‹ Histoire générale de la littérature du moyen age en occident;Chapitre 76 sur 263 · COM.MENTAIUI-: SIU DONAT · texte numérisé non relu

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moines, Diadenia monachorum. et la Voie royale, Via rvjiia. Le premier eut une grande diffusion; après avoir joui d'une grande autorité pendant tout le moyen âge, il fut plusieurs fois imprimé au xvi° et au xvii® siècles. C'est, comme le dit la préface, un recueil des sentences des Pères, notamment des collations des Pères (de Gassien), comme aussi de « différents docteurs, » de saint Grégoire le Grand principalement, relativement aux devoirs généraux du chrétien et aux devoirs particuliers du moine. Smaragde a réuni ces sentences en cent chapitres, en y ajoutant, cela va de soi, des choses de son propre fonds et beaucoup de passages delà Bible. Ce livre était destiné, ainsi que l'auteur le fait remarquer dans la préface, à la lecture du soir des moines, tout comme la règle de saint Benoît était destinée à la lecture du matin. Cette destination de l'ouvrage montre déjà, à elle seule, que Smaragde était abbé, lorsqu'il l'écrivit (1). La composition des chapitres est très habile et pleine d'attrait, vu surtout que l'expression en est simple, claire et animée. Ces chapitres^ n'ont, il est vrai, pour la plupart aucun lien commun qui les relie ensemble, de sorte que la composition du tout laisse à désirer.

L'autre ouvrage a des rapports étroits, quoique peu remarqués jusqu'ici, avec celui dont nous venons de parler. Dans une série de chapitres, il traite des devoirs de l'empereur. Non seulement la disposition en est la même que pour le Diadème^ mais il nous montre encore dès le début les mêmes vertus^ traitées dans le même ordre, et des parties tout entières d'une nature générale s'y trouvent textuellement reproduites (2). La Voie royale est celle que doit suivre le roi de la terre pour arriver à la patrie promise, au' royaume céleste; c'est celle qu'ont déjà suivie les rois de l'ancienne alliance : voilà ce que nous apprend l'auteur lui-même, dans Tépitre dédicatoirc adressée au roi en môme temps que l'ouvrage (3). Nous lisons dans le premier chapitre, que le monar-

1. K Volumus ut iste libellus ad eorum (monachorum) capitulum quotidie legatur vespertinum. »

2. Prendre le contrepied de celte donnée n'est point admissible.

3. « Et tibi ergo, nobilissime rex, si vix ad supernani féliciter proraissionis tcnderc patriam, diligenter rajia quaerenda est via; quia cum sis rex in

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que, encore enfant, fut déjà élevé sur le trône (1). Il a bien débuté dans sa carrière; mais, cela ne suffit pas; il doit continuer ainsi. Il est clair qu'il ne saurait être ici question que d'un jeune homme, et un ouvrage de ce genre ne saurait non plus convenir qu'à un jeune homme. Les ouvrages de même nature et ceux qui furent composés plus tard, par exemple, ceux de Jonas et Sedulius (2), sont adressés à de jeunes monarques. D'après cela, il est évident jjour moi que ce livre est dédié à Louis, en qualité de roi d'Aquitaine : il avait même était couronné à l'âge de trois"ans, à Rome^ et par le Pape luimême (3). La dépendance étroite qui rattache cet ouvrage à celui qui a pour titre Biadema monachorum, me fait placer la composition de la Voie royale entre les années 806 et 813.

Yoici maintenant le contenu de cet ouvrage, intéressant déjà par le seul fait d'être le premier en son genre, et qui se recommande de plus, pour cette époque, par son style. L'auteur traite d'abord de l'amour de Dieu et de l'amour du prochain, puis de l'observation des commandements de Dieu, comme conséquence nécessaire ; il parle, après cela, de la crainte de Dieu et de la divine sagesse dont la crainte de Dieu est le commencement, de la prudence, delà simplicité et de la patience; ce sont là les sept premiers chapitres du livre et ils correspondent aux chapitres IV-X du Diadème. Notre auteur s'occupe alors des vertus et des devoirs plus particuliers aux rois; il traite de la justice, de la protection des orphelins, des veuves et des pauvres, de la miséricorde qu'il faut mettre en pratique pour honorer Dieu; à cette occasion il parle spéciale-

terra, ad coelorum properans régna per regiam debes currere viam. Trita etenim est et antiquitus sanctorum regum vestigiis confricata. »

i. Diligens etenim Dominus, o mitissime rex, creavit te et vivificavit, nutrivit et custodivit, et ad lavacrum regenerationis perduxit, renovavit, gubernavit et ad intelligibilem perduxit aetatein; et dum adhuc parvulus esses, regali te sede sublimiter evexit. » Les termes que nous soulignons ne peuvent se rapporter, d'après le contexte, qu'à un roi encore jeune.

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