‹ Histoire générale de la littérature du moyen age en occident;Chapitre 249 sur 263 · Schœll, p · texte numérisé non relu

Schœll, p

3. Le plus ancien est de la fin du xii«: siècle; quelques mss. ne donnent que le deuxième prologue.

424 NENNius [387-8.]

log'ues n'est lui-même qu'un extrait du premier. Nennius, un ecclésiastique, disciple de saint Elbod qui mourut, en 809, évêque de Yenedotia, dans le pays de Galles, se nomme, dans ces prologues, comme Fauteur de l'ouvrage. Dans un langage redondant et fleuri, particulier à sa nation, il réclame humblement l'indulgence du lecteur pour son style et il nous fait connaître en même temps, avec les sources oii il a puisé son histoire, le motif qui l'a déterminé à la composer. Ces prologues simulés sont loin, sans doute, de confirmer, en faveur de Nennius, l'authenticité de ce livre. Dans d'autres manuscrits en effet, cet ouvrage est attribué à d'autres auteurs, notamment à Gildas (1), ancien historien des Bretons; mais il est vrai de dire néanmoins que les données des sources et du motif de la composition renferment des détails vrais et réussis : l'auteur du premier prologue avait évidemment étudié à fond l'ouvrage tout entier. Il fait dire, dans le prologue, à l'auteur de l'ouvrage, lequel était à n'en pas douter du pays de Galles, que le motif qui Ta poussé à écrire cette histoire n'est qu'une « blessure intime du cœur » ; c'est le désir de voir « tirer de l'oubli et revenir en bonne odeur le nom si célèbre autrefois et si distingué de son peuple » (2). C'est par conséquent le même motif patriotique qui avait déterminé un autre auteur du moyen âge, encore plus célèbre et également du pays de Galles, Gottfried de Monmouth, à écrire l'histoire de son peuple : ce dernier même, afin d'attribuer à son peuple une apparence de grandeur universelle, n'avait pas craint de donner à son ouvrage, aux dépens de toute vérité historique, une forme entièrement fantastique.

Cet ouvrage, tel qu'il est^ débute par une courte chronologie générale, d'après les âges du monde: elle contient maints détails originaux ; mais elle ne faisait pas primitivement partie de l'ouvrage (3). Tient ensuite une courte description (§ 7)

Page 1