‹ Histoire générale de la littérature du moyen age en occident;Chapitre 75 sur 263 · Hauréau, p · texte numérisé non relu

Hauréau, p

3. « Ergo si placet, sic islae quatuor propriorum nominum species jam hodie apud nos teneantur, ut dicamus praenomen Imperator, et sit illi proprium dignitatis, quodnulli alio in suo convenu regno; dicamus Karohis, et sit illi proprium, quod accepit in baptismo ; dicamus Francus, et sit illi appellativum in génère suo; dicamus Prudens, et sit illi agnomen appellativum accidens ei extrinsecus. » (Mabillon, /. c, p. 358.)

124 SMARAGDFS [109.1

lique; co fuL lui qui fut également chargé de la rédaction du protocole. Louis Je Débonnaire lui accorda aussi ses faveurs et enrichit son nouveau monastère de maints privilèges nouveaux. Smaragde vécut jusque vers la fin de la troisième décade du ix^ siècle.

Il n'est aucun de ses écrits, parmi lesquels cependant deux ont un intérêt général, où Smaragde renie le théologien; sa Grammaire elle-même trahit ce caractère, et c'est là précisément sur quoi repose son originalité. Pour en expliquer les règles, il prend ses exemples dans l'Ecriture sainte, ou du moins dans les auteurs ecclésiastiques. Il voulait par là^ ainsi que le montre la préface, enlever toute excuse aux paresseux qui négligeaient l'étude de la grammaire sous prétexte qu'elle ne contenait que des noms païens et ne parlait jamais de Dieu. Son ouvrage a pour but de joindre lagréable à l'utile; « le miel céleste » doit adoucir pour le débutant Famertume de la science (1). C'est donc, pour ainsi parler, une grammaire christianisée. Toutefois, Smaragde chercheencorc d'une autre manière à rendre l'étude de la science plus attrayante pour son époque, en choisissant ses exemples, comme nous Favons déjà remarqué, dans les faits de l'histoire contemporaine et en expliquant un nombre considérable de noms propres des Francs et des Goths (2).

Parmi les autres ouvrages de Smaragde, deux seulement offrent de Fintérêt pour notre étude; se sont : Le Diadème des

\. « Sed :it dulciter liro auctoritatem artis cum caelestis mellis dulcedine faeiliiis possit g'.utire, scripturas arti, artem vero nectimus scripturis, neaut grammaticae artis pondère pressus ant divinarum scripUirarum mole gravatus desidiosus lector excusafionis invenire possit anfraclus. «(Keil, /. c, p. 20.)

2. V. Massmann, Gothlca minora, dans Hmipt's Zeitschrift f. deutsch. Alterth. Vol. I, p. 388 sq. Que l'explication des étymologies soit souvent fausse, c'est ce dont il ne faut pas trop s'étonner, vu surtout que, parmi les étymologies latines de cette époque, comme aussi parmi celles de Smaragde en particulier, on en trouve à faire dresser les cheveux. Notre auteur dit, par exemple : « Verbiim a verberatione et bombum nomen accepit; bombus enim sonus dicitur. Accepit a verberatione primam syllabam ver et a bombo ultimam fmm ! » (Hauréau, (p. 110.) Toutefois les étymologies germaniques témoignent d'une telle connaissance de la langue," qu'on serait tenté de prendre Smaragde pour un Germain,

Page 1