FIN
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PREMIÈRE LEÇON
Sujet du cours : l'histoire de la philosophie comme contre-épreuve et achèvement de la pbilosophio elle-même. — La multitude des systèmes, qui trouble et décourage d’abord, lorsqu’on commence à étudier l'histoire de la philosophie, se résout assez vite en un petit nombre de systèmes principaux sur lesquels se concentre l'attention. — Tous les systèmes sont les produits de l’esprit humain, et par conséquent l’élude de l’esprit humain, la psychologie est la lumière de l'histoire de la philosophie. — La psychologie a pour instrument la réflexion, et celle-ci suppose la connaissance naturelle et spontanée qui la précède et à laquelle elle s’applique. — La connaissance naturelle forme une synthèse très-complexe et assez confuse. La conscience se borne à l’attester. La réflexion s'ajoute à la conscience pour éclaircir la synthèse primitive. Son instrument est l’analyse qui opère successivement. — Le danger de l’analyse consiste & prendre la partie qu’elle examine pour le tout qu’il s’agit de connaître. — La réflexion s’applique d’abord aux phénomènes qui tiennent à la sensibilité, et néglige tout le reste , de là un système particulier et exclusif, le sensualisme. Le bien et le mal de ce système. — Autre application défectueuse de la réflexion, l’idéalisme. Le bien et le mat de ce système. — Encore une autre pente do la réflexion, le scepticisme. Le bien et le mal. — Nouvelle et dernière application de la réflexion, le mysticisme. Le bien et le mat. — Ordre naturel du développement de ces quatre systèmes. — Leur utilité rolative et leur mérite intrinsèque. — Harmonie de la philosophie et de son histoire. — Que l'impartialité n’est pas l’indifférence. Sympathie avouée pour tout système spiritualiste sans fanatisme. — Qu’un sage éclectisme doit présider à une histoire vraiment philosophique de la philosophie 1-32
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Un root sur l’Égypte, la Perse, la Judée. — La Chine : Confucius et Lao-tseu. — Inde : vue générale de la philosophie indienne d’après Colebrooke. — Du sensualisme. École Sankhya de Kapila. Ses principes, ses procédés, ses conclusions. Matérialisme, fatalisme, athéisme indien. — Idéalisme, le Nyava et le Védanta. — Scepticisme. — Mysticisme. École Sankhya de Patandjali. — Du Dhagavad-Gita comme appartenant à cette école. Sa méihode, sa psychologie, sa morale, sa théodicée. Moyen de s’unir à Dieu. Magie. — Le Bouddhisme. Le Nirvana. Caractère libéral de la révolution bouddhique 33-95
PHILOSOPHIE GBECQUK. SES COMMENCEMENTS. SA MATOftlTË.
Causes diverses qui, en Grèce, ont favorisé le développement de l’esprit philosophique. Là, comme dans l’Inde, la philosophie est sortie des mystères et de la théologie. — Naissance et durée de la philosophie grecque : elle se divise en trois grandes époques qui embrassent douze cents ans. — La première époque s'écoule dans les colonies, et elle comprend deux écoles différentes, qui expriment le caractère différent des deux branches principales de la race grecque, les Ioniens et les Doriens. — Dans ces deux écoles on étudie la nature, mais on l’envisage différemment. — Sensualisme de l’école ionienne. Thalès. Anaximandre. Anaximène. Héraclite. —Matérialisme et athéisme déclarés de l’école d’ALdère. — L’école pythagoricienne et l’école d’Ëlée se jettent à l’exlrémiti contraire de l’école ionienne. — Lutte des deux écoles. Ei-sais de rappro.hement. Empèdocle, Anaxagore. — Naissance du scepticisme. Les Sophistes. Ils transportent la philosophie sur le continent. — Renouvellement de la philosophie grecque, à Athènes. Seconde époque : Socrate. — Ses maîtres ; ses premières études. Profonde impression que fit sur lui la lecture d’Anaxagore qui pose l’intelligence comme a cause suprême de toutes choses. — Méthode de Socrate : ses divers procédés, l’ironie et la maleutique, surtout le précepte Connais-toi loimime, élevé à la hauteur d’un principe. — Règle à suivre pour bien
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déterminer les théories qui appartiennent en propre à Socrate. 1° Théorie de la définition, fondée sur un élément général, premier germe de la théorie platonicienne des Idées. 2* Théorie de l'amour 3» Théorie du Bien et de la Providence. 4' Théorie du démon de Socrate. — Socrate et la religion de son temps. — Lutte contre les Sophistes. — Accusation d'impiété portée contre Socrate ; sa condamnation, sa mort. — Immédiatement après Socrate, Cynisme, Cyrénaîsme, Mégarisme. — Platon, élève direct de Socrate, s’efface pour ne laisser paraître que son maître. — Tl réunit ce qu’il y a de mieux dans les systèmes antérieurs. — 11 perfectionne la méthode de Socrate. De la définition socratique il tire la théorie des Idées et la dialectique. — Théorie des Idées et Théodicée. — Mathématiques et astronomie. — Esthétique : beauté idéale, amour platonique. Morale. — Politique. Aventures de Platon en Sicile. — Mythes philosophiques. — Platon inclinant au génie dorien et pythagoricien. — Partout une tendance idéaliste sagement tempérée. — Aristote. Un mot sur sa rie. — Ses différences générales arec Platon; mais pas aussi empirique qu’on le prétend. — Explication de sa définition de l’Ame. — Théisme d’Aristote. Son imperfection. — Aristote plus grand comme physicien et naturaliste que comme mathématicien et astronome. — Sa théorie de la formation des Idées générale», et son principe qu'il n’y a pas de pensées sans image. — Esthétique. Morale. Politique. — Tendance sensualiste contenue en de raisonnables limites! M-1**6
L’école platonicienne et l’école péripapêticienno inclinent de plus en plus à l'idéalisme et au sensualisme. — L’épicuréisme et le stoïcisme. Lutte des deux systèmes. — La philosophie grecque à Rome — Naissance du scepticisme. Première école sceptique, née de 1 idéalisme : nouvelle académie. — Seconde école sceptique , née du sensualisme : Ænésidcme et Seitus. — Renouvellement de la philosophie grecque, sa troisième et dernière époque : retour du be soin de savoir et de croire. Mysticisme. — École d'Alexandrie. Elle prétend unir en elle tout ce qu’il y a de bon dans les écoles précédentes et représenter l’antiquité tout entière. Elle est et se dit éclectique; mais dans cet éclectisme domine le néoplatonisme. — Mysticisme néoplatonicien. Sa théodicée ; vice essentiel de la tn-
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nité Alexandrins. — Sa psychologie. L’extase. — Sa morale. Unification avec Dieu. — Plotin, Porphyre, Jamblique, Julien. — Ecole d’Athènes. Proclus. Sa vie, ses écrits. — Fermeture de l’école d’Athènes, persécution des philosophes; leur dispersion. Fin de la philosophie grecque 167-216
Caractère et origine de la philosophie du moyen ige : la scolastique. — Division de la scolastique en trois époques. — Première époque : la philosophie subordonnée è la théologie. Elle travaille sur VOrganum d’Aristote. Ses débuts; ses progrès. — Jean ScoL Saint Anselme. Abélard. Controverse sur la nature des universaux. Commencement d'une philosophie un peu plus libre. — Seconde époque : alliance de la philosophie et de la théologie. C’est le beau temps de la scolastique : il est préparé pour l’importation en Europe de la physique et de la Métaphysique d'Aristote, par une certaine connaissance de la philosophie arabe et juive, et par la fondation de rUniversité de Paris. — Mouvement philosophique extraordinaire à Paris au treizième siècle, Les ordres religieux dans l'enseignement et dans la philosophie. — Ecole dominicaine : Albert et saint Thomas. — Ecole franciscaine : saint Bonaventure, Duns Scot, Roger Bacon.— Lutte des deux écoles. Importance des ordres religieux au moyen ftge. — Troisième époque. Naissance de l’indépendance philosophique. Renouvellement de la querelle du nominalisme et du réalisme. Okkam. Ses partisans et ses adversaires. — Décri des deux systèmes et de la scolastique. Commencements de scepticisme qui aboutissent vite au mysticisme. — rauler, Pétrarque, Raymond de Sebonde, Gerson. — Fin de la philosophie du moyen Ige 217-272
Caractère général de la philosophie du quinzième et du seizième siècle. — Son origine. — Classification de tous ses systèmes en quatre écoles. 1* Ecole idéaliste platonicienne : Marsile Ficin, les Pic
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de La Mirandole, Raraus, Patrizzi, Jordano Bruno. — 2* École sensuiliste péripatéticienne : Pomponat, Césalpini, Vanini — Telesio et Campanella. — 3° École sceptique : Sanchez, Montaigne, Charron — 4* École mystique : Mar.-ile Ficin, les Pic, Nicolas de Cuss, Reuchlin, Agrippa, Paracelse, Robert Fludd, Van Helmont, Bôhme.
— Comparaison des quatre écoles sous divers aspects. — Conclusion 273-32 i
PHILOSOPHIE DD DIX-SP.PTlP.ME SIÈCLE. SENSUALISME.
Philosophie moderne : elle marche de plus en plus vers l’indépendance, et recherche une méthode plus sévère. — Deux Ages dans la philosophie moderne : le premier ige est celui de la pnilosophie du dix-septifeme siècle. — Ecole sensualiste du dix-septième siècle. Bacon : caractère exclusif de sa philosophie et de sa méthode, et en même temps quelques teintes mystiques. — Hobbes; ami et traducteur de Bacon ; ouvertement matérialiste; renvoie à la théologie touta question sur Dieu, confond la volonté avec le désir, rejette toute liberté; sa morale est l’intérêt, sa politique, le pouvoir absolu. — Gassendi renouvelle la philosophie d’Épicure. Ses disciples français.
— Locke. Sa méthode ; faussée d'abord par la recherche prématurée de l’origine des idées. — La table rase. Seules source» de connaissance, la sensation et la réflexion, et encore la réflexion s’eiergant sur ce qu’elle a reçu de la sensation. — De là la négation de tout principe universel et nécessaire et l'altération de beaucoup d’idées essentielles, telles que celles d’espace, de temps, dTnfini, etc.
— Théorie des signes. Locke nominaliste. — Théorie des idées
Images. — Opinion de Locke sur Dieu. — Sur l'âme — Sur la liberté. — Sur le bien et le mal. — Résumé 322-374
Descartes. Sa vie. Ses ouvrages. — Sa méthode. Appréciation des quatre règles cartésiennes. Originalité, profondeur et universalité de la première. — Que la quatrième est spéciale aux mathématiques. — Le doute cartésien : Son vrai caractère. — Premier principe cartésien : Je pente, donc je suit. La psychologie, lumière de la
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métaphysique. — Métaphysique cartésienne. Spiritualité de l'ime Existence de Dieu. Existence du monde. — S’il est vrai que Descarlcs a frayé la voie au spinozisme? 1" Il a parfaitement décrit et établi la volonté libre; 2" sa théorie de la création continuée; 3“ il n’a condamné la recherche des causes finales qu’en physique ; 4" il a très-bien distingué l’indéfini de l’infini et n'a nullement admis l’infinité du monde ; 5* il s’est prononcé contre la substance unique; 6' il n’a jamais dit que la pensée et l’étendue n’ont pas leurs substances propres ; 7" l’étendue considérée comme attribut essentiel de la matière ne conduit pas au spinozisme; 8* différence du Dieu de Descaries et de celui de Spinoza. — Les vrais disciples de Descaries. — Spinosa. Ce qu’il a emprunté à Descartes. Que la source principale du spinozisme est la philosophie hétérodoxe des juifs. Retour sur Maimonide. — La vie et les études du philosophe juif, il se sépare de la synagogue et affiche l’hétérodoxie. — Jlenati Des- Canes Principia philosophix. Vrai sens de ce livre en apparence cartésien, en réalité très-opposé au cartésianisme. — Tractatus theologico-politicus. Renouvellement du rationalisme juif. — Ktliica. Système métaphysique de Spinoza. — Ce système est-il l’athéisme? — Malebranche, père de l’Oratoire : disciple très-infidèle de Descartcs. Il mêle la philosophio et la théologie; rejette l’autorité de la conscience et abandonne la psychologie. — Son principe, qu’aucune créature ne peut agir sur une autre créature, d’où la théorie des causes occasionnelles. Dieu considéré comme la seule cause véritable, et la volonté humaine réduite à l’inclination. — Autre prin- • cipe hypothétique : que l’esprit de liiomme ne peut apercevoir que ce qui lui est intimement uni. — Profonde différence de la théorie des Idées de Platon et de celle de Malebranche. La vision en Dieu. — Analogie de la doctrine de Malebranche et de celle de Spinoza. — Belle théorie des vérités universelles et nécessaires où Dieu se manifeste. — Théorie de l’orJre universel gitée par des exagérations mystiques. — (.'est le christianisme qui soutient Malebranche ■ ot sauve ta théodicée des erreurs de sa métaphysique. . . . 375-460
Vie de Leibniz, ses premières études, es divers emplois, ses voyages, ses travaux, ses principales découvertes. — Qualités dominantes du
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génie de Leibniz. Son entreprise générale : intelligence et conciliation des grands systèmes, renouvellement de l’éclectisme. — Les Nouveaux essais sur l’entendement humain. — Polémique contre Locke, solide et modérée. — Polémique contre Descartes, sévère jusqu’à l'injustice. Leibniz se joint aux ennemis de Descartes qui triomphaient en Krance ; persécution du cartésianisme ; belle conduite d’Arnat^ et de Bossuet; faiblesse de Leibniz qui fait cause commune avec Huet et les jésuites. — Diverses erreurs où il est tombé dans sa critique de Descaries. — Examen de l’opinion que ce n’est pas l’étendue mais la force qui est l’essence de la matière. Ce qu’il y a de vrai et ce qu'il y a do faux dans cette opinion. L’étendue n'est-elle qu’une apparence? La Monadologie détruit la matière, les corps, l'espace et ne laisse subsister que la force et l’esprit. — Lo Monadologie mène à l'Harmonie préétablie, laquelle est un retour à la théorie des causes occasionnelles de Ualebranche. Idéalisme excessif de Leibniz. Continuation de la lutte du sensualisme et de l'idéalisme. — Le scepticisme. Le vrai et le faux septicisme. Hirnhaym. Glanwll. Lamothe le Vayer. Pascal. Huet. Bayle.
— Mysticisme. Mercure Van Helmont. More. Pordage. Poiret. —
— Retour sur le premier âge de la philosophie moderne. Constitu-
tion intérieure et extérieure de la philosophie ; nations qui y prennent le plus de part; langues qui lui servent d’interprètes : prééminence de la France 461-517
Entrée dans le second âge de la philosophie moderne, ou philosophie du dix-huitième siècle. L’induction, fondée sur uneexpérience constante, prévoit et annonce le retour des quatre systèmes que nous avons toujours rencontrés jusqu’ici. — Concordance de l’induction et des faits. Aperçu général de la philosophie du dix-huitième siècle : partout se montrent le sensualisme, l’idéalisme, le scepticisme, le mysticisme ; et partout ils se montrent dans l’ordre où nous les avons toujours vus. — Insister particulièrement sur l'école sensualiste et sur l’école idéaliste. — Sensualisme. C’est Voltaire qui a introduit en France la philosophie de Locke. Appréciation de ce qu’on peut appeler la philosophie de Voltaire. — Condillac. Deux moments dans la philosophie de Condillac, l’Essai sur l'origine des connaissances humaines et le Traité des sensations. — Helvétius. Le livre
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de r Esprit. — Saint-Lambert. Le CaUchisme universel. — Idéalisme. Philosophie écossaise. Reid. Ses deux titres auprès de Ia postérité : sa méthode et la restitution de la puissance naturelle de l'esprit humain. — Philosophie allemande. Kant. Ses mérites, ses défauts. Contradictions de la Critique de la raison pure et de la Critique de la raieon pratique. Principe des erreurs de Kant, fausse théorie de la conscience considérée comme une simple modification de la sensibilité et comme telle reléguée dans le domaine de l’fcnplrisme. Réfutation de cette erreur qui a corrompu A sa source la philosophie allemande. — Parallèle de Reid et de Kant. Leurs ressemblances et leurs différences. Destinée contraire des deux écoles écossaise et allemande : leur état actuel, l’une encore florissante, l'autre presque éteinte. — Suprêmes conclusions à tirer de l’histoire de la philosophie 618-574
rm DI LA TABLE DXS MATIERES.
PARIS, TYPOGRAPHIE LAHURE Rue de Flearai , t