‹ Histoire générale de la réformationChapitre 71 sur 80 · CH4P. IX. L'ANGLETERRE · texte numérisé non relu

CH4P. IX. L'ANGLETERRE

qae lui firent le» cœinrs préparés, par la grâce du Sdlr gneur^àle recevoir et à rhonorer, éveilla le&ÎDquiétudes des chefs de l'Eglise, et Too se vut à faire de sévères perquisitions contreles hérétiques et contre le livre qu'ils osaient recommander. Par ordre des évèques, le qlergé dut excommunier tous ceux qui refuseraient de livrer les exemplaires du Nouveau-Testament de Typdftle qu'ils avaient entre les mains; et plusieurs ecclésiastiques , suspects de partager les doctrines de Luther » furent sommés de comparaître devant l'évèque pour rendre compte de leur hérésie. Le procès de Bilney, prédicateur à Ipswick^peut nous donner quelque idée de ce qu'enseignaient les hommes qui inspiraient une si grande peur, c Christ, notre Sauveur, » avait dit Bilney, c est médiateur entre le Père et nous , qu'avons-nous donc besoin de chercher auprès des saints le remède à nos misères ? C'est faire injure au sang de Christ et blasphémer contre notre Sauveur que de prier par de tels intercesseurs. L'homme est si imparfait de sa nature , qu'il ne saurait y avoir aucun mérite en ses œuvres. Les prophètes ont annoncé d'avance la venue du Christ; mais Jean-Baptiste, qui fut plus qu'un prophète, a fait plus que cela ; montrait Jésus de son doigt, il a dit : c Voilà l'Agneau de Dieu, qui ôte le péché du monde. » Or, s'il eii est ainsi , quelle insulte à notre Sauveur Jésus-Christ, que de voir un moyen d'expiation dans le capuchon de saint François, jusqu'à dire qu'en s'ensevelissant avec ce capuchon, l'on obtient la remise des quatre quarts de la peine ! Que reste-t-il donc au Sauyeur Jésus^Christ , lui pourtant ^ qui ôte le péché du monde ? > C'est là, j'ose le dire, un énorme blasphème contre le sang de Christ. i> Bilney montrait aussi la folie d^ pèlerinages , et il n'hé-

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sitait pas à dire que les prédicateurs précédents avaient été des antechrists, dont il plaisait maintenant à Dieu de dévoiler le mensonge et les erreurs. S'il recula d'abord, par la crainte de l'homme , il en eut plus tard un vif repentir. Quoi qu'il en soit, les doctrines pour lesquelles on le mit en cause, n'avaient rien que de très-évangélique.

Voilà donc quelles étaient les opinions hautement avouées par un camarade de collège de Latimer , et par bien d'autres encore, au commencement du règne de Henri YIII. H fallait cela, sans nul doute, pour que la rupture du monarque avec le pape eût les résultats merveilleux dont on ne la sépare pas assez. Nous voudrions pouvoir saluer d'un même cri de joie les causes secondes et les effets qu'elles produisirent ; mais la chose ne nous est pas possible. Disons seulement que Dieu était là, et que c'est lui qui, « tournant à sa louange la colère de l'homme, * a prévenu le mal qu'elle eût pu faire.

On ne saurait voir chez Henri VHI aucune véritable crainte de Dieu. Son débat avec le pape avait pour princi pe l'oubli de toute religion et de toute morale. Nul doute qu'il n'eût obtenu son divorce des mains du pontife, lors même que Catherine eût été bien réellement sa bellesœur, si elle n'avait pas été en même temps la tante de Charles-Quint. Henri, de son côté, était trop fermement résolu à répudier Catherine, pour s'arranger des refiis du pape. Après avoir reçu de plusieurs Universités de l'Europe des avis favorables à son dessein, il renvoya la reine sans s'inquiéter des menaces du Vatican. Pour le punir de sa témérité. Clément VII lança l'excommunication sur la tête orgueilleuse du monarque; et celui-ci, afin de s'y soustraire, secoua le joug de la papauté, ab-

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jurant solennellement, pour lui-même et pour son peuple, la prétendue suprématie de saint Pierre. Cela n'empêchait pas qu'il ne fôt papiste au fond de l'âme ; car, dans le Parlement qu'il ouvrit à la fin del'an 1554, il . obtint la promulgation d'une loi qui le déclarait a chef suprême, sur la terre, de l'église anglicane, > lui conférant, à lui et à ses successeurs, « le pouvoir de rechercher et de redresser toute hérésie, toute erreur et tout abus qui , dans l'ordre ecclésiastique, aurait besoin de réforme, j» C'est ainsi qu'il se substitua purement et simplement au pape ; puis il exigea de ses sujets, quels qu'ils fussent , une obéissance implicite au système de doctrine et de discipline ,.plus d'à moitié papiste , qu'il lui plut de leur imposer.

Dès ce moment il y eut un égal danger à professer le Papisme ou le Protestantisme ; car l'un et l'autre pouvaient être punis de mort. La cour se divisait en deux camps, les uns retenant le Romanisme et les autres adhérant à la Réforme. Le roi passait de l'un à l'autre suivant ses convenances; en sorte que Romanistes et Protestants étaient alternativement envoyés en prison et à la mort, au gré de ses caprices. La reine Anne Boleyn, Thomas Cromwell , l'archevêque Cranmer et l'évêque Latimer favorisaient la Réformation ; les évêques de Rochester et de Winchester, sir Thomas More et le duc de Norfolk défendaient chaudement le pouvoir papal. More, ayant expressément refusé de reconnaître la suprématie spirituelle de Henri, dut expier par le martyre le courage avec lequel il persévéra dans la foi romaine.

D'un autre côté, le" roi n'était pas homme à laisser comme une lettre morte le pouvoir qu'il s'était ?irrogé de rechercher et de réformer les hérésies. Bilney et

Frith méritèrent par leur dévottettient aux doétrines réfonAées, de porter les premiers leur vie sur Tëchafatid. On ne peut assez dire ce qu'il y avait d'étrange dans la situation. Si quelqu'un refusait de renoncer au pape et de reconnaître le pouvoir royal en matière rieligîeusé, il était jugé et condamné ; même chose lui arrivait, s'il prêchait le pur Evangile de la Réformatton. Cellet\ "n'eut pas d'adversaires plus ardents que les évêques qui, entrant dans les vues ecclésiastiques du monarque , étaient , comme lui, papistes au fond de l'âme. C'est ainsi que le docteur Nixon, évêque de Norwicb, feeltiî qui résolut la mort de Bilney, parce qu'il prêchait les doctrines de Luther, n'était pas autre chose qu'un loup en habit de brebis. Combien n'y eu eut-il pas avec lui, qui, se prévalant des institutions nouvelles pour comihettre leurs iniquités, persécutèrent jusqu'à la mort nombre de fidèles serviteurs de Christ. On vit même plusieurs prélats, tant était grande leur versatitité, consentir également au martyre des Papistes et à celui d^s Protestants : dès uns, parce qu'ils résistaient au roi ; des autres, parce qu'ils ne voulaient pas résister au pape. Parmi les premiers oii peut cîtef coftmie exemple remarquable , les içoînes de la Chartreuse de Londres; et parmi les seconds, Bilney, Frith, Lambart, et bien d'autres. C'est avec beaucoup de justesse qu'on a dit de Henri VIII, qu'il rejeta l'autorité du pape pour pouvoir satisfaire ses passions charnelles, comme il avait précédemment défendu le pape pour satisfaire sa vanité.

Ainsi donc , après que le roi d'Angleterre eut répudié

la suprématie du pape, il publia, sous son autorité

'royale, un système religieux si contradictoire et si em-

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br<willé, que le peuple finît par ne pas savoir à qui croire; car malheureusement la multitude était privée de la pure Parole de Dieu. Henri^'attribua, en quelque sorte, l'infaillibilité aussi bien que le pape , et son pouvoir arbitraire ne souffrait pas l'opposition • Dominé par un ^ égoïsme énorme, il haïssait avec violence toi^t ce qui venait à la traverse de ses goûts et de ses plans * Nul doute, comme nous l'avons dit, qu'il n'ait été, entre les mains de Dieu, l'instrument de bienfaits immenses pour l'humanité > mais aucun homme de sens ne saurait approuver les motifs qui l'animèrent, et qu'il ne se fît pi^ iaute d'avouer.

Un des principaux fruits de la révolution religieuse opérée par Henri YIII, ce fut la suppression des couvents. Sans rappeler l'origine d'institutions qui durent leur existesice à des vues erronées sur la nature et les mérites de la dévotion , disons seulement que les monastères absorbaient une grande partie de la richesse natiopale, et que souvent ils furei^ le réceptacle de mœurs honteuses. L'asile qu'ils of&irent à la science et aux âmes accablées par les peines de la vie, ne saurait fajre oublier les scènes de cruauté qu'ils couvrirent de leur <]^bre, ni les tentations qu'ils offraient aux esjH^its superstitieux et aux cœurs dépravés , ni même la pauvreté dans laquelle l'accumulation de leurs richesses retenait les peuples qu'on avait dépouillés à leur profit. L'ordre que donna Henri de faire une visiite générale des monastères , et dont il confia l'exécution à l'œil exercé de son ministre Cromw^U, fournit abondamment la preuve des désordres qui régnaient dans presque tous les oo^v^ts; m sorte que, quels que fussej^jt les motifs j^uqipnarque, et .malgré cp qu'il y ajifî^it d'ar^)itrafire dafljS

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ses mesures, on ne put méconnaître les avantages œnsidérables que la nation devait recueillir de la suppression des monastères. Et comme les plus petites de ces communautés étaient celles où le mal se montrait dans toute sa laideur, ce fat sur elles que tomba d'abord Tinterdiction royale. Quant aux biens qu'elles possédaient et qu'on avait espéré de voir appliqués à des usages religieux, ils farent honteusement dilapidés.

Alléché par cette première spoliation, Henri ne tarda pas à tourner les yeux du côté des grands monastères. Il est vrai qu'une bonne partie du clergé et de la noblesse commençait à s'inquiéter, et qu'il y eut même , dans le nord, des mouvements que la force des armes put seule contenir ; mais dès que l'ordre fat quelque peu rétabli, le roi nomma une nouvelle commission d'enquête , pour connaître l'état des maisons religieuses que n'avait pas encore atteintes la rapacité de la cour. Les uns après les autres, tous les moines durent répondre sur l'accusation qui leur était faite d'avoir résisté aux ordres du roi ; et comme il était bien avéré qu'ils avaient effectivement montré beaucoup d'activité dans leur opposition , il ne fat pas trop difficile de justifier les mesures de rigueur qu'un pouvoir arbitraire leur destinait. On se doute bien que les abbés des monastères n'eurent pas grande hâte à livrer les trésors de leurs communautés ; mais soit par promesses, soit par menaces , en y employant la prison et même le dernier supplice , les commissaires royaux vînrent à bout de leur rude entreprise, ef ils purent enfin déposer aux pieds du monarque les fruits de leurs habiles manœuvres.

Les vrais amis de ta Réformç envisageaient les monastères comme un grand obstacle aux progrès de la

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religion et des bonnes mœurs. I^r ces considérations, ils s'étaient montrés favorables à leur anéantissement ; mais ils ne virent pas sans douleur Tabus qu'on allait faire des propriétés ecclésiastiques confisquées par la couronne. Un acte du Parlement de 1539 destina, il est vrai, une partie de ces biens a Térection de nouveaux évêchés ; mais on en consacra la portion la plus considérable au soulagement de l'Etat, et plus encore peut-être à la satisfaction des besoins dispendieux du monarque et à Tenrichissement de ses favoris.

Il s's^issait, après cela, d'ordonner l'uniformité de croyance, tâche ard«e devant laquelle l'orgueil de Henri VIII ne recula point. Il crut qu'un simple acte du Parlement en viendrait à bout. Une commission composée de deux archevêques et de plusieurs évêques, présidée par Cromw^U, fut chargée d'instrumenter quelques articles qui servissent de base à la foi nationale. La com* mission né tarda pas à déclarer l'impossibilité oti elle était de remplir son mandat ; sur quoi le roi lui-même dressa six questions, qu'il soumit* à la discussion du Parlement. De là sortit le formulaire connu sous le nom des c Six Articles, >' formulaire où la foi des Protestants ne pouvait pas être plus directement contredite. Il maintensdt la doctrine de la présence réelle, le célibat des prêtres, le vœu de chasteté, la messe, la confession auriculaire. Cranmer s'opposa de toutes ses forces à ce qu'on l'adoptât; mais son opposition n'aboutit qu'à prouver combien le roi et son Parlement étaient encore engagés dans la ligue de l'Antéchrist contre l'étemelle vérité de Dieu. Durant tCMitle règne de Henri les Articles demeurèrent en pleine vigueur ; si bien qii'on ne concevrait pas comment un Protestant éclairé pourrait voir en lui

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un reformatéiir,m dans le clergé qui se soumit géo^lement à de telles lois, un clergé vraiment pr<Hiestant. Vers la fin de ce triste règne, des bigots intolérants, tds que Gardiner et Bonner, acquireait une grande inflo^ce à la cour. Conduits par le duc de Norfolk, ils provoquèrent la ruine de lord Cromwell , Tami d^ mesures libérales, et travaillèrent à la restauration du Papisme , moins le pape , lequel d'ailleurs n'était pas trop mal rem^acé par le souverain de F Angleterre.

Pour rendre justice à Cranmer et à ceux qui pensaient comme lui , nous devons reconnaître qu'il déplora vivement la marche que prirent les affaires d^uis la diate des couvents et Fadoption des Six Articles. Latimer, évêque de Worchester, et Shaxton, évêquede Salisbury, sans s'inquiéter des conséquences, déclarèrent leur adhésion pure et simple à la Parole de«Dieu. Il est vrai qu'ils furent, pour ce fait, jetés en prison et dépouillés de leurs dignités. Si Cranmer eût montré le 'même courage, et qu'il eût été moins dodle aux ordres arbitraires 4n monarque, ses nombreuses et rares vertus eussent brillé d'un éclat plus pur. Hélas ! sous ie règne de Henri, la Grande-Bretagne n'eut guère de Réformateurs qu'on puisse mettre en parallMe avec ce. Luther, dont l'énergie puisait une nouvelle force au sein de la krtte et en présence du danger. Ce fot par la puissance de la vérité , et non par la force des lois, qu'il jeta les fondements de la Réforme en Allemagne ; et A ^t certainement mieux valu pour l'Angleterre que l'esprit impur et alrïer de Henri VIII ne dirigeât pas les premières attaques contre le pouvoir de Rome ; car, après tout, il f^ut être sincèrement protestant soi*méme, quand on veut édifier la foi des Protestants.

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Pour en reyenir à Cranmer, fout homme imparlial ne peut que reconnaître sa ^ncérité et sa piété. Son âme était affranchie de bien dos préjugés qui déshonorèrent maints théologiens protestants, à. des époques mêmes de plus grande lumière. La joie qu'il exprima lorsque parut la Bible de Gorerdale et la peine qu'il se donna pour la répandre, montrent coa^ien il croyait à la puissance de la Parole écrite, et à quelle distance il était du système romain.

Quand on suit les premiers pas de la Réformation en Angleterre, on acquiert une conviction toujours plus intime qu'elle dut ses succès à la force de la \érité et à la bénédiction de Dieu, bien plus qu'à la faveur royale et à la sagesse des ecclésiastiques qui passent pour en avoir épousé les intérêts. La Parole de Dieu faisait silencieusement sen chemin dans les âmes, en idépit des hommes puissants qui eussent voulûmes égar^. Ce travail des œprits n'échappait point à un petit nombre d'individus éclairés, qui en auguraient l'approche de temps meilleurs. Puis il y avait bon nombre de prédicateurs ^ont la vmx annonçait fidèlement tout le conseil de Dieu, malgré les entraves qu'on eût voulu mettre à leurs travaux. De ce nombre était Tyndale. Par son ministère, par sa traduction du Nouveau^Te&tameut, par ses éorits pleins de piété évangélique, il contribua puissamment à entretenu" l'amour de la vérité, et à.dissiper les pernicieuses erreurs de son siècle. Dans l'excellent traité qui a pour titre : Introdmiion a^x Sainieê-Bcritures ( Vaihumi info ihe 'JBMy Scriptwr^ ) , il s'exprime en ces termes remarquables : € Par girâçe, c'est^-dire par faveur, nous sommes détachés d'Adam, le principe de to^timal, pour être entés en Christ, la racine de jtout, bien» C'e^t en

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Christ que Dieu nous a aimés, nous ses élus, avant que le monde fût fait, et qu'il nous a gardés pour nous amener à la connaissance de son Fils et de son Saint-Evangile. Puis, quand cet Evangile nous est prêché, c'est toujours en Christ que Dieu nous ouvre le cœur, qu'il nous accorde la grâce de croire et qu'il met en nous l'Esprit (Je Christ. Alors nous le connaissons comme Père et comme un Père plein de miséricorde ; nous donnons notre assentiment à la loi ; nous aimons cette loi du fond de notre cœur ; nous désirons de l'accomplir et notre affliction est de ne pouvoir le faire. C'est déjà quelque chose que ce désir et cette douleur, vu notre grande faiblesse et en attendant que plus de force nous soit donnée. Au reste le sang de Christ a fait pleine satisfaction. Le sang de Christ nous a obtenu toutes choses de Dieu. Christ est notre satisfaction, notre Rédempteur, notre Libérateur, celui qui nous sauve de la vengeance et de la colère. Voyez dans les épîtres de Paul, de Pierre et de Jean, aussi bien que dans l'Evangile , ce que Christ est pour nous. Nous sommes sauvés par la foi, c'est-à-dire en croyant aux promesses. Et , bien que la foi soit inséparable de l'amour et des bonnes œuvres, notre salut néanmoins n'est jamais attribué ni à notre amour, ni à nos bonnes œuvres, mais à la foi seulement. La raison en est que l'amour et les œuvres sont du ressort de la loi ; et, par cela même que la loi requiert la perfection dans le cœur, elle maudit naturellement tout ce qui est imparfait. Mais la foi est du ressort de la promesse, et bien loin que la promesse puisse maudire, c'est par elle qu'est le pardon, la grâce, la miséricorde, la faveur; en un mot, tout ce qui peut se promettre. »

On voit avec quelle clarté et quelle force Tyndale ex-

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posait les vérités opposées aux erreurs de Borne. C'est bien certainement dans la prédication de ces doctrines qu'il faut chercher la vraie cause de la Réformation de l'Angleterre. Il n'atlaqua pas avec moins de résolution l'idée orgueilleuse et fantastique que le clergé se faisait alors de l'Eglise.

c L'Eglise de Christ, ji dit*il, c est la multitude de ceux qui croient en Chril^l pour obtenir la rémission de leurs péchés ; qui, par reconnaissance pour cette miséricorde, aiment la Id de Dieu, pure et sans gloses restrictives ; qui, enfin, par haine pour le péché, soupirent après la vie à venir. Telle est l'Eglise qui ne saurait errer sur les points essentiels au salut^ ni pendant bien longtemps, ni en tous ceux qui la composent. Quand il s'élève une question nouvelle, Dieu, qui est fidèle en ses promesses, suscite l'un ou l'autre de ses serviteurs pour qu'il enseigne à ses frères, selon les Ecritures, les choses nécessaires au salut; puis il illumine le cœur des vrais membres de l'Eglise afin qu'ils voient tous de même et qu'ils tombent d'accord sur la vérité. Et si, d'une part, ceux dont le cœur fut lavé par le baptême intériem* de l'Esprit , sont membres de l'Eglise; s^ils ont les clefs de l'Ecriture ; bien plus, le pouvoir de lier et de délier, en sorte qu'ils ne peuvent errer; ceux qui, d'une autre part, pèchent de propos délibéré, ne soutfrent pas qu'on les reprenne, veulent pouvoir faire le mal librement et s'en arrogent une sorte de privilège ; ceux qui énervent la loi de Dieu par leurs commentaires, qui conservent des cérémonies, des traditions et des coutumes destructives de la foi ; ceux-ci, dis-je, sont membres de Satan et leur doctrine n'est que poison, erreur et ténèbres. Et cela est vrai, qu'ils s'appellent papes, évèques, abbés, curés ou

docteurs en théotogre. Qmnd its sanraiefit par cœur toute l'Ecriture, qo'ils la pourraient lire en grec, en hé« breu et en latin, et qu'ils prêcheraient Christ et sa pas* sioa de manière à faire pleurer et hurler les pauvres femmes qui les écoutent, je n'en persisterais pas moins dans mon dire. Csrr, lorsqu'ils en viennent à appliquer la passion de Jésus-Christ au salut de nos âmes, ils y jettent tout leur poison ; et au lieu de noua faire sentir, par la loi, le bëlSoin que nous avcms du salut, ils énervent la loi par leurs commentaires. C'est ainsi qu'ils nous éloignent de Christ, et qu'ils nous enseignent à nous confier dans nos œuvres pour obtenir l'expiation de nos péchés. Hypocrites qui, avec leurs jongleries, ont l'audace de vendre leurs propres mérites, en les substituant ausai^ et à la passion de Jésus-Christ, i

Ce fut de ce ton courageux et décidé que Tyndale prêcha jusqu'à la fin les vérités salutaires de la Parole du Seigneur.

Et Frith aussi , qui fut si cruellement martyrisé pour avoir nié la doctrine de la présaio^ réelle , ne cessa <le travailler au progrès de la Réforme par la simple prédication de l'Evangile, sans chercher son appui dans l'action du gouvernement. Le témoignage qu'il rendît à la vérité , et pendant sa vie et à l'article de la mort , produisit un effet durable sur les habitants de l'ingrate patrie qu'il arrosa de son sang.

Le docteur Barnes de Cambridge fiit encore un de ces hommes qui soutinrent les premiers la docM*ine évangélique. S'il y eut une coupable timidité dans ses premiers pas, il eut la démarche hardie du lion , quand il en vint à prêcher enfin la justkication par la foi en la justice de Christ, dogme qui met la hache à la racine de

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