ÉLÉGIES
les sœurs sèchent leurs larmes, en voyant qu ellr no font que pleurer sur elles-mêmes, tandis qu'elles doivent plutôt s«' réjouir h la pensée que la bienheureuse a déjà alteiiil Ir j.di (. Elles célèbrent son enviable destinée. Elles prient Halhuinode de vouloir du moins les visiter en son^c. Ensuit«' elles .se recommandent à son frère, espérant bien qu'il continuera de les aimer et de les instruire. Agius accepte (1), et conlinuc son récit au moyen de la transition suivante : les religieuses avaient fait remarquer (v. 493) qu'IIathumode peut maintenant intercéder pour les membres défunts de la famille, pour le père notamment, vu qu'on ne connaît par leur sort : à quoi Agius répond qu'elles n'ont pas besoin d'être inquiètes à cet égard ; il parle des actions de piété et des sentiments religieux du père, actions qui ont effacé les taches éventuelles de sa vie passée au milieu du monde. Mais il trouve des termes pleins d'enthousiasme pour célébrer cette vie elle-même (2). Quant à sa sœurbien-aimée, il ne Foubliera jamais; son image chérie ne se séparera jamais de son cœur, ni dans la veille, ni dans le sommeil. Dès qu'il ferme les yeux, elle est là devant lui. Aussi, lui est-elle apparue en songe, sept jours après les funérailles, et a-t-elle laissé deviner qu'elle désire voir lui succéder Gerberge, sa sœur et son élève. Ensuite il félicite cette dernière en qualité d'abbesse, fait son éloge et exhorte les religieuses à lui obéir.
Ainsi se termine ce poème qui comprend trois cent cinquante-neuf distiques. Il apparaît comme un produit intime de l'âme allemande et comme l'expression fidèle et cordiale delà vie de famille de ce peuple. A ce charme d'un sentiment plein de chaleur viennent s'ajouter un style facile et aisé, et un vers coulant, qui ne sont nullement des exercices d'élève,