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temps à le livrer au public. Il ne le fit pas avaut 876, car, dans la dédicace qu'il en fait à Charles le Chauve et à huiucHe nous empruntons ces renseignements (1), il lui doriiic hi titre de Caesar. Celte dédicace d'Heiric a encore un intérêt particulier : l'auteur y donne, quoique d'une manière qui sent le pauégyrique, plusieurs renseignements importants sur les encoura^'-ements extraordinaires que son roi accordait aux lettres et notamment à la philosophie : nous les avons mis à prolit en temps et lieu (2). Si notre auteur y parle encore tout spécialement de l'émigration de philosophes irlandais dans la France de l'ouest, il nous donne par là une nouvelle preuve des relations étroites qui l'unissaient à eux.
Le fond de ce poème repose sur une Vie du Saint, écrite en prose et même, à tout prendre, en bonne prose; cette dernière avait été composée, dans la huitième décade du vo siècle, par Constantius, prêtre de Lyon et ami de Sidoine Apollinaire (3). Saint Germain vécut lui-même jusqu'à 448, de sorte que Constantius fut encore son contemporain. La Yie, comme celle de saint Amand, offre un grand intérêt, même au point de vue historique ; pour n'avoir pas été missionnaire, saint Germain n'en a pas eu une vie moins agitée. Germamis était originaire d'Auxerre, qualificatif qu'on ajoute à son nom pour le distinguer des autres saints, ses homonymes, et il descendait d'une famille illustre. Aussi embrassa-t-il d'abord la carrière politique et arriva-t-il à de hautes dignités : mais voilà que, ce qui n'était pas surprenant à cette époque, il fut élu évêque (4). Après avoir accepté son élection, Germain changea complètement son plan de vie et se livra à l'ascétisme, en sorte que la renommée de sa piété ne tarda pas à s'étendre très loin, ainsi que celle de ses miracles. Il fit ditierents voyages en pays lointains ; il alla, par exemple, deux fois en Angleterre, afin d'y com-
1. A l'exception de l'année de rachèvemenl de l'ouvrage, Heiric l'indique lui-même dans l'épilogue du poème où il donne son âge : trente-deux ans.