THÉODULPHE [83-84. J
Il va de soi que Théodulphe, ce poète élégiaque, a aussi composé des épigrammes ; cependant il ne nous en reste pas un grand nombre, et, parmi elles, il yen a peu de remarquables. Quelques-unes sont de vraies inscriptions, inscriptions tumulaires par exemple, et, parmi ces dernières, la meilleure est celle qui fut composée en Thonneur du comte palatin Helmengald (1. VI, c. 1 9) ; la plus insignifiante est celle de la reine Fastrade (1. II, c. 11). Parmi les autres épigrammes, voici celles qui sont dignes de remarque : Tune, au ton entièrement enjoué (1. VI, c 22) ; une autre, composée contre les pèlerinages de Rome (l. V, c. 4) : ce n'est point le chemin des pieds, mais bien celui du caractère qui conduit au ciel. La plus intéressante, entre toutes, est une épigramme plus étendue (1. III, c. 10) et dont le fond est politique. Théodulphe s'y prononce énergiquement et par des considérations spéciales à son époque, contre le partage du pouvoir entre frères , et surtout contre un gouvernement à trois tètes, ainsi qu'on le voit représenté en Géryon(l).
Théodulphe ne s'est essayé dans le genre lyrique que par occasion. Et néanmoins, c'est par le côté lyrique d'un poème qui n'est lyrique qu'en partie, q\ie le souvenir de Théodulphe s'est conservé le plus longtemps dans des cercles très étendus. C'est un poème, en distiques lui aussi, consacré au dimanche des Rameaux et composé dans sa prison à Angers (1. III, c. 2). Il débute par un éloge magnifique de Jésus- Christ, dans lequel les porleurs de palmes se comparent aux enfants hébreux qui s'avancèrent autrefois à la rencontre du Christ, en chantant Hosanna ; vient ensuite une description de la fête des Rameaux, à Angers, à laquelle accouraient de très loin des troupes de pieux pèlerins. Ce début sublime du poème, la glorification du Christ, fut chanté en guise d'hymne, le dimanche des Rameaux, d'abord à Angers même, ensuite dans l'Église en général et même plus tard • '^ par les protestants du xvi' siècle (2). C'est à cette hymne |
que se rattachait même la légende, d après laquelle Théodul-