Cf. vol. I, p
2. Le nom de Philis est pris lui-même à Virgile qui, au v. 10, parle dune- Phyllis. iNIais ce dernier paraît avoir été changé à dessein, afin de le mettre en harmonie avec çùsîv, car^ dans la courte préface, il est dit : Porro aüani propter amorcm caritatis PhilicUs nomine. Il faut donc conserver au texte Philis et ne pas le changer en Phyllis.
3. Dans les Monumenta Germaniaehlstor. éd. Pertz script., l. IV, p. 165 sq. (Prae/*.) ; Dümmler, T. A., p. 527.
4. Cf. sur lui Diimmler, Gesch. d. ostfraenk. Reichs, I, p. 349 sq.
[295.] VITA TIATTflMOnAi: .'{O.*;
sement rcligieusos qu'il manifesta do bonno honro; on l.im, était-ce un puer ohlatiis, auquel ou avait doniu' ce uom au baptême lui-m«^'me? Quoi qu'il en soit, il devint moine, vraisemblablement dans le couvent de Lamms[»iini^e. Sasienr llalbnmode, élevée dans le monastère de Herford on elle avait [)ris le voile, fut élue, encore très jeune, abbesse d'un monasli're récemment fondé parLiudolf et d'abord érigé par lui à Hrnnshausen, mais transporté bientôt après à Gandersheini. C'esl là que Hathumode mourut d'une épidémie, en 874, dans sa trente-quatrième année (1). Agius, qui la chérissait parlirulièrement, était accouru près de son lit de souffrances et avait assisté à ses derniers moments. C'est comme souvenir de ses mérites et comme remerciement pour elle et pour le couvent qu'il composa cette Yie, afm de tracer à l'usage dos religieuses un portrait de la défunte qu'elles regrettaient tant.
Cette biographie est des plus simples, et il ne saurait guère en être autrement, puisqu'il s'agit d'une jeune fille entrée au couvent dès sa plus tendre jeunesse; mais, dans chaque trait du récit, se reflète l'amour sincère et tendre d'un frère, et cet amour donne au style un charme individuel. Agius y parle d'abord de la naissance illustre de sa sœur, soit du côté du père, soit du côté de la mère; Hathumode fut « le fruit le plus doux de bons arbres issus d'une bonne semence. » Elle n'était encore qu'une enfant, et déjà elle méprisait la parure et les bijoux; par contre, elle apprenait avec d'autant plus de zèle et de son propre mouvement. Son séjour à Herford fut le temps le plus heureux de sa vie. Abbesse^ elle agit tout autant par son exemple que par ses leçons : car a elle faisait ellemême ce qu'elle enseignait, et ce qu'elle enseignait, elle le faisait» (c. 7). L'auteur s'étend en détail sur sa maladie, qui devint d'autant plus dangereuse qu'elle soigna avec plus de
1. Il est dit clans l'Elégie (v. 350 sq.) qullathumodo avoiL le même à^e que le Christ :
Annorum siquidem triginta trium memoratur Quem simul annorum ipsa tulit numerum.
Dans la Vie, au contraire, il est dit (c. 29) : « Omnes anni vitae ejus fuerunt triginta quatuor. » Ici est comprise assurément l'année commencée et non achevée.
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zèle, aussi] longtemps qu'elle put se tenir debout, les religieuses frappées avant elle; il parle des songes et des visions qu'elle avait, dans ses accès de fièvre, des soins délicats que lui prodiguèrent sa mère et ses sœurs selon la nature, et enfin de sa mort pieuse. Dans ce récit, on trouve maints tableaux auxquels l'amour que montre l'auteur pour approfondir les détails, imprime beaucoup de charme (1).
C'est également cet amour sincère pour sa sœur qui donne le ton à l'élégie, dont le fond principal repose sur un dialogue que le poète, peu de temps après la mort de la sainte, eut avec les religieuses qu'il voulait consoler. Celles-ci désirèrent la reproduction écrite de ce dialogue. Voilà donc pourquoi cette élégie est composée sous forme de dialogue. Agius invite les religieuses, dès le début, à ne pas s'abandonner outre mesure à la douleur, quelque justifiée qu'elle soit. Elles répliquent que cette douleur ne fait que répondre aux mérites de la bienheureuse, avec qui elles ne formaient qu'un cœur et qu'une âme. Agius ne nie point la justesse de leurs plaintes : mais combien plus n'a-t-il pas perdu lui-même I... Il exprime ici leur amour fraternel en des termes bien beaux de simplicité et de vérité : Hathumode partageait avec lui et la joie et les chagrins; avec elle il pouvait parler comme avec lui-même, La pensée seule de la savoir dans une vie meilleure est capable de lui offrir quelques consolations. Malgré cela, répondent les religieuses, elles ne peuvent sécher leurs larmes, parce que leur cœur soupire ardemment après celle que les yeux du corps ne peuvent plus voir. Agius objecte à cela que leurs plaintes afQigent Hathumode elle-même. Le dialogue, qui offre isolément maints beaux passages où abondent de tendres sentiments (2), continue sur ce ton jusqu'à ce qu'enfin (v. 467)