CHAP. IX. ^ L'ANGLETERRE
toatle sy&tèafô romain. Il se défeûdit aoblexomt contre les accusations de ses ennemis, et ses instructions portèrent des fruits bien longtemps après qu'il fut tombé victime de rintolérance de son siècle.
A la honte éternelle de la nation anglaise, ces courageux Réformateurs souffrirent le martyre dans un temps oiï plusieurs des hautes charges de FEtat étaient occupées par des hommes qui Êûsaiént profession de protéger la Réforme. Cela n'empêche pas que ce petit nombre de Yitus chrétiens ne soient les vrais pères de Téglise'' protestante d'Angleterre; car ils firent pour saper la tyrannie de Rome et pour détruire ses fatales erreurs, plus qi|e n'avait fait Henri VIII avec tous ses édits, ses proscriptions et ses envahissements arbitraires sur les droits de la conscience.
Quant au caractère personnel de ce monarque, il ne peut y avoir qu'une opinion. C'était un méchant homme, ce que montre assez le traitement qu'il fit subir à ses deux premières femmes. La mort cruelle d'Anne Boleyn fat une grande perte pour les Protestants , dont elle avait épousé la cause aussi ouvertem^it qu'elle le put. Cranmer vivait encore et continuait d'exercer une grande influence sur le prince. S'il favorisa son deuxième divorce, ce fiit, disent quelques*uns, en faisant le sacrifice de son opinion personnelle. Quoi qu'il en soit, l'on ne saurait douter que ce n'ait été par là qu'il se maintint en faveur ; car , au fond de l'âme , Henri éprouvait plus de sympathie pour les vues de Gardiner , l'implacable ennemi de Cranmer. Il n'est pas d'homme, hélas ! même parmi les meilleurs , qai ne se puisse tromper. G'iest pourquoi nous aimons à voir dans Cranmer une ^conscience droite, bien que mal éclairée ; et , quoi qu'il
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ça soit , on ne saurait douter que son crédit à la cour n'ait prévenu l'adc^tion de bien des mesures qui eussent été déeidément fatales à la Réforme. Lorsque Henri fut éur son lit de mort , il donna une nouvelle preuve du respect qu'il portait à Tarchevéque , en lui assignant une place dans ie conseil de régence de son fils Edouard. C'était le 28 janvier 1547. Pleuré d'un petit nombre de ses sujets, Henri n'obtint réellement l'affection de personne.
Edouard VI au contraire fot un prince de grandes espérances, et il est permis de croire que , s'il eût vécu, son règne eût été fort glorieux pour l'Angleterre. Il y a toute apparence que la grâce de Dieu avait pénétré son cœur. C'est à l'âge de neuf ans qu'il monta sur le trône. Le duc de Somerset , régent da royaume pendant la minorité d'Edouard, se déclara franchement pour la foi protestante et, avec Cranmer au conseil , il prit des mesures pour qu'elle devint promptement la religion dq pays. A cet effet, l'on ne manqua pas de recourir aux conseils de Calvin. En conséquence , les articles de foi qu'on adopta pour l'Angleterre reproduisirent fidèlement ses doctrines. Pais on fit venir du continent, pour l'établir professeur de théologie à Oxford , un savant docteur, ami particulier du Réformateur français : c'était Pierre Martyr.
Le Papisme dut sérieusement battre en retraite. La confession auriculaire lut abolie avec éclat , et la cène du Seigneur administrée selon le rite protestant. Rien n'égalerait en beauté le règne d'Edouard , si on ne l'eût souillé par quelques actes d'intolérance. Mais tel était l'esprit du siècle , que les mains de Cranmer lui-même trempèrent dans ie sang. Ce fut lui qui contraignit en