l'idolâtrie : ils burent à la source, mais nul ne goûta le fruit des palmiers et ne put se défaire des liens du péché. Mais voilà que le fils de Dieu apparaît; comme il l'annonce, il est lui-même la source de vie; de lui et du Père procède le Saint-Esprit ; les palmiers le désignent, lui et ses dons multiples (2). Le démon, qui a entendu le discours de Jésus-Christ, se glorihe de sa puissance^ basée sur le péché originel; il appelle à son secours la Mort, son amie et sa compagne. La Mort lui dit de lever son étendard ; pour elle, elle se charge de séparer le corps du Christ de son àme ; après cela, c'est l'affaire du démon de s'en emparer. Mais l'étendard du Christ est victorieux; le fils de Dieu tue la mort et il prend l'enfer d'assaut. Au troisième jour, il s'élève des ombres en triomphateur. C'est ainsi qu'il a consacré la Pàque. Après cela, le poète explique le symbolisme des phases de la lune avant Pâques. La nouvelle lune est l'image de l'homme entièrement plongé dans

ici, les alinéas sont seulement plus longs. Toutefois il n'y est pas question de hora d'une manière spéciale.

(1) Sed mortis dominum letali fonte secutus

Excepit dignas tanto pro crimine poenas. v. 111 sq.

Et ensuite :

• Hortis ut agnovit revocari (hominem) carminé (Dei) victum. Fraude dolos acuit, fîgitque cacumine culmi Mortiferum pomum, nexit calamoque draconem, Extulit et virga signum, pomp colubroque Ante patrem prolemque suam...

2. Par rapporta VApocabjpse, c. IV, v. 5 : « Et septem lampades ardentes ante thronum, qui sunt septem Spiritus Bei. »

[276-7.1 PASSIO s. JULIAN! 305

les intérêts matériels; mais les deux semaiiK^s (|ui précèdent la pleine lune sioniiiont les temps qui précédèiviit la venue do Jésus-Christ: la première, l'époque antérieure à la loi; la deuxième, Tépoijuc de la loi. Après une courte récapitulation, le jeune homme termine son cantique par une exhoilalinii a Audrade, lequel achève lui-même son poème.

L'autre poème d'Audrade, qui n'a pas (encore été imi)rimé, forme un ouvrage volumineux. C'est la passion (h; saint Julien et de ses compagnons : Passio bcatoriim Juliani et sochtrinn ejus. Cet ouvrage com])rend environ onze cents vers (1). il renferme quatre livres, dont le premier, le plus couit, est en distiques; les trois autres sont en hexamètres. Ce Julien est le même qu'a déjà célébré Aldhelme (2) ; c'est en Orient, en Egypte ou en Syrie (à Alexandrie ou à Antioche) qu'il soullrit le martyre, sous Dioctétien et Maximien. Comme jour de sa mort, on donne le 8 ou le 6 janvier; c'est cette dernière date qu'adopte notre poète. De noble famille, Julien fut marié de bonne heure par ses parents à Dasilissa, jeune hlle de parents illustres. Mais tous deux convinrent de conserver la virginité. Après la mort de leurs parents, ils employèrent leur fortune, très considérable, à la fondation do monastères pour les hommes et pour les femmes, qui, d'après la légende, accoururent par milliers à leur appel. Comme les deux saints euxmêmes, ils furent tous martyrisés.

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