‹ Histoire générale de la littérature du moyen age en occident;Chapitre 174 sur 263 · J DE FONTE VITAE · texte numérisé non relu

J DE FONTE VITAE

pour un mensonge. Il en fui puni, d'après Tavis de l'auteur, par une invasion des Normands, qui arriva peu de temps après! Ce livre (c. 18) fait mention du plus remarquable des deux poèmes d'Audrade, poème qui est par conséquent antérieur au Liber revelationum. Le livre des révélations nous apprend qu'il a pour titre De fonte vitae ; il comprend quatre cent (juatre hexamètres. C'est à Hincmar qu'il est adressé : ce dernier, et d'autres aussi (par un poème, à ce qu'il semble), a convié le poète, son cher ami, à rechercher la source de vie qui lui a offert à lui-même une boisson réconfortante. Le poète acquiesce à cette invitation ; mais il ne peut pas pénétrer jusqu'à la source : le jour est déjà sur son déclin, et les larmes aux yeux, il prie le « Seigneur » de lui permettre d'étancher sa soif. Voilà qu'uue voix, celle « de la source de vie », lui répond : Nul mortel ne peut boire à la source sans avoir une coupe. Le poète décrit ici la grandeur et la forme de cette coupe, et le nombre sept joue dans cette description le rôle principal (1). C'est chez lui que le poète doit aller chercher cette coupe; et s'il n'en possède pas, il doit s'adresser à un jeune homme qui vient à la source et qui offre avec son eau des libations. C'est lui qui lui façonnera une coupe avec de l'argile (2); il lui expliquera aussi pourquoi la fête de Pâques tombe dans la pleine lune, après l'équinoxe du printemps, en sorte que trois fois sept jours forment la limite du jour de Pâques; il lui dira encore ce que signifient ce nombre et la lune. Le jeune homme prend le poète dans sa demeure, près de la source, et, le lendemain matin, il entonne un cantique u sur la source éternelle, le chiffre et l'heure » (3). Le jeune homme

1. Scilicet ut calamis septenis surgat ab imo, Erigat et summum distinguens ansa cacumen,

Ora quidem totidem colli de vertice flagrent. v. 42 sq.

2. Il y décrit en détail comment il doit procéder. Le « figulus » auquel il pense ici est bien le Christ, quoique ce jeune homme ne puisse être ici le Christ lui-même. Cf., sur cette figure, vol. I, p. 474 et 558.

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