‹ Histoire génerale de la Société des missions-étrangèresChapitre 150 sur 218 · Uiiloire du Sém. de Québec, p · texte numérisé non relu

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grande bataille politique qui, au xix* siècle , rendra au< Canadiens leurs droits trop longtemps méconnos ; o:*: quoi qu'on en dise, il est de la dignité du prêtre et tison devoir de se mêler aux luttes qui agitent son jw}quand la foi est en jeu ; autant les questions purement politiques peuvent le laisser indifférent, autant les catises religieuses doivent l'attacher, l'émouvoir, le pa>sionner, puisqu'il est par son titre et par sa situati<»u le véritable soldat de ces grands combats.

N'anticipons pas sur les événements, et laissons It^ Canada dont la France est encore maîtresse, mais où la Société des Missions-Etrangères n'a qu'une action restreinte, pour raconter ce qui se passe en Extrémi^ Orient.

A Siam, la défaite éprouvée par les Français en 1688 est présente à toutes les mémoires, elle humilie les missionnaires et paralyse leurs travaux; elle enorgueillit le^ Siamois et les endurcit contre la prédication chrétienne. M. Braud, supérieur de la mission après M. Ferreux, aurait voulu renouer, sinon une alliance, du moins des rapports d'amitié entre notre pays et le gouvernement de Pitracha. La question commerciale lui semblait favorable à la reprise des relations.

« Si on veut véritablement un accommodement avec les Siamois pour le bien de la Religion, écrivait-il, il faut remettre toutes choses entre les mains de MM, les directeurs de la Compagnie royale dans les Indes; ce sont des gens propres pour cela ; les Siamois ne veulent que des personnes qui traitent de commerce. »

Louis XIV, à l'apogée de sa puissance, jetait parfois encore un regard sur Siam, et ses ministres se seraient volontiers prêtés à de nouvelles négociations.

Lorsque Mgr Quémener partit de Paris pour se ren- Ire en Chine , il eut Tordre de passer par Juthia et em- [>orta un mémoire secret concernant la construction de deux forts à Mcrgui, et rétablissement d'un comptoir. 11 obéit à ses instructions, fit part du projet et insista sur le caractère pacifique de l'alliance française. Le premier ministre écouta tranquillement le négociateur, et lui répondit qu'il trouvait sa proposition « très déraisonnable ». Il lui développa ensuite plusieurs objections , alléguant que Louis XIV n'avait pas envoyé de lettres, <][ue les communications entre Mergui et Juthia étaient longues et difficiles, qu'à Mergui, les Français, les Siamois et les Birmans ne parviendraient jamais à s'entendre, en un mot, qu'il jugeait inopportun d'en parler à son souverain. Et comme pour ôter toute espérance d'une solution difiTérente, le roi, quelques jours plus tard, interdit à tous les interprètes des nations européennes « de faire à l'avenir aucune écriture au nom des étrangers , ni d'en présenter aucune sans s'être assurés d'avance si elle était agréable au barcalon, et cela sous des peines rigoureuses. »

Des événements inattendus changèrent les rôles, mais non la situation. En 1703, Pitracha mourut, son fils lui succéda sans obstacle et se montra disposé à* renouer avec la France les relations interrompues depuis quinze ans. Il s'en ouvrit au vicaire apostolique Mgr de Cicé, en lui promettant que si la Compagnie des Indes venait rétablir ses factoreries, il lui donnerait les pri>îlèges dont jouissaient les Hollandais. L'évêque accueillit froidement ces avances et ne voulut prendre aucun engagement. Il savait ce que valaient ces promesses, et il ignorait encore moins la gravité des événements qui troublaient alors la France et l'Europe. Il ne laissa pas de transmettre les propositions du nouveau roi à la cour de Versailles et au gouverneur de Pondichéry, François

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Martin. Celui-ci aurait accepté avec empressement ouvertures qui pouvaient donner à la Compa^mie f r (;aise des Indes Orientales la prépondérance aiarît' dans le golfe du Bengale par Foccupation siniultan4n: Mergui, de Chandemagor etdePondichérj-, carc'étAit de ces rêves de grandeur asiatique qu'avaient fait sou^ ^ son génie colonisateur et son patriotisme. Ilétait tropt«i:

Les opérations de la Compagnie mal dirig-ées à Pnrle mauvais état de ses finances, les pertes îrréparabl»causées par les Hollandais à ses flottes marchanii^ ravaient presque épuisée. Devenue incapable de iL: ger elle-même des expéditions commerciales, elle • était réduite pour empêcher ses employés de mou*, de faim, à vendre des licences à des nég:ociants qi. grâce à ce privilège, faisaient assez rapidement fortui/ mais ne remédiaient pas à ses affaires.

Le roi ne pouvait plus, comme en 1684, rarracher a î ruine. La succession d'Espagne s'était ouverte, et i' coalition formidable des nations de TEurope ramena l'attention de Louis XIV sur ses frontières que battii: rinvasion, et dont la brillante valeur de Villars, dr Berwick, de Vendôme et de Boufflcrs suffisait à peine ^ garantir Tintégrité. Le grand roi pouvait-il songer au protectorat de Siam et à l'occupation de Mergui, quand le roi d'Espagne, Philippe V, son petit-fils, menacé dv perdre une couronne achetée à si haut prix, était réduit pour la conserver, à démembrer ses Etats au profit d*' l'Autriche, à céder Gibraltar et Minorque aux Anglais; quand lui-même, pour mourir en paix, leur abandonnai! Terre-Neuve et TAcadie, les clefs du Canada.

Ces propositions n'aboutirent donc pas, et les missionnaires de Siam, Heutte^ et Godefroy* à Chantaboiui.

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