Arch. des M.-Ë., toL 247, p
direction et aux soins spirituels des fidèles de tous pays« C'est pourquoi, voulant pourvoir les chrétiens du Tonkin et des provinces adjacentes, à savoir : Yun-nan, Kouîtchéou, Hou-Kouang, Su-tchuen, Kouang-si et Laos, d'un Vicaire apostolique capable, Nous, qui avons une grande confiance dans votre zèle pour la religion catholique, dans votre doctrine, dans votre prudence, dans votre intégrité, dans votre charité et dans vos autres vertus, Nous vous délions, et vous regardons comme délié dans le cas seulement où vous en seriez frappé, de toutes excommunications, suspenses, interdictions, et autres sentences ecclésiastiques, censures et peines que vous auriez pu encourir, portées soit par le droit , soit par les hommes , quelles qu'en aient été l'occasion et la cause, afin que puisse se produire rejffet de ces présentes lettres. Par le conseil de nos Vénérables Frères, les Cardinaux de la Sainte Eglise Romaine, préposés aux affaires de la Congrégation de la Propagande, par notre autorité apostolique, parles présentes Lettres, Nous vous faisons, vous constituons, vous députons, du moins jusqu'à ce que la Congrégation des susdits Cardinaux en ordonne ou dispose autrement, Vicaire Apostolique dans ledit royaume du Tonkin, avec l'administration des provinces que nous avons énumérées.
« Nous vous donnons la faculté d'étendi*e votre administration sur d'autres provinces les plus proches de votre Vicariat, dans le cas où l'un des vénérables Frères, Pierre Lambert, évêque de Béryte, créé par nous Vicaire apostolique de la Cochinchine, avec l'administration des provinces dcTché-kiang, Fo-kien, Kouang-tong, Kiangsi,de nie de Hay-nan, ainsi que des autres lies voisines, et l'évêque que nous allons envoyer pour le Vicariat de Nankin en Chine, avec l'administration des provinces de Pékin, de Chan-si, de Cheu-si, de Chan-tong, de Corée et de Tartarie, viendrait à mourir ou à manquer.
DFS MISSI0NS-ÉTRA.N6ÈBES 43
« Nous VOUS autorisons encore à faire une nouvelle division avec un autre évêque, si vous la ci'oyez nécessaire pour les besoins spirituels des chrétiens, afin qu'ils ne restent pas sans Pasteur, jusqu'à ce que la susdite Congrégation des Cardinaux, à laquelle vous ferez parvenir immédiatement votre relation, en décide autrement. Pour rendre plus facile Tordination des prêtres indigènes et pour implanter plus solidement la religion catholique, avec la bénédiction du Seigneur, par l'autorité et la teneur des présentes, pour sept ans seulement, nous vous donnons et concédons la faculté, en votre qualité de Vicaire apostolique, de dispenser les lévites sujets à votre juridiction, de la connaissance de la langue latine, pour\'u qu'ils la sachent lire, et qu'ils n'ignorent pas Texplication du Canon de la Messe et des formules des Sacrements de l'Eglise.
« Dans ces conditions, ils pourront être promus à tous les ordres sacrés, même à la prêtrise, en observant d'ailleurs ce qui est de droit; vous pourrez commuer à volonté la récitation de l'office divin, c'est-à-dire des heures canoniales en la récitation d'autres prières dans leur propre langue ; tout ceci sans préjudice de l'autorité de la susdite Congrégation des Cardinaux et nonobstant les générales et spéciales constitutions et ordonnances apostoliques publiées dans les Conciles universels et provinciaux, ainsi que tout autre acte contraire.
« Donné à Rome, près de Sainte-Marie-Majeure, sous l'anneau du Pêcheur, le 9 septembre 1639, cinquième année de notre Pontificat.
« Alexandre, Pape. »
Selon la décision prise autrefois parla Propagande, selon les demandes adressées à plusieurs reprises, le Souverain Pontife avait nommé les nouveaux élus Vicaires
apostoliques et évoques in partibus et non évoques titulaires, u II semble cependant, dit à ce sujet un auteur du XVIII® siècle ^ , qu'il eût été plus naturel de les nommer évoques titulaires des lieux où ils devraient être envoyés, que de les nommer à des évêchés in partibus j où probablement ils ne feraient jamais leur résidence.
« L'utilité de TÉglise l'emporta sur cette considération. Le Pape et les Cardinaux jugèrent qu'il ne convenait pas de les fixer d'abord à des églises particulières des Indes, qu'il valait mieux leur donner des pouvoirs plus étendus et se réserver la liberté de les envoyer partout où leur ministère pouvait être plus nécessaire ou plijs utile. Us crurent qu'il était plus expédient de les tenir dans une dépendance entière du Saint-Siège et dans un rapport plus intime, afin que, recevant de ce centre de l'unité les mêmes instructions, les mêmes ordres et les mêmes pouvoirs, il y eût plus d'uniformité dans leur conduite, dans la discipline des Eglises qui leur étaient confiées et dans celles qu'ils érigeraient.
« On ne voulut pas même leur donner en général le pouvoir des ordinaires pour prévenir les contestations que l'usage de ce pouvoir aurait fait naître entre les Vicaires apostoliques et les religieux missionnaires de différentes nations. En France, en Italie, en Espagne, à Goa, à Manille, les évêques en usent presque tout différemment à l'égard des religieux. Quoique ces Vicaires apostoliques fussent Français, les religieux des autres nations n'auraient pas cru devoir se soumettre aux usages de France. De là des dissensions sans nombre et sans fin.
« Le Saint-Siège prit le moyen le plus juste pour entretenir l'esprit de paix, de charité et de soumission. «
Ce genre de nomination était également préférable
1. Histoire de VElablissement du christianisme dans les Indes Orientales. (Manuscrit), p. 18, 19.
pour empêcher les réclamations du Portugal ou du moins pour y répondre.
Si le Pape avait nommé des évoques titulaires en Chine ou en Indo-Chine, les Portugais n'eussent pas manqué de voir dans cette nomination un attentat à la juridiction de Tarchevêque de Goa, des évêques de Malacca et de Macao ; ils ne pouvaient dûment élever la même objection contre les Vicaires apostoliques, représentants directs du Souverain Pontife. Le Pape avait bien le droit d'aller en personne évangéliser TExtrême- Orient. Or, ne pouvant y aller personnellement, il y envoyait des Vicaires. Rien de plus juste et de plus légitime.
Hélas! les passions des gouvernements pas plus que ceUes des hommes ne s'arrêtent devant la justice et devant le droit.
Les Portugais s'irritèrent de la décision d'Alexandre VII, ils se récrièrent contre les Vicaires apostoliques aussi fort que contre des évêques titulaires, et, ne gardant aucune mesure dans l'expression de leur colère, menacèrent de nouveau de les arrêter et de les emprisonner.
Nous verrons comment des paroles ils passeront aux voies de fait. A ce moment, ils n'intimidèrent personne. Mgr Pallu s'empressa de présenter au Souverain Pontife et à la Propagande le troisième évêque dont il avait fait choix, M. Cotolendi, curé de la paroisse de Sainte- Madeleine, àAix, en Provence.
Agé de trente ans, docteur en théologie, Cotolendi désirait depuis longtemps se consacrer aux Missions. Ayant appris la nomination des Vicaires apostoliques, il vint & Paris et s'offrît à les accompagner en qualité de missionnaire.
A une piété tendre, il joignait l'esprit de pauvreté et d'humilité. Visitant une de ses tantes religieuse qui lui
souhaitait un riche bénéfice : — « Ma tante, réplîqua-il, demandez à Dieu que je sois bien pauvre à Fimitation de Jésus-Christ. » — « Mais, reprit la religieuse, si Dieu vous voulait pourvoir d*une mitre, votre tête ne la porterait-elle pas bien? » — « Ma tante, vous me ferez grand plaisir de demander à Dieu une couronne d'épines. »
Sa qualité dominante, celle que révèlent ses lettres et ses actes, était une grande habileté à conduire les âmes dans les voies de la perfection. Ce prêtre de trente ans était un directeur consommé ; il en avait le coup d'œil profond qui pénètre au plus intime des consciences, la main douce et ferme qui sait gouverner avec patience et persévérance, le cœur bon et paternel pour panser les plaies et raffermir les courages. Il fut accepté par le Souverain Pontife, et sacré le dimanche dans l'octave de la Toussaint 1660, par Tarchevêque de Rouen, président de l'Assemblée du clergé ^.
Le bref de nomination et de pouvoirs de Mgr Fallu et de Mgr de la Motte Lambert était accompagné de longues Instructions dressées par la Propagande, et formant un corps complet d'enseignements précis et détaillés sur les mesures qui devaient précéder le départ des Vicaires apostoliques ; elles roulaient sur le choix et les qualités des missionnaires et des directeurs du Séminaire, l'établissement d'un procureur à Rome, la route de terre ou
1. Vie de Mgr Ignace Cololendi, de ta ville d'Àix, évégtie de MelellopoliSf vicaire apostolique de la Chine occidentale, par Messire Gaspar Augeri, prédienteur ordinaire du Roy.
La cérémonie eut lieu dans Téglise de la maison professe des Jésuites, rue Saint-Antoine ; le prélat consécrateur était assisté des éYèques de Digne et d'Héliopolis.
<Ic mer, les principaux travaux et la conduite dans les Missions,
Par ces Instructions, la Propagande affirmait de plus en plus son autorité directe sur les Evoques missionnaires , et l'intérêt qu'elle attachait à leur œuvre. Nous ne croyons pas que jamais Congrégation romaine ait pris une part aussi réelle et aussi active à la fonnation d'une société religieuse ou ecclésiastique que la Propagande à celle de la Société des Missions-Étrangères.
La citation d'une partie de ces Instructions fera mieux saisir toute la vérité de cette assertion. Le point que la Propagande touche d'abord, comme le plus grave, est le choix et les qualités des ouvriers évangéliques.
« D'abord, vous devez avoir soin de rechercher des hommes capables, par leur âge et leur bonne santé, de soutenir les travaux et en même temps, ce qui est aussi important, des hommes de grande charité et de véritable prudence, vertus dont vous ne les croirez pas doués d'après le jugement des autres ou vos propres conj ectures , mais qui les auront prouvées par une longue habitude dans les affaires; des hommes discrets, dignes par leurs bonnes mœurs, leur mansuétude, leur patience, leur humilité et par toutes les autres vertus, de semr d'exem- [)les dans la foi chrétienne qu'ils professent de bouche et iju'ils s'engagent à pratiquer; qui enfin, formés à la règle de la charité évangélique, s'accommodent de l'esprit et des mœurs d'autrui, se montrent aimables avec leurs compagnons, polis envers les étrangers, en un mot qui se fassent avec l'Apôtre tout à tous ^ . »
Venait ensuite la recommandation de fonder à Paris un Séminaire dont « les directeurs devront être des
\. Arch. des M.-Ë., yoI. 290, p. 62 et suivantes.
Le CoUectanea constUutionum, etc., renferme une partie de ces Instructions, mais elles sont divisées et insérées dans plusieurs cbnpitres selon les points dont elles traitent.
hommes prudents et pieux, habiles à gérer par lettres les affaires tant en France qu'à Rome, sincères pour que la Sacrée Congrégation ait foi en leurs paroles, capables de porter un jugement sérieux sur les qualités et les aptitudes des autres, d'un âge mûr, pleins de la plus grande piété, et nullement occupés des choses du monde. »
Un procureur devait être établi à Rome dans les conditions suivantes : « Donnez à celui que vous avez choisi, un légitime mandat de procuration, afin qu'il puisse, auprès du Siège apostolique, avec toute la modestie convenable, proposer vos affaires et en presser l'exécution. Efforcez-vous donc d'élire pour remplir cette fonction, un homme éprouvé, savant et habile, digne de la confiance de la Sacrée Congrégation. Après son élection, donnez-lui de bons conseils, afin qu'il persévère constamment dans sa charge, de peur que si vous eu changez trop souvent, un nouveau ne puisse lui succéder sans un véritable détriment pour vos affaires. »
Le seconde partie des Instructions prescrit la route que les missionnaires auront à éviter, celle qn'ils auront à suivre, les précautions à prendre et les obser\'ations à faire.
« Le chemin de la Syrie et de la Mésopotamie est beaucoup plus sûr et plus avantageux que celui de l'Océan Atlantique et du Cap de Ronne-Espérance ; mais, vous devez surtout chercher à éviter le Portugal ou les pays qui dépendent de lui; lorsque vous serez arrivés, vous n'administrerez ni Macao, ni les autres lieux qui leur sont soumis, quand môme ils seraient dans les limites de votre juridiction. C'est pourquoi, allez parla Perse et & travers les Etats du grand Mongol; ensuite si vous trouvez l'occasion de vous rendre directement en Chine par mer, profitez-en.
« Ne découvrez ni votre dignité, ni vos projets, ni le
pays où vous allez, ni votre patrie, ni votre nom, à moins que vous n'y soyez forcés par quelque nécessité. Le costume des Turcs est le plus convenable que les Européens puissent porter.
« Faites une description abrégée des lieux et des chemins par où vous passerez. Marquez les facilités que vous trouverez, les moyens dont vous vous servirez pour surmonter les obstacles, les voies que les lettres peuvent sui>Te,
« Observez exactement tout ce qui peut contribuer à la propagation de la foi, au salut des âmes et à la gloire de Dieu; considérez l'état du christianisme, des missionnaires et des missions. Ne vous croyez cependant pas investis du droit de visite ; mais voyez les choseftife telle sorte que la charité soit le seul mobile de votre euifiOfiîté. »
La troisième partie renfermait des conseils sur les travaux à entreprendre dans les Missions ; elle rappelait le motif déterminant de la nomination des Vicaires apostoliques.
« La principale raison pour laquelle la Sacrée Congrégation vous envoie comme évoques dans ces régions, est l'instruction des jeunes gens, afin qu'ils puissent être promus au sacerdoce et même à l'épiscopat ; dirigez-les donc avec le plus grand soin, ayez toujours devant les yeux ce but qui est le vôtre, d'élever et de conduire aux saints ordres, des sujets nombreux et capables.
« Établissez des écoles, et enseignez gratuitement le latin et la doctrine chrétienne dans la langue du pays, ne permettez à aucun catholique de faire instruire ses enfants par les infidèles, tous doivent être formés par vous. »
Dans ce même chapitre, les Instructions donnaient sur la grave et délicate question des rapports des missionnaires avec les gouvernements des pays évangélisés, des avis d'une prudence extrême et bien con-
MJSS10K8-ÉTRA!i|GillBS. — L A
50 nrsTOiBE générale de la société
formes À l'esprit de Rome, qui ne s'effraie pas du présent. espère en l'avenir, préfère que ses prêtres laissent aux hommes d'État le soin de régler sous la main de Dieu les intérêts de la terre , qu'ils marchent au milieu des nations sans s'inquiéter de la fonnc de leur g-ouvemement, et puisque toute puissance ^ieitt de Dieu, qu'ils inclinent la tête devant la Majesté royale ou devant les faisceau.x populaires.
« Si un roi, on prince ou un magistrat fidèle à l'inspiration divine se montre bienveillant à votre égard et sympathique à la religion chrétienne, témoignez-lui votre reconnaissance. Afin d'éviter toute jalousie, gardez-vous de demander des privilèges, des exemptions, des jugements opposés aux coutumes ou aux lois. Si vous obtenez quelque faveur, qu'on sache bien que c'est par la bienveillance du prince qu'elle vousest accordée, et non & titre de justice. Fuyez tout ce qui pourrait faire croire que vous vous mêlez des affaires politiques, et ainsi vous éviterez toute apparence de soupçon.
i( Eloignez-vous tellement de ces sortes d'atTaires et de ce qui regarde la direction du gouvernement, que vous refusiez impitoyaljlcmcnt les charges, malgré les prières et les supplications réitérées. C'est une défense que la Sacrée Congrégation maintient et maintiendra constamment.
" Nous vous conjurons donc, ainsi que tous ceuxquisont sous votre juridiction, de la respecter et d'être bien persuadés que quiconque s'ingérerait dans les affaires causerait à la Sacrée Congrégation une grande peine.
<( C'est par Is charité, le détachement des choses du monde, la modestie, la frugalité dans les repas et toutes les vertus apostoliques que se répand la semence divine.
<• Que si quelqu'un d'entre vous paraissait oublier cet ordre, qu'il soit renvoyé sur-le-champ. Rien, en effet,
DES MISSIONS-ÉTBANGÊRES 51
n'est plus propre à votre perte, rien n'est plus nuisible à la cause de Dieu que vous devez avoir constamment devant les yeux.
« Si toutefois le prince recherchait votre avis, vous ne le donnerez qu'après maintes et maintes supplications, et encore hôtez-vous d'abandonner immédiatement le palais»
« Prêchez l'obéissance envers les princes, même envers ceux qui sont d'une religion opposée. Priez Dieu tant en public qu'en particulier pour le salut de leur âme. Ne reprenez point leurs actions persécutrices; ne leur reprochez pas leur sévérité, ne censurez point leur conduite ; mais attendez patiemment que la Providence fasse luire des jours meilleurs.
« Ne fomentez aucune division; bien plus, é\îtez toute «orte de contention, et autant que vous le pourrez, éloignez-les radicalement.
« Enfin, si quelqu'un de vous, bien informé de tout ceci, refuse néanmoins de se soumettre, renvoyez-le immédiatement en Europe, de peur que la religion n'ait à souffrir de son imprudence. »
Ces Instructions furent suivies au pied de la lettre par Mgr Pallu. Il commença par publier un opuscule qui exposait les ordres du pape, les raisons de la nomination des évêques Vicaires apostoliques, et appelait à lui tous ceux cpii désiraient se consacrer aux Missions.
Parmi le clergé et les fidèles, attentifs depuis plusieurs années à cette entreprise retardée partant d'obstacles, l'appel fut entendu, et plusieurs jeunes gens, prêtres et laïques, se présentèrent. Mgr Pallu accepta les uns et les autres avec l'intention d'employer les laïques aux choses
-*- ^ — •-'^tu-a* 1
»* • *-':»"«ii i** ^« ^ •'*-•!• j- -*''1j-
> riJ*!*-- ILXiS
»• •-/. li*
•L::.i^:r^>. ^rr ^ -à-.-ssa
^. * r »>•**• *-**'. I.'.T j' ^è !^ .~^ ^ >- ->*''*' £. i^lrr-r^hi et
- >'V-.v-*^ >»: -t ^ i.-^'.-^-j .z. £- Il Si^i^-f Vi^r^-?, de la ■yr;»:**^'*..-*^ :-. r*.-->i. ?yz--:LT ^c -if il^^-^irs autres
A ''*''ïX 4^/i a* '>-pVrv-:.t cr**e ihirce. lr-3i Vicaires ^(^r»t/^i.rjj#^ d'^Mi^-r*-;.! î»-ur pr»«?ur\ti«.»ii fiar actes passés *\«"'hhi fioV*ir*'S, Vnr If [jr»-iui»-r dt* ces actes, daté du H ju,ij JM». M;.Tde la M'jtte Lambert c«»nstitua pourses ftfOi tuftii-yii iri'nii-uux. d»-u\ prvtres : Vincent de Meur, ijif, linufiin'l dr- Favery et df*ux laïques : M. deGaribal, \ntvou d#-S;iint-Sijlpice. maître des requêtes et M. Voyer d \fv**usoii, r:omfe de Houfliac: il leur donna le pouvoir '' d'oM^'fiir |Kiur lui en son nom des lettres du Roi pour " I ^'U^l,li'^H4un^*ll\ du no maison afin de disposer des '' imwU'Tn qui travailleraient à la conversion des âmes
DES MISSIONS-ÉTRiVNGÈRES 53
« chez les infidèles, de présenter au nonce du Pape tous M ceux qu'ils jugeraient capables d'aller en mission; « d'accepter pour lui toutes les fondations et donations « qui pourraient être faites pour le bien de la Mission ; « de recevoir les revenus de ses biens personnels et des « biens de la Mission, de nommer d'autres procureurs « s'ils ne voulaient plus de cette charge ou si l'un d'eux « venait à mourir; enfin de faire comme s'il était présent « en personne ^ ».
Les biens et les revenus dont la gestion était confiée aux Procureurs comprenaient, en dehors de la fortune personnelle des missionnaires, les ressources offertes par la charité. L'argent est le nerf de toute guerre, de celle que l'on fait au démon et de celle que Ton fait aux hommes. Les catholiques le comprirent ; les premiers bienfaiteurs des Missions portaient les plus beaux noms de France : Louis XIV accorda à chacun des Vicaires apostoliques une pension viagère de 1,000 livres, qu'il porta plus tard à 3,000. Madame d'Aiguillon, Madame de Ris et Mazarin leur donnèrent une rente de 600 francs. Mesdames de Bouillon, de Miramion, Fouquet leur firent des dons variant de 3,000 à 6,000 livres. L'Assemblée générale du clergé leur alloua 6 ,000 francs , et les membres de la Compagnie du Saint-Sacrement versèrent la somme énorme pour ce temps-là de 120,000 francs, ce qui faisait dire à l'un d'eux, confondant le principal et l'accessoire, cjue cette Compagnie avait fondé la Société des Missions- Etrangères *.
M. Antoine Pallu assura à son fils une rente de 1 ,000 fr.
La France du xvn* siècle préludait grandement à la charité du xix®, et les Associés de la Propagation de la Foi avaient de nobles émules.