‹ Histoire générale de la littérature du moyen age en occident;Chapitre 37 sur 263 · POÉSIE EPIQUE : HIBERNICUS EXUL, ANGILBERT · texte numérisé non relu

POÉSIE EPIQUE : HIBERNICUS EXUL, ANGILBERT

Tandis que Cliailemagne. à l'aide de la culture grammaticale et esthétique qu'il avait lui-même implantée à sa cour, mettait au jour une poésie lyriciue profane et de cour, qui servait surtout à charmer ses loisirs, ses exploits réveillaient, d'autre part, dans ses contemporains eux-mêmes comme du reste dans son propre entourage, l'esprit épique endormi depuis longtemps dans la poésie artistique, sur le continent du moins. C'est ainsi .juil nous reste des fragments de deux

1. On attribue encore à Faul (d'abord au xu" siècle) Ihymme célèbre, en strophes saphiques, sur sainlJean-Bapliste. C'est cette hymme, dont les syllabes initial.'s des six demi-vers de la première strophe, ut, ré, mi, fa, soi, la, fournit à Gui d'Arezzo le nom de ses notes. V. cette hymme dans Daniel, Thrsaur. hymnolorj., I. p. 208, et Dahn, '.p. c. p. 98. On lui a attribué d.» plus, en ces derniers ternies, soixante-deux hexamètres (dans Meurisse, lUst. de Metz\ qui continuent une liste des évêques de Metz jusqu'à Ançilram, lequel u paissait encore le troupeau » du temps de 1 auteur. L'auteur de ces vers assaisonne cette sèche chronologie en jouant sur l étymologie des noms, par exemple : « Sambatus octavus bene mystica .-abbata sen-at. » Le poème, dont le manuscrit remontait au temps de Charleraagne, est composé très problablement d'après l'écrit de Paul, mais n est sûrement pas de lui. On pourrait lui attribuer la paternité de l'hymme sur saint Jean-Baptiste.

[57. j CARMEN DE CAKULÜ MAGNO HT

poèmes, en hexamèlres, le.S(juels céli'hieiil Jes exploits de Charleniagiie, en suivant directement la marche des événements. Le premier en date est l'œuvre d'un certain llt/jernicus exal (nom donjié à l'auteur dans Tinscription du poème luimême) (I), un de ces savants Irlandais par conséquent (pii, depuis l'époque de saint Columhan, émii^ raient vers le continent, pour y trouver un champ plus vaste à leur ac'tivité de missionnaires de la foi d'abord et de missionnaires de la science en second lieu, (let « Irlandais émi«^ré » a (dianlé la victoire non sanglante de Charles, en 787, sur Tassik» de Bavière qui avait fait défection, et il olTril ce poème au monarque comme riiommai^e d'un vassal, selon toute apparence, au printemps de l'année suivante. Le poète n'aurait pas osé plus tard, en etlet^ dans un poème dédié à Charles lui-même, excuser le duc de Bavière qui fut dépossédé déjà à la lin de juin 788.

Le poème débute par un dialogue entre le poète et la Muse; celle-ci le rassure sur la valeur de ses dons à elle, com})arés à l'argent et à l'or, aux perles, aux habits de pourpre, aux coursiers fougueux, dont les grands font hommage au roi. « C'est par les dons des muses que brillent les belles actions des anciens rois, et que celles des rois actuels passent aux siècles futurs; bien plus, ce sont les muses qui célèbrent même la gloire du créateur du monde. » Le poète aborde ensuite son sujet par cette question : « Quelle peste s'est donc abattue sur le serviteur fidèle en toutes choses, pour avoir mérité le regard sombre de son seigneur et maître? » C'est le poison de Satan qui sème partout la discorde. C'est lui qui est cause de. la violation de la paix : il a répandu le bruit de la défection de Tassilo. Charles ne voulait pas y croire ; mais ce bruit grandissait de jour enjouret il dut bien, lui, le plus juste des héros, prêter enfin l'oreille à la rumeur publique. Il réunit une armée qu'il fait embarquer sur le Rhin; il harangue les grands seigneurs : « 0 race royale, dit-il, race issue des mu-

1. ^^ Hiberriici exulis versus ad .CarulLim ùrperaturein. » Dans Maï, Classiaimm auctorum e Vaiicanis coda, cditorum Tonius V, p. i05 sq., et Podae lut., I,p. 396 sq.

^y HIRKKXKIS EXLL, ANÜILBKRT [oö.]

railles de Troie la grande, car l'arbitre du monde conduisit „os pères sur ces rivages, leur donna ces campagnes et soumit les peuples aux lois équitables des Francs (1)... mais lu^cemment un ennemi s'est élevé dans nos campagnes, peut-être e dra-on ialoux l'avait-il... » Ici se termine, au milieu de la harausîue, le principal fragment (quatre-vingt-treize hexanii-tre;) ; il nv a plus que dix vers de la lin, où le poète parle de la réconciliat'iouet du nouveau serment de fidélité que le duc

fait au roi. . . ,

Le style de ce poème est plein d'élévation et sans emphase; les vers sont fortement charpentés. Nous trouvons encore, dans le même manuscrit, quelques autres poèmes du même auteur; ils sont adressés, eux aussi, à Charles, mais à Charles en tant' qu'empereur ; c'est encore, en partie, un cadeau ou un souhait do honne année. L'un d'eux, également en hexamètres (n° 2, dansMaï), estremarquahle par la manière dont l'auteur exalte le principe monarchique : de même qu'il n'y a qu'un Dieu au ciel, ainsi ne doit-il y avoir qu'un maître sur la terre, et qu'une seule foi. Ce poème est accompagné de deux distiques adressés à Gundrade, femme lettrée et cousine de Charles, laquelle, selon toute apparence, était en relation avec le poète. Le dernier de ces poèmes est extrêmement remarquable au point de vue du mètre, ainsi que je le montrerai plus lom en détail (2) : il est composé en longues Ugnes trochaïques jvthmiqucs et rimées.

L'autre fragment épique (3) est encore bleu plus significatif

1. 0 gens regalis proiecta a moenibus alLls Trojae, nam patres nosiros his appulit oris, Tradidit atque illis lios agrosarbiter orbis, Subcliclit et populos I^rancorum legibus aequis...

C'est là assurément la première mention de la légende de Troie, dans la j)oésie, jtar rapport aux Francs. Cf. vol. I, p. 641 et 644.

2. Dans le livre suivant, quand j'étudierai les vers rythmiques en général.

3. llrlprrici sire,ut (diiarhitrantu)', Angilberti Cm'olus mag ans et Leo IlL Kmnid. Orellius.. Zürich, 1832, dans Monumenta German. historica scrip., t. II, et dans le Pociae Int., I, p. 366 sq. ; — Simson, Ueber das Gedicht von drr YAisdmmcnhmft Karls des Gr» und Papst Leo IIL in Paderborn, dans Forschwiijin zur deutschen Geschichte, \o\. XII, p. 567 sq.; — Manitius. das Epos« Karolus mngnus et Leo papa, » dans les iVewe?iA)'cÄiv, etc. VIII, p. il sq.

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cl bien plus inlérossant; c'est, paraît-il, lo tioisicme livre d'un pocmc plus considérable, dont le Iiéros est (Iharlemagnei Dès le début, le poète se compare, eneiïet, ta un pilote qui lève l'ancre pour continuer la traversée, après avoir déjà résisté à deux tem[)èles : cette figure est empruntée à la poésie épique de saint Fortunat en l'honneur de saint Martin, et elle revient au commencement des quatre livres; saint Fortunat suivait l'exemple de Paulin de Périgueux(l) qui avait chanté, lui aussi, la gloire du même saint. De mèm<' que saint Fortunat, se basant assurément sur cette fig-ure, appelle son héros le phare gaulois, ainsi notre poète dit de Charles qu'il est le phare de r Europe. Notre auteur n'a pas cependant imité cette poésie chrétienne elle seule, à laquelle il emprunte maintes particularités dans ses peintures poétiques etmaintsarlificesd'expression; mais il a imité aussi la poésie classique de Virgile. Le héros de ce dernier, Enée, a été le premier fondateur de l'empire romain; à ce héros correspond Charlemagne, le rénovaleur de ce même empire, Charlemagne qui a bàli Aix-la- Ghapello, « la deuxième Rome. »

Voici le contenu de ce chant. A la suite des vers qui servent d'introduction, vient un long panégyrique, composé dans le style de saint Fortunat, en l'honneur de Charlemagne; ce panégyrique se rattache à la comparaison du phare, laquelle nous conduit elle-même à une comparaison « de David » (c'està-dire du roi) avec le soleil : sa clarté surpasse celle du soleil, en ce qu'elle n'est jamais enveloppée de nuages. Le poète exalte surtout le caractère de Charles et sa culture intellectuelle si vaste. Après cela, il fait un tableau d'une grande liberté poétique (2) : s'appuyant sur Virgile qui nous faille récit de la construction des murailles de Carlhage, il nous montre comment s'élève, sous la direction de Charles, « la deuxième Rome, » la « Rome de l'avenir. » A celle peinture s'en ratla-

\. Voy. vol. I, p. 573.

2. Ainsi il dépeint en lui-même la future capitale du monde. Le critique du poète, Simson, ne lui accorde pas, il est vrai, cette liberté poétique et il lui reproche même d'avoir mis à profit le a conte de vieille » relatif à la mutilation et à la guérison miraculeuse du pape. Mais Simson oublie précisément qu'il critique un poème et non un ouvrage d'annales.

^„ HTRKKMirS KXTL. ANfiTLBERT [60.]

clio iino aulro bien belle et qui a la fraîcheur d une idylle : c'est crHc du bois et du parc d'Aix-la-Chapelle, où Charles se livre aux plaisirs de la chasse. Avec les plus vives couleurs, le poète nous fait assister à une de ces chasses qui commencent à l'aurore, et, à cette occasion, il nous présente la famille de l'empereur, car épouse, fils et filles prennent part à cette partie de plaisir. Avec un éclat et une grande mag nificence dVxpression, l'auteur nous peint Textérieur de toute la famille impériale, son costume superbe; comme elle domine, à cheval, toute ha suite du cortège I Mais il n'a fait le portrait du caractère que pour deux de ses membres, pour Pépin, ce guerrier belliqueux (v. 200 sq.), et pour Berthe, femme d'un courage viril, vinli anhno^ semblable à son père, soit par le caractère, soit par les dehors (v. 220 sq.). Les cavaliers entourent la forêt; les chiens lèvent un sanglier. Charles lui-même l'abat. Ainsi commence la chasse; dès qu'elle est terminée, les grands se partagent b' butin et, sous les tentes, à l'onlbre des arbres du parc, on prend un repas où règne une franche gaieté.

La nuit suivante, Charles a un rêve : le pape (saint Léon) lui apparaît tout plaintif; il est couvert de terribles blessures; ses yeux sont tachés de sang : on lui a coupé la langue. Aussitôt, Charles envoie des messagers à Rome pour savoir la vérité, tandis que lui-même il marche sur les Saxons, pour châtier ce p«*uple rebelle. Arrivés à Rome, les messagers apprennent la vérité de l'attentat; c/est une œuvre de Satan (1), et le poète en donne ici une description détaillée (v, 344 sq.), comme aussi de la puérison merveilleuse, telle que la légende l'inventa ^ni-lr-elumip. Déjà le pape s'est enfui à Spolète;ily mande les messagers, les conjure de l'accompagner auprès de Charles ; c'ost lui (|ui jugera sa cause, le vengera elle ramènera à Rome. Les amliassadeurs accompagnent le pape; son voyage n'est (pi'un«' course triomphale, car le peuple accourt en masse sur son passage pour voir et célébrer le miracle i< des nouveaux yeux et de la nouvelle langue. » Sur ces entrefaites, Charles, avec son armée bien équipée et qui fait résonner la terre sous

1. Ceci nous rapppll<> lo ponnip rpique rl'Hibernicus exul. Vov ,plns haut p. C)?. ^^^ ■

[60-01.] CARMEN DK CAHOLO MACNO 71

SOS cuirasses, est arrivé jusqu'à Paderborn. Infoinié de l'approche du pape, il envoie Pépin au-devant de lui. II se met ensuite en marche hii-même avec toute son année pour h; recevoir; trois fois il se prosterne, afin de recevoir trois fois la bénédiction du pontife. Le roi, u le père de l'Europe, » et « le pasteur h^ plus élevé en dif>iiité sur toute la tcîrre » s'embrassent avec ellusion. Ils vont ensemble à l'église, où le pape célèbre le saint sacrifice. De là, ils se rendent au palais pour dîner; après le dîner, saint Léon reçoit de riches présents. Le roi se retir(^ ensuite dans ses appartements et le pape au milieu de son cortège. Et le chant se termine par les paroles suivantes : « C'est avec de tels honneurs que Charles reçut le pape Léon, lui qui s'était enfui, chassé par les Romains, et qui avait été expulsé de son propre territoire. »

Le chant reçoit par là une conclusion satisfaisante; mais il est bien difficile qu'il en soit ainsi de l'ouvrage complet : on serait plutôt tenté de croire qu'il a dû y avoir un quatrième livre — le poème de saint Fortunat n'en comprend-il pas luimême quatre? — dans lequel le poète faisait le récit de la réintégration du pape dans ses Etats, du jugement qu'il avait désiré obtenir de Charles (voy. plus haut), et du couronnement de ce dernier comme empereur, couronnement qui se rattache à tout ce qui précède. Dans ce cas, le poème serait bien un chant de gloire en l'honneur du nouvel empire ; la fondation de la nouvelle Rome, telle qu'elle est racontée dans le chant conservé, serait en parfaite harmonie avec le sujet du poème. Dans ce cas, toutefois, ce poème épique n'aurait été composé qu'après le couronnement de Charlemagne, et l'aurait suivi de bien près. On ne saurait, en effet, en reculer la composition au delà de 801, car une églogue, que nous étudierons bientôt et qui n'a pas été écrite après 80o, fait allusion à notre chant comme étant composé depuis quelque temps (1). En tout cas, ce poème épique suit de très près les événements qu'il célèbre. De là, cette allure panégyrique qui Tanime, ainsi qu'on la Irouveen de tels cas, par exemple, dans les poèmes d^' Claudien, lesquels chantent des actions du temps présent.

1. Par los termes :jnm dudum, Naso, lib. II, v. 118. Voy. tout le passage au chapitre suivant.

72 HinERNlC.T'S EXUL, ANGILBERT [61-62.]

Ces ossais poétiques ne monlront pas seulement un progrès dans le mouvement littéraire, ainsi que l'avait fait le poème d'Alcuin surlesévêques et les rois d'York ; ils montrent plulôt une nouvelle route, le dernier que nous avons étudié plus que tout autre, si on le compare à son modèle, à l'ouvrage de saint Forlunat. A la place d'un saint, c'est maintenant un profane qui devient le héros du poème : ses exploits devaient encore, il est vrai, produire un effet semblable à celui des miracles sur une époque toujours adonnée au merveilleux et oii le peuple transmettait à la postérité, en les entourant de l'auréole du miracle, toutes les actions d'éclat; mais ils devaient, encore une fois, réveiller la poésie épique dans la partie romane de l'empire des Francs, lui donner une forme populaire et lui infuser une vie pleine de fraîcheur. Ce nouveau culte des héros profanes se fait sentir tout d'abord dans la poésie (h' l'école qu'il ranime ; les élèves de Yirgile, le chantre de l'empire romain, sont surtout saisis d'enthousiasme à la pensée do la restauration de l'empire d'Occident. Lue allure profane, pleine do fraîcheur, respire dans ce chant de l'entrevue de (iharles ot do saint Léon, quoique le poète ne se lasse pas de glorifier, au point d'ennuyer, le miracle opéré en faveur du pape. Le poète nous y montre, et avec un plein succès, un vif ot riche sentiment pour le côté pittoresque de la description, ainsi que pour la musique du vers. Si la mosaïque brillante de SOS tableaux est en bonne partie le résultat de réminiscences de Virgile et de saint Fortunat, elle ne se borne pas cependant à un travail mécanique de savant, mais c'est bien l'œuvre d'un artiste c[ui cherche dos jouissances dans le jeu do l'imagination. Le pooto s'arrèle avec complaisance dans les tableaux qu'il fait dos belles femmes et de leurs atours, et il montre par là nn son liment romantique qui s'éloigne de l'ascétisme de la poésie on l'honneur des saints et quia, par contre, le caractère d'une poésie de cour.

Maints signes (1) semblent attester que l'auteur anonyme

1. Voy. là-fiessus ma dissertation : Naso, Angilbert, etc., ôansh ZeUschrin f. da!; drutschnAKherthum. x\. F,,X, p. 331 sq.

[G2-63.] cAiniEX de carolo magno 73

du poJ'mo ci-dessus moulionné n'ost autiM' (ju'Angilbort (I), « rilomî're » de Tentourage esthétique de Charlemagne. Kii lui se trouve représentée une autre souche germanique, celhi des Francs eux-mêmes. D'origine illustre, Angilhert avait grandi à la cour franque ; de bonne heure donc, il avait (ïu des rekilions étroites avec la famille royale, relations qui devinrent plus intimes avec le temps. Les maîtres de Charles, Pierre et Alcuin, furent aussi les siens. Il reçut une place dans la chapelle royale et devint un des conseillers les plus intimes dr l'empereur, qui lui confia les missions les plus importantes : il dirig-ea pendant quelques temps, auprès de Pépin, le gouvernement de l'Italie, et fut, en outre^ envoyé plusieurs fois à Rome pour y expédier des affaires de la plus haute importance. En récompense de ses services, il avait déjà reçu, en 790, Tahbaye de Saint-Riquier ; il la transforma en un siège ecclésiastique si brillant, qu'il y fut honoré plus tard comme saint. Sa position d'ecclésiastique ne l'empêcha pas néanmoins de conclure secrètement avec Berthe, fdle de Charles, une alliance conjugale de laquelle naquirent deux enfants; l'un d'eux devint Fbistorien Nithard. Plus homme d'Etat qu'ecclésiastique, Angilbert avait des idées tout à fait mondaines et ces idées se manifestaient, en même temps que dans un intérêt esthétique, dans une prédilection, souvent blâmée par Alcuin, pour les jeux des histrions, dont la survivance nous est par conséquent démontrée (2). Qu'Angilbert, comme poète, ait joui d'une haute estime dans le cercle de Charles, c'est ce que nous montrent non seulement son surnom académique, mais même le jugement que ses contemporains ont porté sur lui par occasion, jugement qui le place sur la même ligne que Théodulphe (3). Sa mort arriva peu après celle du roi, son ami, en 814.

1. Carmina,éd. Migno, PtitmLluf., vol. 99, nach Proben' s Ausg. d'T Werke Alruins, II (addenda) und Duchesne, Historiae Francor. scriptor., t. II. Le meilleur texte est dans les Poetrœ laf., I, p. 355 sq ; — Wattenbach, Deutsche lands Gesrhichfsqupllcn, A^ éd. vol. ï, p. 140 sq. ; Duemmier, iV. A., p. 140 sq.

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