CHAPITRE VINGT-CINQUIÈME GÉOGRAPHIE : DICUIL. BERNARD
En terminant il me reste encore à dire, sous forme d'appendice à Thistoriographie, quelques mots de deux écrits géographiques de cette époque. Le plus ancien est le livre : Bemensura or bù terrae, composé par l'Irlandais Dicuil (2), enran82o, ainsi que l'auteur le dit à la fin (3). Autant que l'on en peut juger, Dicuil l'écrivit dans une âge avancé (4). Après avoir reçu son éducation dans sa patrie, il émigra, lui aussi, dans
chapitre, clans : Monum. Germon, histor., Scri-pt., II, p, 327 sq. ; — V., sur les manuscrits, Hsenel dans les Berichten d. K. sœchs, Ges. d. Wm.,1865, p. 1 sq., notamment p. 12.
i. V., là-dessus, Vol. I, p. 642.
2. Dicuili liber de mensura orbis terrae a G. Parthey recognitus. Berlin, 1870 (Praef.); — Letronne, Recherches géographiques et critiques sur le livre De mensura orbis terrae comp, par Dicuil, suivies du texte restitué. Paris, 1814: — Diimmler, N. A., p. 255 sq.
3. Ce livre a été composé après Charlemagne, c'est ce qui ressort déjà d'un passage du c. 7, § 35, passage digne d'être cité même sous d'autres rapports : « Sed idem Julius (Solinus) nuntiando de Germania insulisque ejus unum de elephantibus numquam jacere, dum iile sicut bos certissime jacet, ut populi communiter regni Francorum elephantem in tempore imperatoris Karoli viderunt. Sed forsitan ideo hoc de elephante ficte aestimando scriptum est, eo quod genua et suffragines sui, nisi quando jacet, non palam apparent. » Il résulte manifestement de ce passage, à mon avis, que Dicuil séjournait en France déjà au temps de Charlemagne, du moins après 802, alors que l'éléphant y arriva, car il parle évidemment de visu.