Cf. Uhtoire littémire de la France, t. V, p
2. On y trouve néanmoins une fois un jeu de rime qui mérite d'être cité: (( Dicam hune esse beatissimi Germani diem non fimcbrem, sed celebreiHy non liKjuhrem, sed salulrem. » Remarquons encore qu'une hymne trouvée par Barth dans deuxmss. à la suite de la vie de Saint Germain et publiée par lui dans ses Adversaria (1. XXXIV, c. 20,) a été attribuée à Heiric.
3. Comme Galatée invite à chanter, on pourrait croire aussi que le poème a vu le jour à Corvey; toutefois la découverte, à Corbie, de l'unique manuscrit, de même que l'éloge accordé à Corvey, parlent en faveur de la maisonmère. Le poème nous est parvenu, il est vrai^ dans un très mauvais état de conservation ; mais fùt-il en bon état, je ne l'en regarderais pas moins, avec les éditeurs et avec les auteurs de VHistoire littéraire, comme indigne de Radbert, auquel d'autres motifs nous empêchent, du reste, de l'attribuer. Le lien qui, dans le manuscrit, le rattache à la vie d'Adalhard est tout extérieur: c'est un très modeste Sequitur.
[293.] ECLOGA DUAKLM SANCTl.MüM ALILWI ;{2.'i
femmes, Eclo<ja diiamni saiicthnoiiialiiun (1), cii liexamiilres, qui se trouve dans un manuscrit de Corhic du .v" siècle, à la suite de la vie d'Adalhard, de Radbeit, poème funèbre cl cliaiit amébée à la gloire d'Adalbard, exécuté, comme Ir croil le poète, à l'occasion des funérailles de cet abbé, par la virilb« cl la jeune Gorbeia : la première, son épouse d'après l'ima-ic de Funion du Christ avec TEglise, est ici appelée Philis, à cause de son amour pour la charité; la seconde, sa iille, anom dalatea, à cause de la blancheur de son visage. Yoilà ce que nous apprennent quelques lignes d'introduction, en prose, (ialalée débute en conviant tous ceux des hommes qui sont sortis de l'enfance à s'unir à elle pour pleurer un père : c'est lui que doivent célébrer la langue vulgaire romane et la langue latine; bien plus, le Saxon lui-même doit faire entendre sa complainte (2). Aux obsèques d'Adalhard, les prêtres doivent chanter ses louanges, et, d'autre part, le peuple doit demander à Dieu d'avoir pitié de lui, de le recevoir en paradis. Philis répond : Qui resterait insensible en voyant unhonmie « élevé au dessus des étoiles » devenir poussièie et disparaître sous le marbre dur; en voyant le rejeton de la maison royale, rejeton dont les vertus retentissent d'un bout de l'univers à l'autre, devenir la proie des vers? Et, là-dessus, Philis invite à son tour les hommes, les jeunes filles et les jeunes gens, à gémir et à pleurer. Galatée prie ensuite « Gorbeia » son aînée, d'ensevelir le vieillard ; elle parle ici de sa fondation par ce défunt, cet homme qui bâtit un couvent là où l'on sacrifiait auparavant au démon. Mais Philis exalte la jeune Gorbeia à cause des brillants progrès qu'elle a déjà faits et dont elle a droit de se glorifier elle-même. Remarquons que le passage indique bien l'époque de la composition du poème (3). A ce dialogue viennent ensuite s'ajouter d'autres plaintes de la part de toutes deux,
1. Mabillon, Acta SS. ont. Beat. Sanec. IV, Pars 1, \k o2i S(i. ; Dümmler, lY. A., p. 303 sq.
2. Rustica concelebret roniana laliiiaque lini^nia, Saxo quin pnriter plangens pro carminé dicat.
Je lis « Quin )> avec Diez qui s'élend sur ce passa-c dans ses Allrmum. Sprachdenkmalm, Bonn, 1846, p. 78, reniarciue. Le inss. porte </ui.
3. Vu que la composition eut lieu, par conséquent, lon?,'Lemps iq)n'S la mort d'Adalhard et longtemps après que Kadbert eut écrit la vie de eeL abbé de Gorbie .
324 AGiLs [294.]
mais sans offrir rieu de bien intéressant. Elles désirent enfin toutes deux être réunies à leur cher « Senior Menalcas » dans les espaces de la bienheureuse éternité.
Dümmler a déjà démontré que ce poème, outre d'autres réminiscences (du poème de condoléance de Fortunat à Chilpéric et Frédégonde (1), par exemple) en contint également et surtout des églogues de Virgile^ comme on était en droit de le supposer de prime-abord; mais nous pouvons aller plus loin et faire remarquer que l'idée elle-même et la disposition de ce poème sont empruntés à la cinquième églogue de Virgile. Là, deux bergers, Ménalque et Mopsus, chantent Jules César élevé au rang des dieux sous. le nom de Daphnis : le premier pleure la mort du héros, le deuxième exalte son apothéose. C'est également ce qui a lieu, dans notre poème, par rapport à Adalhard, auquel on donne ici le nom de Ménalque (2).
Nous trouvons certains liens de parenté entre ce poème et une élégie, aussi en forme de dialogue, écrite à l'occasion de la mort d'une abbesse : la composition en remonte tout à fait à la fm de cette période, en 875, ou bien peu de temps après. Elle nous a été également conservée à la suite d'une Yie, en prose, de la sainte ; elle est écrite par le même auteur et à la même époque. C'est la Yie de Hathumode, Vita Hathumodae ^ écrite par son frère Agius (3). Ils étaient fils tous deux du célèbre comte Liudolf, aïeul des rois allemands de la dynastie saxonne (4). Ce comte ne se distingua pas seulement par ses qualités militaires et politiques, mais encore par sa piété dansTexercice de laquelle il rivalisait avec son épouse. Leurs enfants suivirent leur exemple : c'est ainsi que cinq filles et un fils se consacrèrent à la vie ascétique. Ce dernier doit apparemment son nom (prénom dès le début) aux idées sérieu-