‹ Histoire générale de la littérature du moyen age en occident;Chapitre 180 sur 263 · MILON · texte numérisé non relu

MILON

L'autre poème, que Mil on composa après avoir renoncé, depuis longtemps déjà, aux productions poétiques (1), est un ouvrage bien plus original et d'une nature didactique. Il est intitulé De sobrietate (2), et comprend deux livres, dont le premier a neuf cent quatre-vingt-deux, et, le deuxième, mille quatre-vingt-seize hexamètres; chacun d'eux est en outre divisé en un grand nombre de chapitres. L'ouvrage est précédé de deux dédicaces à Charles le Chauve : l'une en trente-huit hexamètres, est du poète lui-même; il y espère, d'après l'exemple des poètes de l'antiquité, recevoir du « roi » très illustre une récompense pour ses vers; l'autre, entrente distiques, est adressée à Y « empereur » (c'est dire qu'elle a été écrite après 873) par Hucbald qui, exécutant Tordre que lui a donné son oncle sur son lit de mort, fait tenir le poème à Charles.

Le poète commence son ouvrage en nous faisant connaître les circonstances extérieures qui lui ont donné lieu. Un jour qu'il était à l'église, il fut vivement saisi, pendant les vêpres, par le chant du psaume CXXXYI : Super flumina Babylonia ; l'expliquant alors en lui-même d'une manière allégorique, il voit, dans le peuple juif exilé de la Terre promise, l'humanité bannie du paradis et obligée, comme lui, de pleurer sa destinée. Il se résout donc à composer une complainte semblable, qui le rendrait meilleur, lui, et, avec lui, les autres (v. 32 sq.). Après avoir fait la description du temple de Salomon, objet des soupirs des Juifs, le poète continue son explication allégorique : pour lui, Xabuchodonosor, c'est Satan

Nous verrons, dans le volume suivant, comment un élève de Milon, Hucbald, poussa jusqu'à une extravagance ridicule ce jeu métrique.

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