Opp., t. III, p. 384-390. — 2. Ibid., p
3. Ibid., p. 391 : « Eistasim dicimus speciem quamdam raptus qui c fit appropriatius in superiori portions animas rationalis ... Est eista- < sis raptus mentis, cum cessations omnium operatiooum in inferiori- « bus potentiis. » Voyez ce qui suit sur l’amour extatique et sur la puissance qu’il a d’unir l'âme à Dieu.
védanta et l'idéalisme néoplatonicien. Mais ne faites pas honneur de cette sobriété à la sagesse de l'esprit humain; rapportez-la bien plutôt au christianisme, et à la surveillance active et puissante encore de l’autorité ecclésiastique. Sous ce contrôle sévère, la philosophie scholastique, moins indépendante, a été contrainte d’être plus raisonnable; cependant, même dans ces étroites limites, elle a été encore plus ou moins idéaliste, sensualiste, sceptique et mystique, parce que la nature de l’esprit humain pousse tout grand mouvement intellectuel à parcourir ces quatre routes, par lesquelles vous avez vu déjà passer deux fois la philosophie.
Caractère général de la philosophie du quinzième et du seizième siè cle. — Son origine. — Classification de tous ses systèmes en quatre écoles. 1* École idéaliste platonicienne : Marsile Plein, les Pic de La Mirandole, Ramus, Patrizzi, Jordano Bruno. — 2" École sensuahste péripatéticienne : Pomponat, Césalpini, Vanini. — Telesio et Campanella. — 3’ Ecole sceptique ; Sanchez, Montaigne, Charron. — 4* École mystique : Marsile Ficin, les Pic, Nicolas de Cuss, Reuchlin, Agrippa, Paracelse, Robert Fludd, Van Helmont, Bôhme. — Comparaison des quatre écoles sous divers aspects. — Conclusion.
La scholastique a fait son temps. Vous l’avez vue d’abord humble servante de la théologie, puis son alliée respectée, enfin s’essayant à la liberté, et dénouant peu à peu les liens qu'elle avait portés pendant six siècles. Nous avons distingué ces trois moments dans la scholastique ; mais il reste vrai que son caractère général est la subordination de la philosophie à la théologie, tandis que celui de la philosophie moderne sera la sécularisation de la philosophie. La scholastique cesse donc vers la fin du quinzième siècle, et la philosophie moderne ne commence que vers les premiers jours du dix-septième. Entre l'une et l’autre il y a une époque intermédiaire dont il s'agit de se faire une idée précise.
Je n’ai pas besoin de vous exposer les grands événe-
ments qui ont signalé dans l’ordre social, scientifique et littéraire, le quinzième et le seizième siècle, surtout le dernier ; il me suffit de vous rappeler que ce qui distingue ce siècle est en général l’esprit d’aventure, une énergie surabondante qui, après s’ètre longtemps nourrie et fortifiée sous la discipline austère de l’Église, se déploie en tous sens et de toutes les manières, quand l'issue lui est ouverte. 11 en est de mêmade la philosophie de cet âge. Longtemps captive dans le cercle de la théologie, elle en sort de toutes parts avec une ardeur admirable, mais sans aucune règle. L’indépendance commence, mais la méthode n'est pas née, et la philosophie se précipite au hasard dans tous les systèmes qui se présentent à elle, Quels sont ces systèmes? C’est là ce que nous avons à reconnaître, car nous parcourons, nous étudions tous les siècles, afin d'y découvrir les tendances innées de l’esprit humain et en quelque sorte les éléments organiques de l’histoire de la philosophie. Or, la philosophie du quinzième et du seizième siècle doit sou caractère comme son origine à un accident.
* Parmi les événements qui marquent le quinzième siècle, un des plus considérables est la prise de Constantinople. C’est la prise de Constantinople qui a transporté en Europe les arts, la littérature et la philosophie de la Grèce ancienne, et qui par là a changé toutes les directions jusqu’alors suivies. Le moyen âge, comme toute noble époque de l’humanité, avait eu son expression dans l'art et dans la littérature. De toutes parts étaient sortis de l’état social de l’Europe, et du christianisme qui en était le fond, des arts et une littérature propres à l’Europe, nés de ses croyances et de
ses mœurs, et qui les représentaient, c’est-à-dire des arts et une littérature romantiques. Le vrai romantisme, quand on laisse là les théories arbitraires pour s’en tenir à l’histoire, n’est pas autre chose que le développement spontané du moyen âge dans l’art et dans la littérature. Rappelez-vous l’architecture gothique qui a couvert la moitié de l’Empire, les commencements de la peinture italienne, flamande et allemande; pour la poésie, soit lyrique, soit épique et dramatique, nos troubadours et nos trouvères, nos épopées carlovingiennes, la chanson de Roland et l’Avocat Patelin, les maîtres de chant de l’Allemagne et le Romancero espagnol; songez que le Dante, au treizième siècle, que Shakespeare lui-même à la tin du seizième, ne doivent presque rien à la nouvelle culture artificielle apportée par les Grecs de Constantinople. Ce n’est donc pas, comme on le répète, l’apparition de la Grèce en Europe au quinzième siècle qui a créé nos arts et notre littérature, car ils existaient déjà; mais c’est en effet de cette source qu’a découlé dans l’imagination européenne le sentiment de la beauté de la forme, particulière à l’antiquité. De là, entre le génie romantique de l’Europe du moyen âge et la beauté de la forme classique, une alliance dans laquelle, comme dans toute alliance, les justes parts n’ont pas toujours été parfaitement gardées. Quoiqu’il en soit, et de quelque manière qu’on apprécie l’accident mémorable qui a modifié si puissamment au quinzième siècle les formes de l’art et de la littérature en Europe, on ne peut nier que ce même accident n’ait eu aussi une immense influence sur les destinées de la philosophie.
Quand la Grèce philosophique apparut à l'Europe,
non plus à travers le masque de versions latines à moitié barbares, mais sous son propre visage et avec son langage merveilleux, jugez quelle impression durent produire ces nombreux systèmes, si libres et revêtus d’une forme si brillante et si pure, sur ces philosophes du moyen âge encore enfermés dans l’ombre des cloîtres, et qui déjà soupiraient après l’indépendance! La Grèce n’inspira pas seulement l’Europe, elle exerça sur elle une sorte d’enchantement et de fascination, elle l'enivra; et le caractère de la philosophie de cette époque est l’imitation de la philosophie ancienne sans aucune critique. Ainsi, après avoir été au service de l’Église pendant tout le moyen âge, la philosophie, au quinzième et au seizième siècle, échangea cette domination pour celle de l’antiquité. C’était encore, si vous voulez, une domination; mais quelle différence, je vous prie! On ne pouvait guère aller immédiatement de la scholastique à la philosophie moderne : c’était donc un bienfait déjà que de rencontrer une autorité nouvelle, tout humaine, sans racine dans les mœurs, sans puissance extérieure, fort divisée avec elle-même, par conséquent très-flexible et très-peu durable. Aussi, dans l’économie de l’histoire générale de l’esprit humain, la philosophie de la Renaissance1 a-t-elle été une transi-
1. Nous avons plusieurs fois exprimé le même jugement sur la philosophie de la Renaissance beaucoup trop vantée et assez peu comprise. INTRODUCTION AUX ŒUVRES INÉDITES D’ABÉLARD, et FRAGMENTS DE PHI- LOSOPHIE du moyen aoe, p. 59 : « A la fin du quinzième siècle, on retrouve l'antiquité et avec elle la philosophie ancienne. On possède enfin Aristote, on acquiert Platon; on lit dans leur langue ces deux grands esprits; on s’enchante, on s'enivre de ces magnifiques découvertes; ou devient platonicien, péripatélicien, pythagoricien, épicurien, stoïcien, académicien, alexandrin; on n'est presque plus chrétien
tion, sans originalité et sans grandeur, mais utile et même nécessaire, de l’assujettissement de la philosophie scholastique à l’entière indépendance de la philosophie moderne.
Le spectacle que présente au premier aspect la philosophie du quinzième et du seizième siècle est celui d’une extrême confusion. Tout se presse et se mêle dans ces deux siècles si remplis; les systèmes n’ont pas l’air de s’y succéder; ils semblent sortir de terre
et se développer tous ensemble. Un premier moyen
et assez peu philosophe ; on est savant avec plus ou moins d’imagination et d’enthousiasme ; on est plein d’esprit, on a peu do génie. Le seizième siècle tout entier n’a pas produit un seul grand homme en philosophie. Toute l’utilité, toute la mission de ce siècle n’a guère été que d’elTacer et de détruire le moyen âge sous l’imitation artificielle de l'antique, jusqu'à ce qu'enfin au dix-septième un homme de génie, assurément très-cultivé, mais sans aucune érudition, Descartes, enfante la philosophie moderne avec ses immenses destinées. » Fragments de philosophie moderne, 1” partie, Fani'ni ou la Philosophie acant Descartes, p. 14 : « Entre la philosophie scholastique et la philosophie moderne est celle qu’on peut appeler à bon droit la philosophie de la Renaissance, parce que, si elle est quelque chose, elle est surtout une imitation de l’antiquité. Elle est presque entièrement négative: elle rejette la scholastique, elle aspire à quelque chose de nouveau, et fait du nouveau avec l'antiquité retrouvée. A Florence on traduit Platon et les Alexandrins, on fonde une académie pleine d’enthousiasme, dépourvue de critique, où l’on mêle, comme autrefois à Alexandrie, Zoroastre, Orphée, Platon, Plotin et Proclus, l’idéalisme et le mysticisme, un peu de vérité, beaucoup de chimères. Ceux-ci reviennent à la philosophie d’Ëpicure, ceux-là au stoïcisme, d’autres se réfugient dans le pyrrhonisme. Si presque partout on combat Aristote, c’est l’Aristote du moyen âge, d’Albert le Grand, de saint Thomas, de Duns Scot, celui qui, bien ou mal compris, avait servi de fondement et de règle à l’enseignement chrétien ; on commence aussi à étudier le véritable Aristote, et à Bologne, par exemple, on le tourne contre le christianisme. En fait, cette courte époque ne compte aucun homme de génie qui puisse être mis en parallèle avec les grands philosophes de l'antiquité, du moyen fige et des temps modernes ; elle n’a produit aucun monument qui ait duré, et si on la juge par ses œuvres on peut être avec raison sévère envers elle. Mais c’est l’esprit du seizième siècle qu’il faut considérer au milieu de ses plus grands égarements. La phi-
d’introduire quelque ordre et quelque lumière dans ce chaos, c’est, en partant du principe incontestable que la philosophie de ce temps n’est autre chose qu’un renouvellement de l’antiquité philosophique, de faire pour la copie ce que nous avons fait pour l’original, et de diviser l’imitation de l’antiquité en autant de grandes parties directes que nous en avons reconnu dans l’antiquité elle-même.
E 'abord il n’est pas aussi vrai qu’il paraît au premier coup d’œil que tous les systèmes se soient pro-
losophie de la Renaissance a préparé la philosophie moderne; elle a brisé l’ancienne servitude, servitude féconde, glorieuse même tant qu’elle était inaperçue et qu'on la portait librement en quelque sorte, mais qui, une fois sentie, devenait un insupportable fardeau et un obstacle à tout progrès. A ce point de vue, les philosophes du seizième siècle ont une importance bien supérieure à celle de leurs ouvrages S’ils n’ont rien établi, ils ont tout remué; la plupart ont souffert, plusieurs sont morts pour nous donner la liberté dont nous jouissons. Ils n’ont pas été seulement les prophètes, mais plus d’une fois les martyrs de l’esprit nouveau. De là, sur leur compte, deux jugements contraires, également vrais, et également faux. Quand Descartes et Leibniz, les deux grands philosophes du dix-septième siècle, rencontrent sous leur plume les noms des penseurs aventureux dn seizième, moitié sincérité, moitié calcul, ils les tra ient fort dédaigneusement. Ils ne veulent pas être confondus avec ces esprits turbulents, et ils oublient que sans eux peut-être jamais la liberté raisonnable dont ils font usage n’eût été possible. D’autre part, il y a encore aujourd’hui des brouillons et dos utopistes qui, confondant une révolution à maintenir avec une révolution à faire, nous veulent ramener, dans leur audace rétrospective, au berceau même des temps modernes, et nous proposent pour modèles les entreprises déréglées où s'est consumée l’énergie du seizième siècle. Pour nous, nous croyons être équitable en faisant peu de cas des travaux philosophiques de cet âge et en honorant leurs auteurs : ce ne sont pas leurs écrits qui nous intéressent, c’est leur destinée, leur vie et surtout leur mort. L’héroïsme et le martyre même ne sont pis des preuves de la vérité : l’homme est si grand et si misérable qu’il peut donner sa vie pour l’erreur et la folie comme poui la vérité et la justice; mais le dévouement en soi est toujours sacré, et il nous est impossible de reporter notre pensée vers la vie agitée, les infortunes et la fin tragique de plusieurs des philosophes de la Renaissance sans ressentir pour eux une profonde et douloureuse sympathie. »
duits simultanément au quinzième et au seizième
siècle; ensuite ils pouvaient très-bien s’offrir tous à la fois à l’esprit humain, sans que l’esprit humain les accueillit tous à la fois. Ainsi, quand même l’ouvrage de Sextus, ce grand monument sceptique de la philosophie ancienne, eût revu la lumière en môme temps que les monuments dogmatiques du péripatétisme et du platonisme, il répugne que l’esprit humain, au sortir du moyen âge, encore tout pénétré d’habitudes profondément dogmatiques, eût embrassé le scepticisme avec la même facilité que le dogmatisme : aussi est-ce un fait très-important et parfaitement certain qu’on ne commence à voir poindre sur l’horizon philosophique une lueur de scepticisme qu’au milieu du seizième siècle. Remarquez encore que ce scepticisme ne sort pas du platonisme, mais bien plutôt du péripatétisme, c’est-à-dire d’une école empirique et sensualiste, selon les lois de la formation relative des systèmes que nous avons observées. Enfin, si le mysticisme naît presque immédiatement à Florence du dogmatisme platonicien, sans attendre le développement des autres systèmes, cela s’explique par le caractère du platonisme, tel qu’il passa de Constantinople en Europe; c’était le platonisme alexandrin, c’est-à-dire un système mystique. Ajoutez que ce premier mysticisme est peu de chose, comparé à celui qui paraîtra plus -tard. En effet, c’est surtout à la tin du seizième siècle, après les ardents débats des deux dogmatismes opposés, et après l’apparition bien naturelle alors du scepticisme, qu’arrivera un nouveau mysticisme, lequel ne sera plus seulement un mysticisme artificiel, reproduction plus ou moins fidèle de celui d’Alexandrie,
mais un mysticisme tout autrement original, sorti spontanément des luttes prolongées de la philosophie de la Renaissance et de la lassitude qui suivit ces luttes. En sorte que dans cette époque d’une imitation en apparence si confuse, nous retrouvons encore l’ordre de succession et le progrès régulier que déjà nous avait offerts l’histoire de la philosophie scholastique, de la philosophie grecque et de la philosophie orientale.
Je vais donc faire passer sous vos yeux les quatre grandes écoles qui, au quinzième et au seizième siècle, reproduisent le dogmatisme idéaliste platonicien, la dogmatisme sensualiste péripatéticien, le scepticisme et le mysticisme.
Sans doute plus d’un système a combiné ou plutôt a môlé ensemble plusieurs de ces points de vue élémentaires; mais dans ces combinaisons impuissantes que le temps a si promptement emportées, une analyse un peu sévère discerne aisément l’élément fondamental qui domine toute la combinaison, et la réduit à n’étre encore qu’un système particulier et excessif. Encore une fois, tout semble ici désordre et chaos aux yeux d'un observateur superficiel; tout, aux yeux d’un historien philosophe, s’ordonne et se range dans les quatre classes que je viens de vous signaler.
Les systèmes que ces quatre classes embrassent sont très-nombreux, et en même temps ils manquent d’originalité; car nous sommes ici, répétons-le, dans une époque de fermentation ardente et d’imitation sans grand discernement. Il est impossible, et il serait fort inutile au but que nous nous proposons, d’insister aur chacun de ces systèmes : aussi le cadre qui
les comprend et les explique une fois posé, nous nous contenterons de le remplir avec une simple statistique.
Si nous avions plus de lumières sur l’état de la philo sophie à Constantinople, avant l’arrivée des Grecs en Italie, nous verrions très-vraisemblablement le péripatétisme et le platonisme établis à Constantinople et s’y faisant obscurément la guerre. Du moins, à peine ontils franchi l’Adriatique et sont-ils parvenus sur le sol italien, qu’ils s’annoncent par une querelle. D’un côté. George Gémiste, lettré byzantin, qu’on a nommé ou qui s’est nommé lui-même Pléthon, en quelque sorte un autre Platon, venu en Italie au commencement du quinzième siècle pour assister au concile de Florence, et trouvant dans cette nouvelle Athènes un prince, Côme de Médicis, une cour, des lettrés et des artistes passionnés pour le génie grec, saisit cette occasion de prêcher les doctrines de Platon avec un enthousiasme qu'il n’eût pas apporté dans la cause de Jésus- Christ. Afin de mieux relever Platon, il se mit à rabaisser et à attaquer Aristote' qui, après avoir deux siècles-
1. Le traité grec de George Gémiste sur la différence de la philosophie de Platon et de celle d’Aristote a été imprimé à Venise, A la suite d’un dialogue de Bernardino Donato, de Vérone, sur le même sujet, in-I2, 1540; il y a une traduction latine, Bàle, in 8", 1574: De Platonicæ atque Aristotelicce phüotnphiæ differenlia , libellus ex gratta lingua in laiinam converses, authore G. Cuariandro. — Tout récemment M. Alexandre vient de publier un ouvrage de Pléthon resté en grande partie inédit, Pléthon, Traité desloit, etc., 1858, avec une savante et judicieuse Notice préliminaire, et des extraits de plusieurs écrits de Pléthon et de Gennadius devenus fort rares ou qui n’avaient point encore vu le jour. Dans ce traité sur les lois parait & peu près à découvert le dessein de rétablir une sorte de paganisme alexandrin, comme auraient pu le tenter Julien et Proclus. On peut comprendre et excuser une sorte de retour involontaire A la mythologie d'Homère
auparavant paru un novateur, et même un novateur dangereux, représentait alors l’esprit de routine et cette triste scholastique dont on s'efforçait de sortir comme de la barbarie. Pléthon rencontra un ardent prosélyte dans le fils du médecin du grand-duc, et dans le grand-duc lui- même qui se déclara pour le platotonisme, et conçut l’idée d’une académie platonicienne1. D’autre part, un autre George, dit Scholariua. vraisemblablement parce que dans son pays il avait l’administration des écoles, et qui depuis prit le nom de Gennadius et devint patriarche de Constantinople, se trouvant à Florence et collègue de Pléthon au concile, soupçonna quelque intention peu chrétienne dans ce grand zèle pour Platon, et prit en main la cause d'Aristote dans un écrit qui ne nous est connu que par la réponse de* son adversaire*. Enfin un troisième George, de Tréhizonde, pour plaire, dibon.à Paul II que commençaient à inquiéter les platoniciens de Rome, attaqua Platon
et de Pindare dans des lettrés et des artistes qu'enivrait le premier aspect de la beauté antique; mais ériger celte mythologie en système et la vouloir substituer au christianisme est une extravagance par trop forte, que pourtant nous avons vue renouvelée de nos jours par un autre néo-platooicien sans critique, M. Thomas Taylor.
1. Ficin nous l'apprend lui-même dans la préface de sa traduction de Plotin, imprimée à Florence en 1492, ia-foï. « Prohemium Marsilii Ficini Florentiniin Plotinum, ad magnanimum Laur-ntium Medicem patriæ servatorem. — Magnus Cosinus, senatus consulto patriæ pater, quo tempore concilium inier Græcos aiqtie Latinos sut) F.ugenio pontifice Florentiæ tractahatur, philosophum græcum nomine Uemistura, cognomine Plethonem, quasi Platoncm altcrum, de mystcriis platonicis disputantem fréquenter audivit. E cujus are fervente sic afflatus est protinus ut indë academiam quamdam alta mente concepcrit, banc opportun» primo tempore pariturus. Deinde cum conceptum tantum magnus il fe Medices parturiret, me electissimi medici sui (ilium adhuc puerum lanlo operi destinait, ad hoc ipsum educavit in dics, etc. »