‹ Histoire générale de la littérature du moyen age en occident;Chapitre 194 sur 263 · Voy. 617 sq · texte numérisé non relu

Voy. 617 sq

Summus erat, quia nempe sui generis simul omnes. Vicit virtute, vicit honore quoque.

328 ILDÉRICrS. BERTHARirS [298.]

mais bien plutôt, malgré certaines incorrections, l'œuvre d'un homme doué d'une culture intellectuelle. C'est ainsi que ce poème montre un caractère individuel, joint à un coloris national (1).

Xous retrouvons encore la même forme poétique, celle d'un chant amébée, dans le poème d'un Italien, qui nous a été conservé dans la chronique de Salerne. Cet Italien était un savant de Bénévent ; il vivait à l'époque de l'empereur Louis II (843-875), et se nommait Ilderi(:us(2); la chronique elle-même dit que c'était le plus remarquable des Sages de cette ville, un homme non seulement très instruit dans les sciences libérales, mais d'une grande probité, en sorte que la tradition rapporte qu'il fut favorisé d'un miracle (3).

Ce poème, insignifiant dans son exécution, est un chant de louanges alternatif entre les anges et le poète; il est composé en l'honneur de Dieu le Fils qu'on invoque à la fin, en le priant d'être miséricordieux pour les hommes, de les protéger contre le démon et de les conduire au ciel. Il comprend vingtdeux distiques.

Un autre poème, en distiques, et aussi d'un Italien, appartient bien encore à cette période. Il a pour auteur Ber- THARius (4), abbé du Mont-Cassin (856-883), dont on vante spécialement la culture intellectuelle. Ecrit en l'honneur de saint Benoît, ce poème énumère rapidement, en prenant pour base l'ouvrage de saint Grégoire, les miracles du saint; toutefois la narration est un peu plus détaillée qu'elle ne l'est dans les distiques réciproques de Paul Diacre (o), et, par suite, elle est déjà intelligible par elle-même. L'auteur n'a pas mis à profit le poème de Paul Diacre. Berthaire y a aussi ajouté trois

1. Il est remarquable de voir que ce poète a mis à profit, lui aussi, comme l'auteur de l'églogue précédente, le poème de condoléance de Fortunat à Chilpéric (cf. surtout v. 237, et Fort., v. 19, et v. 292 et Fort. v. 34), ainsi que l'a prouvé Dümmler (p. 527.)

2. Chronicon Salcmitanum c. 122. Dans Monum. German. histor., éd. Pertz, scrip., t. III, -1839, p. 534; — Dümmler, N. A., p. 527.

3. Dümmler suppose avec raison qu'il est l'auteur d'une grammaire citée par Keil, De grammaticis latinis, p. 23.

4. DansP/a quaedam iwemataed. Prosper Martineng lus, Rome, 1590; — Mabillon, Acta S. S. ord. Bencd., t. I, p. 29 sq. ; — Dümmler, lA^ A., p. 539.

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