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AVIS CONCERNANT L'EXÉCUTION DES SÉQUENCES

Ces séquences ont été traduites en notation musicale moderne avec le soin le plus scrupuleux. L'effet de la mélodie est le môme que si les artistes qui l'exécutent chantaient sur les manuscrits originaux. Les manuscrits ne renferment que le chant; ton* tefois, il est hors de doute que ce chant était au moyen Age accompagné par l'orgue, des instruments et une harmonie vocale. Les rubriques, les vignettes des manuscrits, les représentations des vitraux et des sculptures, lesnombreux traités qui nous restent sur la musique du moyen fige, et en particulier ceux que Martin Gerbert a recueillis et publiés sous le titre : Scriptores ecclesiastici de musicd sacré, en fournissent la preuve.

Tout en laissant le chant très-découvert et en le faisant interpréter par la moitié du personnel de l'exécution, nous avons placé au-dessous une seconde partie et une basse, formant un accompagnement plaqué de la plus grande simplicité, tiré de l'es* sence môme de la mélodie, la soutenant et ne la couvrant jamais. L'accord parfait est à peu près le seul employé. Cependant, lorsque l'emploi de cet accord pouvait deve» nir systématique, et par là môme nuire au chant, nous avons fait usage de quelques autres accords, rigoureusement nécessaires pour faire valoir les cadences de la mélodie.

L'harmonie en accords parfaits qu'employa exclusivement Palestrina, et qui fut une protestation contre l'abus des dissonances employées au xv« siècle, est une preuve de l'existence de ces dernières, qui ne furent que trop pratiquées.

Les séquences peuvent servir soit pour accompagner une messe basse, soit pour des offices particuliers. Nous avons ajouté à notre transcription quelques signes et quelques nuances, afin de guider les maîtres de chapelle dans l'intelligence de ces phrases si anciennes, et afin de faciliter l'exécution du chant. Nous croyons môme qu'il n'est pas inutile de donner quelques explications relativement à chaque morceau. On nous pardonnera de nous servir en cette occasion de la langue technique familière à nos confrères.

i^ Salus œtema, Regnantem, Verhum patris, Patremparit, Populus gentium, Mariœ grattas (n» 15 bis), ainsi que les versets pairs du Trinitas, pourront être exécutés dans une grande église par une quarantaine de voix ainsi partagées : 12 ténors et 10 voix d'en-

fants pour la première partie ; 6 barytons et 4 mezzo-sopranos pour la seconde ; 8 basses pour la troisième. L*orgue, 2 altos, 2 violoncelles, 2 contrebasses, sufBront pour accompagner les voix. Dans une chapelle , on réduira proportionnellement le nombre des voix et des instruments, de telle sorte toutefois que le chant soit toujours trèsdécouvert.

2® Le Qui régis tceptra (n® 3) et le Jubilans (n® 22) seront attaqués avec vigueur par le chœur tout entier soutenu par les instruments et par Torgue. On le continuera ainsi jusqu'à l'écho. Ici, la première ligne est réservée à 6 enfants; la seconde, à 2 mezzosopranos; la troisième enfin, à 2 contraltos. Un seul alto, un premier violoncelle' et un second violoncelle, pourront à la rigueur accompagner l'écho. Ces dispositions sont applicables au reste du morceau.

2^ Un trio de dessus, ténor et basse, ou, si l'on veut, G sopranos, 3 ténors, 3 basses, et les instrumentistes jouant très-doux et très-lié, tels sont les éléments de l'exécution du Salve Virgo singularis (n*» 5 ).

4<' Le Hœc est clara dies (n** 8) sera chanté d'abord en solo par un ténor de force. L'orgue seul l'accompagnera. Le chœur le répétera une seconde fois. Puis le ténor recommencera Hœc est clara dies jusqu'aux mots Nohile nobilium, qui seront repris et achevés par la masse chorale.

6» Six voix d'enfants, un seul ténor et deux basses chanteront les versets impairs de VOrientispartibus (n® M) et du Çoncordi lœtitia (n» 27) ; le chœur, soutenu par les instruments, chantera les autres.

^^he Btnedicamus des trois Marie (n<>21) devra former naturellement un trio de voix de dessus, mezzo-soprano et contralto. Il en sera de môme pour leDeo gratias qui le suit.

7» VEcce panis (n® 25) pourra être chanté en solo une première fois. Pour le chœur, 10 enfants feront la première partie ; 4, la seconde; 3 ténors, la troisième, et 4 basses, la quatrième ; les instruments à cordes ne devront jouer que pendant le chœur.

%^ Les autres morceaux devront être chantés alternativement par une voix seule et par tout le chœur, en ayant soin de faire également chanter les enfants. Il en résulte des effets d'octaves qui, il est vrai, sont proscrits généralement dans la musique moderne, en raison de leur lourdeur. Mais on nous accordera que ce qui ne convient pas au théâtre puisse convenir à l'Église. C'est le meilleur moyen de reproduire l'ensemble imposant d'une réunion de chrétiens chantant d'un même cœur les louanges de Dieu. Ce genre d'harmonie a été très-pratiqué et le plus admiré dans l'antiquité. C'est le Aià xaaûvdes Grecs.

En se conformant, autant que les circonstances le permettent, à ces indications, on peut enrichir le répertoire de nos maîtrises de morceaux vraiment religieux et entretenir la foi des fidèles p ar des accents nouveaux pour eux, car ils appartiennent aux Ages héroïques du christianisme.

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