Cf., par exemple l'élection de Sidoine, vol. I, p
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battre les Pélagiens, ainsi que le désiraient les catholiques: ce fut dans un de ces voyages qu'il procura la victoire aux Bretons en guerre avec les Pietés, la seule qu'ils pussent remporter contre eux (429) et qui fut cause de la popularité spéciale dont notre saint jouit constamment parmi les Bretons. Les Armoricains s'étant révoltés, Aétius envoya contre eux une armée d'Alains pour en tirer vengeance; mais Germain les détermina, par sa courageuse éloquence, à rebrousser chemin, et il s'achemina lui-même vers l'Italie afin d'obtenir de l'empereur, à Ravenne, l'amnistie de ce peuple. On lui fit un accueil des plus honorables, mais la mort vint le surprendre dans cette ville. Ses restes mortels furent transportés à Auxerre. Dans toutes ces expéditions, Germain donna des témoignages de sa puissance miraculeuse, en opérant surtout des guérisons.
C'est en prenant pour base cette vie, mais non sans s'y permettre quelques écarts (1), qu'Heiric composa son poème. Il le divisa en six livres : le premier va jusqu'à l'élection du saint à l'épiscopat; le deuxième est consacré à cette élection ainsi qu'à une esquisse du caractère de Germain; ses deux voyages en Angleterre forment le fond du troisième et du quatrième; dans le cinquième, l'auteur nous dit comment son héros prit à cœur les intérêts des Armoricains et entreprit, en leur faveur, le voyage d'Italie; le sixième enfin fait le récit de l'accueil qu'il reçut à Ravenne, de la mort (ju'il y trouva et de la translation de son corps à Auxene. Il se termine, comme épilogue, par une longue prière au Christ.
Chaque livre est précédé d'une préface, Pracfatio^ en vers; le premier même en a deux : une Invocatio et une Allocutio ad libriim; ces préfaces otïrent toutes des mètres très variés, lesquels sont en partie des combinaisons prosodiques tout à fait originales. L'auteur y fait preuve des connaissances profondes qu'il avait de l'art métrique des Latins et des Grecs, connaissances dont nous avons déjà dit un mot précédemment : ne va-t-il pas même jusqu'à donner la dénomination grecque
{. I^ar exemple ;I. I, c. 2, § 32; lorsque le prédécesseur de Germain, Amator, désire être martyrisé, tandis que le modèle (§ 3) dit tout le contraire.
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technique de la division de la strophe (1)? Kn ajoutant ces préfaces, notre auteurn'a fait apparemment que suivre Texeniplede Prudence, et l'une d'elles-mêmes se rattache directement à une de ce poète (2) ; la variété des mètres témoigne également de l'influence que Prudence eut sur lui. Un seul toutefois parmi ceux qu'a employés le poète espagnol se retrouve encore ici. L'invocation, en effet, est écrite en vers hendécasyllabiques phaleuces, tels que nous les trouvons dans Prudence (Cathemerinon IV et Peristephanon VI, réunis ici, il est vrai, au nombre de trois pour former une stroplie); mais il ne faut pas perdre de vue que l'Invocation est un éloge à hi sainte Trinité, et que le poème de Prudence nommé en premier lieu débute aussi par un éloge semblable, taudis que le deuxième a du moins de grands rapports avec le noml)re trois (3). A tout prendre et comparé à ses prédécesseurs chrétiens, à Boèce lui-même, et même d'une manière générale, Heiric se montre ici très original dans le choix des mètres el surtout des systèmes (4). Il n'est pas non plus sans avoir conscience de la valeur esthétique des mètres, quand il dit que la liaison des dactyles « légers » avec les spondées « moroses » est pleine de g-râce (5).
C'est même par leur contenu que ses poèmes-préfaces forment la partie la plus originale de l'ouvrage; nous y voyons, sous leurs rapports les plus divers, Térudition et l'éducation classique d'Heiric. C'est ainsi que certains passages d'un fond purement chrétien trahissent facilement le disciple d'Erigène,
1. Par exemple dans l'allocution: « A-.y.wACf) ûiarpoça) discursa, »
2. C'est la préface du 1. IV, où il est raconté, d'après saint Matthieu (c. 14), comment le Christ s'avance sur les eaux pour sauver ses disciples et Pierre surtout, que la tempête menace d'engloutir ; c'est de la même manière que le Sauveur doit secourir le poète. Ceci nous rappelle la préface duL. I. Contra Symmachum, où Prudence raconte un autre voyage de saint Pierre sur mer, d'après les Actes des apôtres (c. 27). Cf. vol. I, p. 298.