‹ Histoire générale de la musique religieuseChapitre 7 sur 122 · XII PRÉFACE · texte numérisé non relu

XII PRÉFACE

pour qu'on puisse facilement en dégager la doctrine de l'auteur.

Bona était doué d'une rare intrépidité de lecture, et il lisait la plume à la main. Cette méthode a sur d'autres, qui peuvent être plus littéraires, l'avantage de fournir aux érudits les renseignements les plus exacts. Cette dernière raison nous a déterminé à livrer au public la traduction que nous avions faite pour nous-m6me.

Nous avons pensé qu'on ne saurait trop multiplier les raisonnements pour venir au secours d'un grand art dont on semble méconnaître les qualités, la salutaire influence et l'opportunité. C'est pourquoi nous avons donné la traduction d'une apologie méthodique et substantielle du chant grégorien, composée il y a quelques années par un respectable prêtre catholique anglais. Quoique les arguments y soient présentés sous une forme quelque peu originale et humoristique, ils nous ont paru néanmoins assez concluants pour produire sur l'esprit de nos lecteurs une impression favorable à la cause que nous

soutenons.

C'est un usage trop répandu parmi les écrivains, surtout en matière d'érudition, de dire du mal des ouvrages dont ils se servent, comme s'ils craignaient, en en recommandant la lecture, qu'on ne découvrît les larcins qju'ils ont commis et qu'on ne restituât à son véritable auteur l'œuf qu'ils prétendent avoir seuls couvé et fait éclore. Vanité détestable qu'on ne saurait trop démasquer et flétrir. Nous avons ajouté à cet ouvrage une double bibliographie. Nous avons publié d'abord celle du cardinal Bona. Elle pourra passer aux yeux de certaines personnes pour être trop générale, parce qu'elle renferme l'indication d'ouvrages dans lesquels la musique occupe une place peu importante. Cependant quiconque veut étudier les origines de la musique doit recourir aux auteurs anciens et tenir compte des jugements qu'ils ont portés sur cet art. Nous avons ajouté à cette bibliographie celle de plusieurs auteurs omis par Bona et de ceux qui depuis le dix-huitième siècle jusqu'à nos jours se sont occupés du chant liturgique.

Ce chant liturgique a déjà été l'objet de bien des bulles, de

PRÂPACE. Xin

bien des décisions de conciles. L'épiscopat français en particulier s'est montré unanime en sa faveur. Des prescriptions si formelles , des recommandations si hautes ne s'adressent pas directement à nous ; et d'ailleurs les laïques ne sont pas char* gés du soin de veiller à leur exécution. Nous avons dû nous renfermer dans notre rôle d'historien et d'artiste, nous borner à faire des vœux pour que ce grand art de la musique ne soit pas privé de sa forme la plus vénérable , la plus élevée et la plus pure ; pour que le chant grégorien ne soit pas submergé par les flots du matérialisme comme par une marée montante. Le spiritualisme dans l'art est sérieusement menacé. Nous sommes venu, simple soldat, nous joindre aux défenseurs qui se rallient sous son drapeau.

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