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ALVARE

Les chrétiens passés à l'islamisme ont exercé sur le développement postérieur du caractère national espagnol une influence moins grande que les Juifs convertis au christianisme : les premiers devaient, en effet, disparaître parmi la population mauresque; dans les derniers, au contraire, l'élément populaire oriental pouvait très bien se conserver sous la domination de la nation arabe, leur alliée par le sang, même malgré le christianisme qu'ils professaient sincèrement, et vu surtout qu'ils restèrent toujours en rapport avec la culture arabe.

iS^otre auteur a écrit encore un autre opuscule dans un style semblable, avec les couleurs orientales de F Ancien Testament, mais sur un ton plus reposé : c'est sa confession, confessio^ œuvre qui nous rappelle un opuscule semblable attribué à saint Isidore et qu'Alvare a pris pour modèle (1). Cette confession, un peu verbeuse, témoigne cependant, chez l'auteur (et d'une manière éloquente) d'une vie affective profonde.

Outre ces écrits d'Alvare et sa biographie d'Euloge, nous possédons encore de lui toute une série de Lettres en prose; elles sont adressées soit à son beau-frère, Jean de Séville, laïque comme lui, soit à son maître Speraindeo, soit enfin au prêtre Bodo qui, après avoir été élevé à la cour franque, avait passé au judaïsme; elles traitent des questions dogmatiques, notamment sur la Sainte Trinité et la Ghristologie, et se trouvent par là en dehors du cercle de notre étude.

Il nous reste enfin des fruits des études métriques d'Alvare, dans bon nombre de poèmes, où notre auteur fait ressortir, vraisemblablement avec une certaine fierté^ le caractère métrique, c'est-à-dire quantitatif, de ses vers (2). Mais les vers en sont grandement défectueux; ils pèchent surtout contre la quantité elle-même, et d'une manière qui dépasse les limites des libertés depuis longtemps admises dans la

1. Ce dernier a pour titre : Oratio pro correptionc vitae Jlenda scnlpev peccata. Appendix XVIII de l'édition d'Arévalo, t. VII, p. 358 sq. (Cf. vol. 1, p. 621, rem. 2).

2. Par exemple dans le VII, v. 4 (dans Fiorez), p. 280 mMeirice sed eece reboat (Alvarus).))Voy. également, VIII, 7. c, p. 286 luAlvarus haec metrice longa per saecla reboat. »Cl', aussi, /. c, III, v. 15, et l'hymne en l'honneur d'Euloge, str. 2, v. 4.

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poésie chrélionne(l),(lonir'mofniocnnlro la règle do l'élision. Ces poèmes sont, on parlio, d'uno nature enlièromont profane, comme par exemple celui qui chante, en disli(pirs, 1.' n.ssi- §nol et qui se rattache à un poème allrii)ué à Eugi-ne dr Tolède (2); un autre, en hexamètres, célèhro le paon; mais ce sont ceux-là précisément qui apparaissent comme dos essais d'élève, et qui sont olahorés, pour ainsi diiv, d'après des modèles; nous trouvons, dans le premier, des expressions, des tournures, des parties de vers même tout enlièn.'s, enipruntées lï son modèle. Dans les poèmes religieux morne (|iii sont tous, à une exception près, écrits en hexamètres, nous voyons encore le travail d'un écolier : le pou d'hahiloté de l'auteur se manifeste dans la répétition des mémos pensées, des mêmes scènes et des mêmes expressicms (3). Quant au fond, nous trouvons un long poème sur une Bihlo avec illustrations que fit composer un certain Leovegil (vraisemhlahlement un prêtre qui composa alors un livre intitulé De hahitn clericoriim) (4) ; de plus, des vers en l'honneur de la croix ; d'autres enfin à la louange de saint Jérôme. Les vers qui se rapportent à une maladie g-rave de l'auteur, la dernière peut-être, sont plus intéressants précisément à cause de ces détails qui nous aident à compléter sa biographie (o). Alvare s'est même essayé dans la poésie lyrique ; il a laissé une hymne composée pour le jour de la fête de saint Euloge, en petits vers asclépiades, à strophes de quatre lignes : il y célèbre notamment le martyre de son ami, élevé au rang des saints ; mais la langue et le mètre ne valent pas mieux ici que dans ses autres poèmes (6).

1. Il est intéressant de remarquer comment rinfluence de l'accent tonique s'y fait sentir d'une manière tout à fait conforme à l'accent particulier des Espagnols ; on y trouve : vuirrânt pour v!'nemnlw\ absolument l'espa^'nol venéran.

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