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plutôt propres à les obscurcir, car ils sont plus alexandrins que platoniciens. Ficin, en effet, est un alexandrin comme Pléthon son maître; il a fait passer dans la langue latine les plus grands monuments de l’école d’Alexandrie, avec Platon Plotin tout entier, la plupart des ouvrages de Porphyre, d’iamblique, de Proclus, et il a couronné toutes ces traductions parun traité complet de la théologie platonicienne*. Ficin n’a pas et ne pouvait avoir de critique. Son siècle n’est pas l’âge de la critique, c'est celui de l’enthousiasme, car l’enthousiasme seul pouvait donner la force d’entreprendre et d’achever de pareils travaux. Du moins le disciple de Pléthon n’a-t-il -pas eu sa folie païenne, et il paraît avoir tenté sincèrement d'allier le dogmatisme idéaliste et mystique qu’il recevait des mains de l’antiquité avec les croyances du christianisme; ce qui accrédita singulièrement la philosophie platonicienne. Le succès fut si grand que Platon fut sur le point d’obtenir l’honneur bizarre qu’on avait aussi manqué de décerner à Aristote au quatorzième siècle, une sorte de consécration légale comme philosophe. Dès 1460, Côme de Médicis avait réalisé le projet qu’il a^ait ronçu en entendant Pléthon : il avait fondé à Florence cette célèbre académie platonicienne qui devint le loyer de la philosophie idéaliste et mystique en Italie*.
Marsile Ficin eut pour amis et pour élèves les deux •
1. Theologia platoniea, sire de Immortalitate animorum et ætema felicitate, lib. XVIII, t. I de ses Œuvres complètes Imprimées à Bâle, 2 volumes in-fo!., 1561; réimprimées, ibid., en I5T6, et à Puns eu 1641.
2. Uandini, Specimen lilteratur.r Florentin* sæculi xv in quo..-. acta Academiæ Platonie.r, a magno Cosmo excita', r, cui idem pr.rerat, recensenlur et illustrantur, Florence, 1748.
comtes Jean Pic* et François Pic’ de La Mirandole: le premier quitta même sa petite couronne de Mirandole pour se livrer exclusivement à l’étude de la philosophie. 11 s’y livra en grand seigneur: il imagina une espèce de carrousel philosophique à Rome ; il devait y présenter neuf cents propositions , neuf cents thèses, qu’il soutiendrait à tout venant; et, pour attirer pius de monde, il déclara qu’il payerait les frais de voyage à tous les savants qui voudraient se rendre à son invitation Mais, comme tout ceci n’allait pas moins qu’à élever une sorte de trône à Platon dans Rome même, on fit comprendre au pape les dangers d’une pareille réunion. Elle n’eut donc pas lieu, et depuis l’autorité ecclésiastique commença à surveiller le platonisme, qu’elle avait d’abord si favorablement accueilli.
Francesco Patrizzi, né à Clisso en Dalmatie en 1529, professeur à Ferrure et à Rome, mort en 1597, tenta une conciliation entre Aristote et Platon. Il se donna le plus grand mal pour établir cette prétendue conciliation ; il s’y prépara par une longue étude d’Aristote, dont il a déposé les fruits dans ses Discussionts peripalelicæ*. Il travailla aussi sur les alexandrins, et traduisit même les Institutions thèologiques de Proclus *. Enfin, il fit paraître l’ouvrage auquel il espérait bien attacher son nom, et qui lui paraissait le dernier mot de la philosophie, ouvrage profondément chrétien, très-orthodoxe et d’un platonisme outré : Novadeuniversisphilo-