V. 125 sq
-• Et radius teretem metitur comminus orbem,
Aetherias zonas et rota quinque tenet. v. 139 sq. 3. L'un (i. VI, c. 5) nous atteste de grandes connaissances géographiques pour cette époque.
i. Voy. vol. I, p, 565.
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de deux combats livres par deux armées d'oiseaux, et Théodiilphe cite les autorités sur lesquelles il appuie son récit. L'un de ces combats doit avoir eu lieu près de Toulouse ; après la mort de plusieurs oiseaux, une des deux armées retourna vers le Nord ; l'autre se dirigea vers les rives de la Saône et du Rbône ; dans ce poème l'on voit combattre au premier rang- des autours et des chapons. Ici le poète rappelle les guerres civiles de Rome et voit, dans ces combats terribles, des présages de l'avenir. La narration est bien belle, facile et pleine de vie(l).
Mais ce qui nous montre dans tout son jour la personnalité de Tliéoduiplie, comme aussi son talent de poète, ce sont ses épitres en vers, genre qu'il cultiva avec prédilection, ainsi que le faisaient les autres poètes de cette époque. Au nombre de ces épîtres, se trouvent quelques-uns de ses plus intéressants et de ses plus beaux poèmes : tous nous font voir son talent et son caractère sous de nouvelles faces. Un poème assez considérable, adressé à Charlemagne (1. III, c. 1, 244 vers), mérite la palme entre tous; il nous introduit, de la manière la plus brillante, au milieu de la société de la cour, à l'époque oi^i cette dernière avait reçu un éclat tout particulier par l'arrivée récente du riche butin fait pendant la guerre des Avares, en 796. Absent de la cour à cette époque, le poète nous fait ici un tableau de la vie dans le château impérial, telle qu'il se la représente d'après les souvenirs d'autrefois. Le poème débute par un sublime chant de triomphe en l'honneur de Charles, qui a aussi soumis les Huns. Pour le poète, cette nouvelle conquête est un agrandissement du royaume de Dieu, et, de même qu'on doit convertir les Avares au christianisme, ainsi doit-on le faire pour les Arabes, qui ne sont ni moins cruels ni moins arrogants, et qui, vaincus encore une fois par Charlemagne, se courberont devant lui. Cordoue elle-même doit déposer à ses pieds les trésors qu'elle a amassés depuis si longtemps. C'est ainsi que le poète prédit, déjà
1. Remarquons ici que, dans le 1. III, c. 10, on trouve un petit fragment d'un itinéraire (30 hexamètres). Théodulphe en est-il réellement l'auteur? Cet itinéraire parle ici de Limoges et de Périgueux.
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une année par avance, les campag-nes entreprises contre l'Espagne et que la prise de Barcelone vint enfin couronner.
Le poète raconte ensuite, avec beaucoup de détails, comment, après avoir tenu conseil et assisté à la messe,, on s'apprête, dans le château, pour prendre part càun festin solennel; les fils viennent au-devant du roi, leur père, pour lui retirer son manteau, ses gants et son glaive, et les filles lui présentent des bouquets en l'embrassant. A leur suite vient Liutgarde, la future compagne de Charles, Liutgarde dont la beauté, l'affabilité, la générosité et la haut^ culture intellectuelle reçoivent ici un éclatant éloge. La sœur de Charles elle-même, la pieuse Gisèle, n'est pas oubliée dans cette réception. Après avoir ensuite parlé de l'arrivée des grands, des occupations du maréchal du palais, du benedicite dit par le premier chapelain, le poète fait défiler devant nous les personnalités les plus en vue de la Table-Ronde de Charles : ce sont, avant tout, les savants, Alcuin à leur tête, Alcuin qui ici également, comme nous l'avons dit plus haut(l), donne le ton ; après lui, vient le docte chancelier Erchanbald, ensuite F « Ecossais » (peut être le grammairien Clément) que Théodulphe poursuit de sa mordante épigramme, et enfin un adversaire de cet Écossais, Eginhard, homme petit et tout afi'airé, mais d'un grand sens (2). Tous sont dépeints avec des couleurs vives, et il se mêle à la description beaucoup d'esprit et d'enjouement. Au dessert, où l'on n'épargne ni le vin ni la bière, on lit des poèmes de Théodulphe luimême, poèmes que maudit un guerrier colossal qui a déjà la tele lourde, mais que le malin Écossais, sur lequel le poète fait tomber ici tout une grêle de sarcasmes, critique en se tournant tantôt par ici, tantôt par là.
Nous avons encore une autre épitre de Théodulphe adressée à Charles (1. III, c. 6.), dans laquelle Fauteur fait l'éloge du