‹ Histoire générale de la musique religieuseChapitre 4 sur 122 · VIII PREFACE · texte numérisé non relu

VIII PREFACE

Après avoir suffi pendant de longs siècles à l'expression des sentiments religieux de la société catholique dans Toccident, le plain-chant s*est vu sinon détrôné par un art rival, du moins menacé par lui d'une ruine complète. A ses formes 8évère3 et consacrées parTusage de nombreuses générations a succédé une musique nouvelle, dont les éléments sont essentiellement variables de leur nature parce qu'ils doivent subir les influences de Fart profane. Nous avons tracé un tableau des premiers commencements de cette musique, de son épanouissement au seizième siècle, de ses développements excessifs au dix-huitième jusqu'à nos jours, et nous espérons avoir démontré ses dangers, ses défaillances, comme aussi son impuissance pour exprimer les prières de la liturgie et son inefficacité sur les âmes au point de vue strictement religieux. L'histoire, la tradition, l'examen des ressources de cette musique et de leur emploi presque général nous ont servi pour établir notre thèse sur des bases qui nous ont paru solides.

Le chant collectif est éminemment propre à conserver dans le temple l'égalité des hommes devant Dieu. Or le plain-chant est la seule musique susceptible d'une popularité durable. Il s'adresse également et avec la même force aux classes éclairées et aux classes ignorantes. Il exerce sur le riche et le pauvre, l'homme le plus civilisé et le paysan le plus simple les mêmes effets. Pourquoi ? parce qu'il exprime fidèlement des pensées communes à tous ; parce qu il rappelle cette égalité des âmes rachetées par le Christ. L'Église est comme le lieu de rendezvous des événements principaux de la vie humaine, de ceux qui rappellent à l'homme qu'il est sur le seuil de l'éternité, de ceux qui le ramènent à la méditation des impénétrables mystères de la vie et de la mort. Il s'y accomplissent, quant au fond, avec la plus complète égaUté. Les formalités et les cérémonies qui entourent le baptême d'un prince ne modifient en rien le sacrement lui-même et n'augmentent pas l'efficacité des prières du Rituel. Sous la bénédiction du prêtre, une rivière de diamants étincelante sur le front d'une fiancée n'ajoute rien au symbole exprimé par une simple couronne de fleurs d'oranger. Lemau-

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