‹ Histoire génerale de la Société des missions-étrangèresChapitre 177 sur 218 · Arch. M.-É., Tol. 22, p · texte numérisé non relu

Arch. M.-É., Tol. 22, p

oOIJ HISTOIRE GÉN'ÈBALE bE U SOCIÉTÉ

de mer ou de terre >i. Si la Société disparaif^sail. donation it'avnit plus d'effet, et la rente <■ était ri^*s)l)lc au duc d'Orléans ou à l'alné de sa maison. •'

D'autres dons étaient plus spécialement aSoctiê» k vi œuvres de charité ou d'instruction en France; ils <•• vaient à payer les retraites prècliées par les clïrectnv. et les séminaristes prêtres. Les revenus des hicii;» <i ■ Missions et les aumônes annuelles étaient répartis eui^les Vicariats apostoliques et le séminaire général i" les directeurs de Paris. Voici la répartition de 17±i

Les missionnaires de Cbine qui n'étaient alors qii trois i'c«;ureiit 640 piastres * ; la mission du TouJi. 700 piastres, la Cochinchine épalcmcnt 700, Siain â.-l'"' sur lesquelles le Vicaire apostolique de cette nnssioïKl'-vait pi-élever 800 piastres pour les réparations du séminaire g:énéral et 800 piastres pour l'entretien des é/èvt- 100 piastres étaient envoyéesàM. Guéty, alors ppocureut à Pondicliéry, en tout 4,o40 piastres. Os diiTéreHt''> sommes étaient divisées entre les évéqueset les niissitmnaires à raison de 600 fr. par an à chaque év<>que, «^l de 300 fr. fi chaque missionnaire, ainsi que nous l'avi>ii> déjà dit dans notre chapitre sur le rcg'lcmcnt.

l^cs pn^tres indigènes ne recevaient rien, ordinairement du moins; les chrétiens les entretenaient, d parfois le Vicaire apostolique les aidait selon la modieil';' ou l'abondance de ses ressourecs. Le reliquat de Tallocation ctfut consacré au\ besoins généraux de la mission.

Rcmai-quons en passant l'élévation relativement considérable de la somme accordée au séminaire de Siani. ce qui prouve que la Société restait toujours con- \^iiiti'Uf <!■• l;i nécessité du clergé indigène, et ne tci"lail iliMiint iiiii'iiii sacrilice jiour réussir dans celte

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?iivrc longue et difficile dont la création avait été la «iLson première de son établissement.

Il est facile de voir quelle était l'insuffisance des ioinmes envoyées pour subvenir aux besoins des missions et plus encore pour entreprendre des œuvres nouvelles. Que pouvaient les Vicaires apostoliques de Siam et du Tonkin avec trois ou quatre mille francs par an?

Sans doute, ils faisaient appel aux chrétiens pour l'entretien des prêtres indigènes et des catéchistes» et il eût été à désirer que cet appel pût s'élargir et porter sur d'autres points, afin d'augmenter les ressources, de ne pas laisser les missions à la merci de la générosité des fidoles d'Europe, et d'apprendre aux Orientaux la pratique de la charité.

Malheureusement, il y avait à l'emploi de ce moyen deux difficultés :

Les païens n'avaient pas l'intelligence du dévouement des missionnaires; il n'était pas rare de les entendre répéter à tout propos que les prêtres catholiques quittaient leur patrie, parce qu'ils y mouraient de faim et venaient en Chine et en Annam pour faire fortune ou chercher du riz. Ces idées qui dénaturaient le rôle et les sentiments des prédicateurs de l'Évangile, et les ral)aissaicnt dans l'esprit des idolâtres, étaient un obstacle aux conversions; il fallait donc y donner prise le moins possible, et voilà pourquoi on cherchait peu à exciter la charité des chrétiens. Telle était la première difficulté. La seconde venait de la pauvreté des catholiques ^ parmi lesquels, comme aux origines de l'Eglise, les riches étaient les moins nombreux. Sans avoir complètement changé, la question s'est cependant modifiée; les païens répètent encore leurs vieilles calomnies, mais moins fréquemment ; depuis que les ressources fournies par la Propagation de la Foi et la liberté de la prédication cvangélique permettent de construire des églises, d'en-

t retenir des écoles, de fonder des hôpitaux , d^install^'r J orphelinats, ils ont pu s'apercevoir, et plusieurs • ^ fini par être convaincus que For de la charité n'est u employé pour les missionnaires eux-mêmes, et auji'C d'hui il est permis de croire que rétal^lissement * ressources locales ne présenterait pas les înconvéuietj'd'autrefois.

Cette pénurie d'hommes et de iHîssources frapp.: d'affaiblissement la Société entière ; d'autres cause^ <i dépérissement existaient dans les Missions; celles-^, n'étaient plus entourées et protégées par la bien veillanc ouverte des rois et des mandarins comme au xvii*siècir: elles n'enduraient pas les grandes persécutions qui <!♦ nos jours les illustreront.

C'est un état intermédiaire tantôt d'atonie, tantôt d'agitation, où les vexations dominent, engendrant nu malaise général, parfois plus difficile à guérir que le> maladies violentes. Les chrétiens sont inquiets, les néophytes intimidés par des menaces sans cesse ^éité^éo^. l'air est lourd, chargé d'électricité annonçant la tempête qui pourtant n'éclate pas. Outre les obstacles qui proWennent des païens, il y a les difficultés qui s'élèvent entn» les ouvriers apostoliques de Congrégations différentes sur le dogme, la morale et la discipline et dont la question des Rites est un exemple.

Les rares missionnaires que la Société envoyait alors à Siam, en Annam et en Chine, ne se découragèrent pas, ils suppléèrent au nombre par leur activité, aux ressources par leur zèle industrieux. Ils montrèrent une ténacité qui nous parait d'autant plus admirable maintenant où nous sommes habitués à voir agir les grandes masses plutôt que les petits bataillons.

DES MISSIONS-ÉTBANGÈRES 509

Mgr Marin Labbé, coadjuteur de Mgr Pérez en Co-

hinchîne, était toujours à son poste depuis qu'il avait

[iiitté la France après la rédaction du règlement de la

société- Il avait eu la douleur de perdre plus d'un de

;es compagnons; de Caponi était mort en 1707, Féret,

:ionfcsseur de la foi en 1709; Jean-Baptiste Ausiès, une

'\u\e belle, pure, aimant Tidéal, d'une piété angélique,

les suivît dans la tombe. Ausiès était né à Cahors et

avait fait ses études àSaint-Sulpice,dont il disait* : « Si

je savais qu'il y eût quelque maison dans Paris où il y

eût plus de régularité et plus d'exemples de piété et de

vertu que dans le séminaire de Saint-Sulpice, j'irais dès

aujourd'hui, mais parce que je n'en connais aucune, je

tâcherai de demeurer à Saint-Sulpice tant que je serai à

Paris. »

D'al)ord professeur au séminaire de Siam, il traduisit un traité de l'Eglise, y ajouta de nombreuses considérations sur l'union que tous les chrétiens, plus particulièrement les prêtres, doivent garder avec le Saint-Siège. Lorsqu'il débarqua en Cochinchine, il prit à part Marin Labbé, encore simple prêtre, et s'écartantun peu de ses compagnons, il se prosterna sur le rivage, baisa la terre en disant avec émotion : « Prenons possession de ce royaume, puisque Dieu nous a appelés à sa conquête. » Dans ses voyages, en passant d'une chrétienté dans une autre , il allait à pied , portant lui-même 1 es obj ets nécessaires à la célébration des saints mystères, il parlait peu, agissait beaucoup, et laissa la réputation d*un saint.

En 1718, Pierre Ileutte * mourut à son tour. Trois ans auparavant, il avait sauvé l'équipage de trois vaisseaux hollandais jetés à la côte par la tempête, les avait

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