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Au surplus, lé rusé pontife observait toutes ces agita* tions avec une joie parfaite , attendu qu'elles lui présageaient le déclin de la puissance impériale. Charles savait assez tottcbé à Tancienne foi pour alarmer l.es' docteurs de TEglise , et cependant il n'était point entré dans les vues des Réformés. L'empereur lui-même voyait avec ime émotion mal dissimulée les fâcheux résultats de ses malencontreux projets. Catholiques et Protestants le.teûaienf pour leur ennemi, et la politique seule empêchait qu'il n'y eût des deux parts une rupture. En attendant, Is^ formule de Y Intérim avait été lue à diète ; l'archevêque de Mayence avait remercié l'empereur du zèle qu'il mettait à rétablir la bonne harmonie , et Charles ordonna qu'on imprimât cet acte en latin et en allemand.
Tout cela se fit malgré le légat du pape et sans égard aux vœux des Protestants. Personne ne voulut se ranger à Y Intérim, et quand on essaya de forcer les villes die Lubeck et de Hambourg à l'adopter , il s'ensuivit des émeutes sérieuses.
Cependant ces divers événements faisaient passer l'électeur Maurice par de vives angoisses. Bien que son cœur le portât vers les Protestants, il voulait se conserver la bienv^llance 4le l'empereur, et il avait manifesté pour Y Intérim plus de prédilection qu'il n'en éprouvait réellement. Mais ce qu'il gagnait du côté de Charles, il le perdait de la part des vrais amis de la Réforiiie, 4ùî voyaient avec une sorte de dégoût toutes ces tergiversations. Ce fut à lui que dévolut la tâche de recommander Y Intérim aux théologiens protestants réunis à Augsbourg* Ceux-ci refusèrent positivement d'altérer ou de modifier la confession qu'ils avaient précédenunent donnée au monde. Maurice ne savait quel parti prendre. Un mo-
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ment il eut Tesppir (le réconcilier les docteurs saxons avec ce malheureux Intérim. Ce fut lorsque jyj[é)anchton« jaloux d^opérer un rapprochement et d'efifacer toutes les aspérités , se montra d'un esprit plus çoncUûtnt que ne le permettait peut-être l'amour du vrai. Les efforts de ce grand ïiomme ne Airent pas absolument sans succps* S*4 n'amena pas les théologiens saxons à recevoir V Intérim^ il les pénétra du danger qu'il y aurait à le r^eppus^ei;^ l^ais cette concession ne fit que réveiller ailleurs plus fortement le zèle pour la Réforme ; en sorte quO; d'un bout à l'autre de. l'Allemagne on s^in^ig^a de ce q^e^ ^élanchton et les siens avaient . disait-on , lâchement déserté la cause de la vérité et de la justice. La réppiis^ que fit Mélancbton n'était guère de nature à calmea: l'o^ rage : c II faut, écrivait-il, qu'on se soumette à la servitude, lorsqu^on peut le faire sans impiété (1). *
Ceux qui; refusèrent fermement de se soumettre fi Ylntérim, en alléguant qu'il ét^tit en opposition avec la confession d'Âugsbourg, se virent exposés à mille vexations, si ce n'est m^e à des persécutions véritaj>les. Bien des ministres furent chassés de leur paroisse , et plus>ieùrs d'entre eux essuyèrent les brutalités de la sojdatesque papiste. Ce fut l'occasion ji'une a^ravation de soutïrançes pour |e malhçureux Jean-Frédéric qui, par le bqn plaisir 4^ l'empereur , gémissait encore daus sa prison. (Quoiqu'il semblât n'avoir pjus rien à faire avec
(1) Cette assertion de MélanchtOD, vraie dans sa g^^néralité, était suscepUMe'de plus d'une restriction. D'abord quand on peut, sans péché, çeflwrti^^re à la pervUude, oki ci^mmet un péché eu demeuratii es^ clave; c*esi une espèce de suicide. Ensuite, il s'agissait précLsé^en^.ckt savoir 6:1 les cilt'étleris èvangéliques pouvaient, sans péchéj §é gbii^ mettfiè à i'inUrim Mmi^apidte q|ue Teiuperear iea^ ataMÏ Uit > '
(Traduci€ur)
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les choses de ce ^nde, oj;i re^da^t cp^me i^n poîptt ixBpof tapt de le ga^per aif nouyeaji^ formulaire ; fpajs ]q brave guerrier conoaissait If op bien la yérit^,.poair 49B' ner son a^sentîqoienl; à des doctrines qu'il epyis^gjea^ cpjQpi,me siubversives de la foi dont il ^tait le vpi^yv. ^of) refus eut pour résultat de ranimer la colère de^esoppjresseups. On lui eujleya 3^ B3>lô» on le jffiya du pas^^^ q^ le yj^itait cha^e jour » et pu jremplaça qeltf i-'ci j^^ • des ppêtres papiste», qui devaient, ^» quelque spï*e, 1>. mener de vive fojrcç à Tobseryi^e (J^e^ J^it^^ ,^ ^'^8llftS
Cppeç.(^n]t CSiarlei; commej^çait à espjérer yepti^n^ soumiasip^ des Protestants. Toute sa politique conve^r geait vers ce but. Son armép, composée de sojida)^ jétrangers, marcha sous ses ordres d' Augsbcmrg jjijLjscja'a^ R^ija , çppt^^igoi^t les peuples ^ receyoir le syin))())Q inixte doiit il était l'auteur.
Suf ces entrefaites , Paul III mourut le f jQ i^oyembre 1^49*.lji eut ppii^ successeur le car4|nal 4el Al^^> liomme que tops re4ou^ient, don|; les )[)igots admiraient la prpfqnd^ pol jti(^ue, fnai$ ep qui personne au fon4 fff} se confiait. Il se fit appelé^ Jules liL Jaloux de ppéve^i^ de brusques changements dans la ^arcbe des afEaires, Charles convoqua une diè);e à Augsbo^rg pour le moi^ de ji^illet 1550. Il y recomipftqida yiveiiqient |a cqntinii^r tion 4jui cpficile et déclara que son avis était de punif sév.èpemept ceux qui avaient; mis obstacle à l'açcepl^r tioji de V Intérim.
Le ton que prit l'empereur et la spvér^té (jiqpt il jçiç cesi^a^t 4'H8er copiée Jeau-Frpdériç et cp^tre le lao^r grayç fie Jt^ps^p , Ym et Taufre tQujjouf s en prison, ppp;-
soudaine dont lés effets furent prodigieux. Après avoir présenté quelques objections contre h. continuation du concile , il insista pour qu'on y admit les théologiens d'Augsbourg, afin non-seulement d'y défendre leurs doctrines, mais encore d*y -voter eh rang égal avec les évoques. Il demanda que le pape fût contraint de se soumettre le premier aux décisions du concile , et qu'il n'en eût point la présidence; enfin qu'on 'déliât de leur serment les prélats italiens qui avaient promils au souverain pontife de voter selon ses instructions. * Cette protestation ne produisit aucun eifet. X'pmpereur avait pour lui le pape et la diète. Il ne tînt aucun compte de l'extrême irritation de Maurice et déis Protestants. Lé sang coula. Une terrible oppression pesa sur ceux qui adhéraient aux doctrines de la Réforme. Le concile de Trente avait repris ses sessions el tout semblait s'acheminer à grands pas vers le rétablissement de la tyrannie papale. Les évêques catholiques, d'accord avec le souverain pontife , se hâtaient de consolider la doctrine de la présence réelle , de l'extrême-onctîon et de l'absolution donnée par le prêtre , lorsqu'ils furent tout à coup plongés dans la cojisternation , en appre-=^ nant que le courageux Maurice avait pris hardiment les armes contre l'empereur. Un des fils du landgrave s'était rendu près de l'électeur ; et lui faisant le triste tableau de la santé de son père , qui déclinait de jour en jour, il lui avait représenté le dévoir où il était d'obtemr promptement sa délivrance. Dans la disposition d'esprit de Maurice, ce discours agit sur lui avec une force irrésistible, 6t, en cet instant même, il résolut de commen- "eèr les hostilités contre l'empereur; si longtemps soUrd à ses réclamations en faveur des nobles prisonniers.
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€ l^aurice marcha sans bruit, maié avec la rapidité dé réclair, siir la vilte dliispruck où se trouvait Tempereur. Celui-ci, pris à rimproviste, fut obligé de fuir en toute hâte , au milieu d'une nuit noire et par d'épais brouillards. C'était maintenant à Maurice de dicter des conditions, et à l'orgueilleux empereur de plier devant un de ses princes. Tout se termina par lé traité de Passau, qui mit en liberté le landgrave Philippe ef procura aux Protestants de fort grands avantages en attendant là prochaine diète. Ces événements se passaient l'an 1552, c'est-à-dire après que Jean-Frédéric eut été rendu à sa famille. Quand vînt la diète d'Augsbourg on abolit l'/ntérim et l'on accorda aux Protestants d'Allemagne le libre exercice de leur culte.
» L'empereur, après avoir échoué dans les plans qu'il avait conçus pour l'asservissement de T Allemagne , né fut guère plus heureux d'un autre côté. Les dernières années de son règne se passèrent en luttes continuelles avec les Turcs et avec la France. Fatigué et dégoiité de cette vie agitée, il abdiqua entre les mains de son fils Philippe et . de son frère Ferdinand , donnant à l'un les Pays-Bas et l'Espagne, et à l'autre la couronné impériale. Puis, il se retira dans un couvent, où il mourut en 1558. Pendant le cours de sa carrière politique, la lumière de l'Evangile brilla souvent à ses yeux, le salut lui fut annoncé plus d'une fois par des serviteurs de Dieu pleins de science et de piété. Cependant, on n'a aucune raison de croire que son cœur en ait reçu quelque impression durable. Il chercha dans les pratiques superstitieuses la consolation de ses vieux jours. On a prétendu qu'à sa mort il mit sa confiance en la libre miséricorde de Dieu par Jésus-Christ ; mais rien n'est moins avéré. QmcI bien
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nleût pas fait cet homme, s'il se f(it mis à la tête de la grande œuvre que le Seigneur accor^lit sous ses yeqjtî
» L'électeur Maurice était déjà mort , eu 1555 » (Japs une bataille contre le dévastateur Âll)ert. margrave de Brandebourg. Maurice fat un pripcç^ ^e grande c^pa-* cité. L'on ne peut lui contester ni l'ha^leté politique, ni le g^nie militaire ; mais il y eut bien dû louche dans s^ conduite. La prière qu'il fit fiyai^t jfjlç pjoupr iji^putrerait qjie, s'il n'avait pas une claire connaissance dès yiçrjtés de l'Evangile , son cœur n'éj^t pas étrau^er à la vraie religion (1), i> ^
Quoi qu'il en soit, l'on ne peut que voir çp Juî nn ïf^strument dont Dieu se servit d^ui* repdrç a l'Allemagne la liberté religieuse ; et puis on conviendra qu'ijL vécut en des temps où il était difficile de concilier la prudence avec la droiture. Il ne possédait pas des principes asçez fermes pour tempérer «on mnbition , et ce fat récue4 sur lequel il fit joiaufrage. C'est là ce qui le mit aut service de Charles-Quint et lui fit trahir son oncle ; ce fat peutêtre encore ce qui le détermina n)us tard à humiljier
l'empereur. Mais, comtne le Cyrus ^'autrefois , il liu
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était réservé de délivrer l'Eglisja opprimée, et d'assej^r la liberté des Protestants sur une base que le concile de Trente lui-même ne put ensuite ébranler, et quç la paix de Westphalie , en 1648 , vint consolider après une guerre longue et désastreuse.
Nous voulons parler de la giiçrre de trente ans, peqdant laquelle Dieu purifia l'Eglise prqte$tante, moins sans doute par le sang qui fut répandu , que par" l'influence des hommes pieux dont la voix se lit entendra durant
(1) HUtoire géitérale, par C. Barth«
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cette epgjiuç d'agitatîop. ^'éleva^t avec c^aleuç contre la théologie formaliste et la morte orthqdoxie de leur temps^ lis réussirent à répandre Tesprit ^e. Christ au spip de TEglise. Les noms de Arndt, de Jean Gérard, 4'Etienne Pretoriiis, d'Henri ftjujler, deChriçtjap ^Scrivçr^ de Jeân-Valentin Apdrea^, méritent e^iye ^mtr^s d'çire; recommandés ali souvenir des chrétiens ^ à raison des services qu'ont rendus leurs écrits ^et leur ministère. . Et quand ces nobles J;émoins de la vérité furent recueillis près de leurs pères,^ils eurent pour successeurs, vers la fin du dix-septième siècle^ des hommes qui, marchant sur lefirs traces, s'efforcèrent d'établir entre les fidèles la communion spirituelle ^ue les confessions publiques dès Roformateurs n'avaient pu efiet^tner.
Renonçant au vam projet de grouper foutes les sections de l'élise protestante autour d'un même formulaire, ils aspirèrent à réuinr les vrais chrétiens par le lien d'uhe même foi et d'un même amour pour l'Evangile. Ce fut, par la grâce de Dieu, commo^une seconde Réformation, non i^oins remarquable que 4a première. Le célèbre Spenef fut au premier rang parmi ceux qui tjpavaillèreifl à dégager de ces grossiers éléments l'esprit de la Réformalioh protestante. Il vit nettement qu'il faut, pour être chrétien, autre chose que de renoncer ' aux erreurs du romanisme, et il joignit à une Opposition inébranlable contre Rome, les sentiments éy^ngéliques
des chrétiens primitifs. Jl enseignait avec beaucoup de
force et de zèle que l'Eglise visible est une communion de chrétiens ; quç la conversion du ^o^r peut seule ouvrir à quelqu'un la gorte du royaume de Dieu ; que la nue orthodoxie, sans la foLvfvante, ne sert à quoi que ce soit devant Celui qui veut la vérité dans f intérieur. On